Bienvenue sur les pages du Ministère fédéral des Affaires étrangères

Pour survivre, le monde de la nuit berlinoise organise sa journée

Menacés dans leur existence-même par la pandémie, les clubs berlinois organisent samedi une journée spéciale pour célébrer un pan majeur de la culture berlinoise... en plein air !

Menacés dans leur existence-même par la pandémie, les clubs berlinois organisent samedi une journée spéciale pour célébrer un pan majeur de la culture berlinoise... en plein air !, © ZB

01.10.2020 - Article

Berlin accueille samedi 3 octobre une Journée de la culture du clubbing. Une manière de remettre sur le devant de la scène un secteur durement frappé par la crise, et de rendre hommage à son rôle social.

L’heure de la renaissance a-t-elle sonné ? Rien n’est moins sûr. Fermés depuis la fin mars en raison de la crise sanitaire, les clubs et les discothèques berlinois n’ont pas fini de prendre leur mal en patience. Face à la recrudescence de la pandémie de Covid-19, les autorités allemandes viennent de prendre de nouvelles mesures. Elles appellent à la plus extrême vigilance pour plusieurs semaines encore. Mais à défaut de nuits enfiévrées, le monde de la nuit berlinois aura droit à un rayon de soleil. Samedi 3 octobre, 40 clubs de la capitale organisent une Journée de la culture du clubbing.

C’est une initiative du sénateur berlinois à la Culture, Klaus Lederer. Inquiet de voir ce secteur clé de la vie culturelle berlinoise menacé de disparition, il a organisé l’événement en coopération avec la Commission des clubs, la fédération des clubs et discothèques berlinois.

Les 40 établissements ont été triés sur le volet. Parmi eux, des pointures de la nuit berlinoise comme About Blank, Club Der Visionäre, Sisyphos, Tresor ou Schwuz. Mais aussi des lieux fréquentés par les habitués, comme l’Arkaoda ou le Sameheads.

Protocole sanitaire strict

Ils ouvriront leurs portes dès la mi-journée. Au programme : danse, concert, lectures-débats, expositions et installations. Presque tous les événements seront organisés en plein air. Les artistes berlinois seront souvent mis à l’honneur. Fermeture des portes à 20 heures, la plupart du temps. Couvre-feu à une heure du matin pour les couche-tard. Et pas question de jouer avec le feu face à la pandémie.

Tous les établissements ont dû donner des gages stricts de respect des mesures sanitaires et d’exigence artistique. Ils recevront chacun pour l’occasion une dotation de 10.000 €.

« Il ne s’agit pas d’ouvrir les clubs dans le cadre d’une activité normale », a précisé M. Lederer lors d’une conférence de presse. Par ailleurs, le risque de contamination est bien moindre en plein air et dans le respect des mesures barrière que dans le cadre d’une fête de famille, où l’on ne porte pas toujours le masque.

« Nous sommes encore là »

Mais il était essentiel de redonner de la visibilité au secteur après des mois d’effacement contraint qui menacent directement sa survie, estime le sénateur à la Culture.

En juin dernier, le gouvernement allemand a débloqué un milliard d’euros pour soutenir la culture, dont 150 millions d’euros pour la scène musicale privée, discothèques incluses. « Nous avons besoin des clubs », avait affirmé la ministre allemande de la Culture, Monika Grütters. De son côté, le land de Berlin surveille même comme le lait sur le feu ce secteur de poids pour l’économie locale, qui est aussi l’un des phares culturels de la capitale allemande sur la scène internationale.

La question, c’est demain. Le célèbre Berghain, l‘un des principaux clubs berlinois, alerte sur sa façade de la menace que la crise sanitaire fait peser sur le secteur
« La question, c’est demain ». Le célèbre Berghain, l‘un des principaux clubs berlinois, alerte sur sa façade de la menace que la crise sanitaire fait peser sur le secteur© dpa-Zentralbild

Mais les aides seront-elles suffisantes ? Quelle discothèque a les moyens de rester portes closes des mois durant ? Certains établissements se sont provisoirement reconvertis, comme le célèbre Berghain qui accueille des expositions. Mais un pan entier, et un symbole de la culture berlinoise menacent de chavirer.

D’autant, souligne M. Lederer, que la fermeture a relancé les anciens préjugés sur ce monde de la nuit pas toujours considéré avec bienveillance. Par ailleurs, le secteur luttait déjà auparavant pour garder la tête hors de l’eau face à la hausse des loyers et à l’ambition des promoteurs immobiliers.

Son slogan a beau s’intituler « Wir sind noch da ! » (Litt. : « Nous sommes encore là »), cette Journée de la culture du clubbing sera donc plus qu’un signe de vie envoyé par les clubs berlinois. Elle porte une quête de reconnaissance. Elle se veut une vitrine de la diversité de la scène berlinoise. Elle entend aussi souligner son rôle socio-culturel, notamment en termes d’inclusion. Les clubs, classés en tant qu’établissements de divertissement, revendiquent le statut de lieux de culture à part entière.

A.L.

Plus d’informations (en allemand)

Retour en haut de page