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Concerto à la mémoire de deux titans

Timbre de la Poste allemande pour le 250e anniversaire de la naissance de Beethoven

Timbre de la Poste allemande pour le 250e anniversaire de la naissance de Beethoven, © dpa

15.05.2020 - Article

Le musée Bach de Leipzig célèbre le 250e anniversaire de Ludwig van Beethoven en le confrontant dans une exposition au Cantor de Leipzig. Il pose la question : comment devient-on un « classique » ? 

Un demi-siècle sépare la mort de Jean-Sébastien Bach (1685-1750) des premiers succès du jeune Ludwig van Beethoven (1770-1827). Mais un gouffre sépare les deux époques du point de vue musical et social. Faut-il renoncer à rapprocher ces deux géants de la musique allemande à l’heure où l’on célèbre les 250 ans du second ? Non. Le musée Bach de Leipzig a découvert d’étonnantes passerelles cachées entre les deux compositeurs. Il les présente dans une passionnante exposition, « Bach & Beethoven. L’art véritable est impérissable ». Elle ouvre actuellement ses portes après la crise du coronavirus et explore jusqu’au 18 octobre des arcanes méconnus de l’histoire de la musique. 

Bach et Beethoven, filiations secrètes

Il en ressort, pour commencer, que la musique de Bach a influencé celle de Beethoven comme aucune autre. Motifs, approche de l’harmonie, expressivité : le compositeur de la Symphonie Pastorale a étudié l’art de la composition développé par le Cantor de Leipzig pendant toute sa vie. Il en a recopié, et parfois même retravaillé les œuvres. Ses dernières sonates pour piano et concertos pour cordes, ainsi que sa célèbre « Missa solemnis » en portent la trace.  

« Il n’aurait pas dû s’appeler Bach ( »ruisseau«  en allemand, ndlr), mais Meer ( »mer« ) », aurait affirmé le compositeur de Bonn. Boutade ? La citation est incertaine. Mais Beethoven a bien affirmé, en revanche, que « l’art véritable est impérissable ». La formule donne son titre à l’exposition. Elle s’applique au compositeur de « La Passion selon Saint-Matthieu » comme à l’auteur de la « Lettre à Elise ». C’est une deuxième clé pour entrer dans l’intimité de Bach et de Beethoven.

Comment Beethoven a fait de Bach le premier des « classiques »

Exposition sur Jean-Sebastian Bach et Ludwig van Beethoven au musée Bach de Leipzig (jusqu‘au 18 octobre)
Exposition sur Jean-Sebastian Bach et Ludwig van Beethoven au musée Bach de Leipzig (jusqu‘au 18 octobre)© ZB

En effet, qu’est-ce que l’art véritable ? Comment devient-on un « classique » ? Tout le sel de l’exposition est de montrer par quels étonnants chemins l’apparition dans le ciel musical de la comète Beethoven a contribué à faire de l’astre éteint Bach … un classique.

Tout commence en 1798 par la création d’une revue musicale, la Allgemeine Musikalische Zeitung (AMZ). La musique du jeune Beethoven, appréciée d’une élite, est considérée par la majorité du public comme obscure, radicale, voire inquiétante. L’AMZ va l’analyser patiemment, et aider la bourgeoisie à l’apprécier en lui donnant des clés de compréhension. 

Des écrivains tels qu’E.T.A. Hoffmann réécrivent alors l’histoire de la musique. Elle se confondait jusqu’alors avec celle de l’art lyrique. Ils retracent l’histoire de la musique instrumentale. 

Et c’est ainsi que se fixe un « canon des chefs-d’œuvre classiques ». Bach en constitue naturellement l’origine. Et Beethoven subtilement le point d’arrivée, en passant par Haydn et Mozart. Tout s’éclaire alors pour le public. Il apprend à apprécier la complexe polyphonie de Bach en même temps qu’il se familiarise avec la fougue et la sensibilité beethoveniennes. 

A.L.

« Bach & Beethoven. Wahre Kunst bleibt unvergänglich »
(Bach & Beethoven. L’art véritable est impérissable)
Exposition au musée Bach de Leipzig jusqu’au 18 octobre 2020

À noter : le catalogue de l’exposition est disponible gratuitement en ligne en version numérique (en allemand et anglais).

Plus d’informations (en allemand)

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