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Anselm Kiefer, artiste monumental

L‘artiste allemand Anselm Kiefer vient de fêter son 75e anniversaire. Il est établi en France depuis de nombreuses années

L‘artiste allemand Anselm Kiefer vient de fêter son 75e anniversaire. Il est établi en France depuis de nombreuses années, © dpa

10.03.2020 - Article

Créateur de très grands formats et monument de l'art allemand de l'après-guerre, Anselm Kiefer fête ses 75 ans.

Un jeune homme en faux uniforme et en bottes de pacotille, tendant le bras en forme de salut nazi devant des lieux symboliques de France, de Suisse et d'Italie : c'est avec une oeuvre coup de poing qu'Anselm Kiefer a fait irruption dans le monde de l'art en 1969. Intitulée « Occupations », cette série tournait en ridicule l'Occupation nazie, fait impensable à l'époque, surtout de la part d'un artiste allemand. On la qualifia de « post fachiste ». La carrière de l'artiste était lancée. Et les fondements de son oeuvre posés.

Walhalla, une exposition de l’artiste allemand Anselm Kiefer en 2016
Walhalla, une exposition de l’artiste allemand Anselm Kiefer en 2016© picture alliance / Photoshot
Anselm Kiefer, qui fêtait dimanche 8 mars son 75e anniversaire, est un artiste singulier, à part. Un monument. Il est internationalement reconnu, et considéré comme l'un des plus grands créateurs de l'Allemagne d'après guerre. Il suscite partout le respect pour le courage avec lequel il a affronté les désastres et les démons de l'histoire allemande. Il a été l'un des premiers à les thématiser.

En quête de sens face à l'Histoire allemande

Né en Souabe, à Donaueschingen, en 1945, il a, en effet, grandi dans l'Allemagne d'après-guerre. Or, dit-il, il ne pouvait pas se contenter de savoir ce qu'on lui apprenait (ou non) sur la période nazie. Il voulait savoir comment il aurait agi lui-même. La question jalonne son oeuvre d'un bout à l'autre.

Walhalla, une exposition de l’artiste allemand Anselm Kiefer en 2016
Walhalla, une exposition de l’artiste allemand Anselm Kiefer en 2016© picture alliance / Photoshot

Une oeuvre souvent sombre. Elle est sculptée dans le béton gris mêlé d'éclats de métal et de paille, ou bien elle se consume sous la cendre. Anselm Kiefer ne reste pas à la surface. Il creuse en profondeur. Il explore avec constance la mémoire allemande blessée et les questions existentielles à travers les images, la mythologie, les sagesses ou le mysticisme juif. L'obscurité est entourée d'une aura de mélancolie destructrice, mais elle est sauvée par la puissance rédemptrice de l'art.

Son oeuvre est un monument - au propre comme au figuré. Sur le plan formel, le gigantisme est sa marque de fabrique. Anselm Kiefer, qui a étudié aux Beaux-Arts de Karlsruhe et été l'élève de Joseph Beuys à l'Académie des Beaux Arts de Düsseldorf, partage avec ce dernier une approche sensuelle et poétique des matériaux.

Installé en France

En quête d'espace pour créer et pour exposer, il a ainsi voulu, au tournant des années 1990, créer un parc artistique en Allemagne. L'absence de succès l'a conduit en France. Depuis 1992, il est est installé à Barjac (Gard). Il s'y est révélé un autre Kiefer, moins sombre, plus chatoyant. L'obscurité menaçante a laissé plus de place à la couleur et à des motifs inspirés de la nature, des plantes ou des forêts où l'artiste a joué, enfant.

Au fil du temps, Anselm Kiefer a aussi expérimenté d'autres formes d'art, comme l'opéra. Il s'est essayé à la mise en scène en 2009 à l'Opéra Bastille. Enfin, il a collectionné à travers le monde les prix les plus prestigieux : Prix du jury de la Biennale de Venise (1997), Praemium Imperiale (1999), Prix de la Paix des libraires allemands (2008), Médaille Leo Baeck de la réconciliation germano-juive (2011).

A.L.

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