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Christian Petzold, la caméra et la vie

Le cinéaste allemand Christian Petzold lors de la Berlinale 2020.

Le cinéaste allemand Christian Petzold lors de la Berlinale 2020., © picture alliance/ Michael Kappeler/ dpa

03.09.2020 - Article

Portrait du célèbre réalisateur allemand, qui fêtera ses 60 ans le 14 septembre et siège actuellement au jury de la Mostra de Venise.

On le situe dans la lignée des Fassbinder, Herzog et Wenders. Il cite aussi Claude Chabrol ou Eric Rohmer parmi ses inspirateurs. Depuis deux décennies, Christian Petzold est l’une des figures du cinéma allemand. Les Français ont découvert ce pionnier de l’« école de Berlin » à travers « Contrôle d’identité » (2000), « Yella » (2007) ou plus récemment « Transit » (2018) et  « Ondine » (2020). Mais qui est ce cinéaste aux goûts littéraires, au style intellectuel et à l’esthétique impeccable qui siège au jury de la Mostra de Venise (2-12 septembre) et fêtera dans dix jours ses 60 ans ?


De la Ruhr aux grands Festivals

 Il l’avoue sans détours. La vie de Christian Petzold aurait pu être ennuyeuse. Né à Hilden en 1960, il a grandi dans la banlieue de Wuppertal, dans la Ruhr, au milieu des cheminées d’usines. Une province où il ne se passait pas grand chose, se souvient-il. Jusqu’au jour où le hasard a frappé à la porte. Par erreur, un cinéclub a envoyé à sa mère le livre d’entretiens de François Truffaut avec Alfred Hitchkock « Hitchkock/ Truffaut ». Un choc.

 Et la première étape d’une initiation. Le 7e art ne quittera plus Christian Petzold. Quelques années plus tard, il déménage à Berlin et passe son service civil à diriger un cinéclub. Puis il enchaîne avec des études de germanistique, de théâtre et finalement de cinéma à l’Académie allemande du film et de la télévision de Berlin (DFFB). Il sort alors son premier film pour la télévision. C’est son film de fin d’études, intitulé « Policiers » (1995). Le premier d’une longue série pour le petit comme pour le grand écran.

La carrière de Christian Petzold prend son élan au tournant des années 2000. Dans « Contrôle d’identité » (« Die innere Sicherheit  », 2000), il met en scène la vie en exil d’un couple d’anciens terroristes et de leur fille. Le film est présenté à la Mostra de Venise, puis obtient le Prix du film allemand.

 

Des personnages en quête de sens

 Suivent « L’ombre de l’enfant » (« Der Tote Mann  », 2003) sur les remords d’un chauffard responsable de la mort d’un jeune garçon, « Fantôme » (« Gespenster », 2005), récit de la quête d’un enfant disparu, « Yella » (2007), « Jerichow » (2008) et le très beau « Barbara » (2012) qui obtient l’Ours d’argent de la 62e Berlinale. Ce sont des films à la tonalité souvent mélancolique et à l’intrigue bien contruite, portés par une très grande rigueur formelle. Les personnages sont des hommes et des femmes en quête de sens. Ils sont guettés par la tristesse ou la désillusion derrière des masques trop pesants.

Plus récemment, Christian Petzold s’est illustré avec « Phoenix » (2014) et « Transit » (2018), adaptation du roman éponyme d’Anna Seghers dans la Marseille contemporaine. « Ondine », son dernier opus en date, a ébloui les critiques lors de la dernière Berlinale. Ils ont loué ses qualités narratives tout autant que son esthétique.

Comme toujours, Christian Petzold y oscille entre réalisme psychologique et fantastique. Il livre une fable contemporaine aquatique tissée dans le mythe de la célèbre nymphe. Mais il raconte surtout une magnifique histoire d’amour. Le film a valu à Paula Beer l’Ours d’argent de la meilleure interprète féminine de la Berlinale.

A.L.

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