Bienvenue sur les pages du Ministère fédéral des Affaires étrangères

Beaux-Arts : redécouvrir Max Klinger

Le célèbre portrait de Ludwig van Beethoven par le sculpteur Max Klinger

Le célèbre portrait de Ludwig van Beethoven par le sculpteur Max Klinger, © ZB

26.10.2020 - Article

Cent ans après sa mort, Bonn consacre une rétrospective à un illustre représentant du symbolisme allemand des années 1900 : Max Klinger. L’occasion de redécouvrir un artiste virtuose à l’esprit d’avant-garde… et une célèbre sculpture de Ludwig van Beethoven.

Au mieux, on se souvient qu’il a choqué la bonne société par ses nus… Max Klinger (1857-1920) fait partie de ces artistes injustement oubliés que l’on prend plaisir à redécouvrir. Cela tombe bien. A l’occasion du centenaire de sa mort, le musée de la Bundeskunsthalle, à Bonn, consacre jusqu’au 31 janvier 2021 une rétrospective à ce virtuose aux idées d’avant-garde.  200 toiles, dessins et sculptures issus de toutes les périodes de création de l’artiste sont à explorer dans cette exposition intitulée « Max Klinger et l’œuvre d’art du futur ». (Le musée, actuellement fermé en raison des mesures sanitaires, espère rouvrir ses portes le 1er décembre).

Max Klinger comptait de son vivant comme l’un des artistes les plus illustres des années 1900, et comme l’un des plus controversés. Il est tombé dans l’oubli parce que récupéré post-mortem par le national-socialisme. Mais « c’était une injustice », souligne Eva Kraus, intendante de la Bundeskunsthalle.

Sculptures en plâtre de l'artiste Max Klinger au Leipziger Bildermuseum, à Leipzig
Sculptures en plâtre de l'artiste Max Klinger au Leipziger Bildermuseum, à Leipzig© Zentralbild
Klinger exploitait des motifs tirés de la mythologie antique et du christianisme. Jeune, ce natif de Leipzig (Saxe) fascinait déjà par la richesse de son imaginaire, par sa créativité et par la virtuosité technique de ses dessins. Mais cet esprit pionnier refusa de s’en tenir à l’académisme. Il chercha, loin des idéaux figuratifs, à trouver ses modèles et ses idéaux dans la vie quotidienne. Il développa un style figuratif très réaliste qui ne fit pas l’unanimité.

Nus d’avant-garde

Parmi les toiles qui firent scandale figurait une « Crucifixion ». Peinte en 1893, elle représentait le Christ sur la Croix en tenue d’Adam. Elle suscita une virulente polémique lorsqu’elle fut présentée à Dresde. Plus généralement, ce furent les nombreux nus peints par Max Klinger qui firent de lui un artiste sulfureux. Il dévoilait le corps humain sans fard, ni artifice. La pratique était choquante pour les contemporains. Mais ce faisant, Klinger a apporté une contribution décisive à la modernisation de la représentation de l’être humain dans l’art.

Son travail ne se résumait toutefois pas à cela. Max Klinger, qui s’est inscrit dans la veine symboliste, explorait des domaines nombreux et variés : l’inconscient, le cauchemar, la mort, la passion, le péché, le mythe, l’espace. Il se confronta aussi à l’œuvre de son illustre contemporain, Auguste Rodin, ainsi qu’à la réalité sociale de son époque, sur laquelle il portait un regard critique. Il fut l’un des premiers artistes allemands à aborder sur la toile le thème de la prostitution.

De concert avec les commémorations de l’Année Beethoven

Pour finir, la musique fut aussi pour lui une source d’inspiration majeure, et beaucoup plus consensuelle. Inspiré par Brahms, Beethoven et Wagner, Klinger a emprunté à ce dernier l’ambition de créer une œuvre d’art « totale » transcendant les genres artistiques (peinture, dessin, architecture, sculpture, musique) pour se fondre en un tout harmonieux.

La statue de Ludwig van Beethoven qu’il sculpta en 1902 ouvre l’exposition à Bonn. Elle est restée l’une de ses œuvres les plus célèbres. Elle fut l’une des pépites de l’adoration post-romantique qui entoura la figure de Beethoven au tournant du XXe siècle. Aujourd’hui, elle s’inscrit comme un hommage d’exception dans le cours des commémorations du 250e anniversaire du grand compositeur de Bonn.

A.L.

Max Klinger et l’œuvre d’art du futur
Exposition au Musée de la Bundeskunsthalle de Bonn, jusqu’au 31 janvier 2021.
(Réouverture probable : mardi 1er décembre 2020)
En coopération avec le Musée des Beaux-Arts de Leipzig

Plus d’informations :

Musée de la Bundeskunsthalle (en allemand et anglais)

Retour en haut de page