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« Partout où la culture est détruite, l’humanité se meurt » : conférence pour la protection du patrimoine

De grandes parties de la cité antique de Palmyre ont été détruites par le groupe terroriste EI

De grandes parties de la cité antique de Palmyre ont été détruites par le groupe terroriste EI, © Picture Alliance

17.11.2020 - Article

Comment préserver le patrimoine culturel face au changement climatique, aux catastrophes naturelles, au trafic illicite et aux conflits armés ? Expertes et experts en débattent du 16 au 18 novembre dans une conférence organisée par le ministère fédéral des Affaires étrangères et ses partenaires.

Une conférence internationale pour protéger les biens culturels à travers le monde

Les destructions du site de Palmyre et des Bouddhas de Bâmiyân, qui portent la marque du groupe terroriste EI en Syrie et des Talibans en Afghanistan, ont bouleversé le monde entier. Les conflits armés ont des effets dévastateurs sur le patrimoine culturel mondial qui vont bien au-delà de ces deux pays. Ce ne sont pas seulement des biens culturels précieux qui disparaissent alors, mais bien des sources d’informations cruciales sur l’histoire et la culture de l’humanité.

Ces crimes contre le patrimoine culturel sont des crimes infligés à l’humanité. Car ce qui a été détruit une fois ne revient pas. Partout où la culture est détruite, l’humanité se meurt - et une partie de nous avec elle.

C’est par ces mots que le chef de la diplomatie allemande Heiko Maas a inauguré la conférence internationale intitulée « Patrimoine culturel et multilatéralisme », accueillie par le ministère fédéral des Affaires étrangères en partenariat avec l’UNESCO, la Commission européenne et le Conseil de l'Europe du 16 au 18 novembre 2020. Des experts et expertes issus du monde scientifique, politique et culturel échangeront en visioconférence sur leurs expériences et leurs connaissances pour évaluer comment la communauté internationale peut s’engager de manière unie pour protéger le patrimoine culturel. La ministre adjointe Michelle Müntefering intervient lors de la conférence à l’occasion du 50e anniversaire de la Convention de l'UNESCO de 1970.

Catastrophes, changement climatique, trafic illicite

Si les crimes commis en période de conflit armé menacent les sites culturels, c’est aussi le cas des catastrophes naturelles. En 2019, les images de Notre-Dame de Paris en flammes ont fait le tour du monde. En 2018, un incendie a ravagé le musée d’histoire naturelle et d’ethnologie de Rio de Janeiro, ne laissant que les murs porteurs et causant la perte d’une grande partie des biens Exposés.

Le changement climatique représente aussi un grand danger pour le patrimoine de l’humanité. La montée du niveau de la mer, même modérée, menace sérieusement d’innombrables sites culturels de la Méditerranée. Citons ici la lagune de Venise, les vestiges de Tyr au Liban, l’ensemble archéologique de Tarragone en Espagne ou encore Éphèse en Turquie.

Dans de nombreux pays, le patrimoine culturel est aussi la proie de fouilles illicites, de contrebande, de vols et de pillages : l’organisation terroriste EI s’est partiellement financée, ces dernières années, grâce au trafic illicite de biens culturels. Des études récentes montrent que seule une infime partie du patrimoine culturel issu de la Méditerranée orientale intègre légalement les circuits commerciaux.

Protéger ensemble les biens culturels

La conférence traitera de ces différents sujets pendant plusieurs jours. Une chose est sûre : la protection des biens culturels est une mission pressante incombant à toute la communauté internationale. Toute aide passe nécessairement par une action multilatérale coordonnée.  La coopération porte d’ailleurs ses fruits : en 2012, les précieux manuscrits des bibliothèques de Tombouctou ont pu être sauvés de la destruction et transportés à Bamako, à l’abri des milices islamistes. En 2015, l’Allemagne et l’Iraq ont lancé une résolution commune de l’ONU contre la destruction des biens culturels et le financement du terrorisme par leur trafic illicite.

L’engagement de l’Allemagne

Beyrouth : après les explosions au port, des architectes libanais et allemands spécialisés en protection du patrimoine évaluent les dégâts
Beyrouth : après les explosions au port, des architectes libanais et allemands spécialisés en protection du patrimoine évaluent les dégâts© Henning Burwitz, DAI

Au-delà de la conférence, l'Allemagne s’engage dans le monde entier pour protéger les biens culturels. Face aux catastrophes, l’Allemagne a apporté des millions d’euros d’aide, par exemple lors de l’incendie du musée brésilien. Des membres de l’Institut allemand d’archéologie se sont rendus sur le terrain lorsque des sites culturels ont été endommagés, comme récemment lors des explosions survenues au port de Beyrouth.

L'Allemagne a en outre décidé, sous l’égide de l’Institut allemand d’archéologie, de créer un mécanisme de sauvetage des biens culturels, sorte d’agence fédérale de secours technique pour les biens culturels menacés. Ce dispositif doit permettre une intervention rapide et la mobilisation d’expertes et d’experts équipés de la technologie adéquate et doués du savoir-faire de la protection civile. Les premières fondations ont été posées.

L’Allemagne a par ailleurs nettement renforcé son dispositif législatif de lutte contre le trafic illicite des biens culturels avec la loi sur la protection des biens culturels de 2016. Quiconque souhaite importer des biens culturels en Allemagne doit démontrer qu’il les a exportés légalement du pays d'origine.

Le réseau « Archaeological Heritage Network » soutenu par le ministère fédéral des Affaires étrangères rassemble enfin les compétences existantes en matière de conservation du patrimoine, d’archéologie, de restauration, de science et de recherche.

De plus amples informations sur la conférence sont disponibles ici

Lire aussi :

Alliance pour le multilatéralisme

Programme de sauvegarde de la culture du ministère fédéral des Affaires étrangères

Protection des biens culturels

 

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