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Exposition : Caspar David Friedrich et les romantiques de Düsseldorf

Caspar David Friedrich, Frau vor der auf- oder untergehenden Sonne, vers 1818, Huile sur toile, 22 x 30,5 cm, Musée Folkwang, Essen

Caspar David Friedrich, « Frau vor der auf- oder untergehenden Sonne », vers 1818, Huile sur toile, 22 x 30,5 cm, Musée Folkwang, Essen, © Musée Folkwang d'Essen, ARTOTHEK

20.11.2020 - Article

Il est le plus célèbre des peintres romantiques allemands. Caspar David Friedrich est à l’affiche d’une grande exposition présentée à Düsseldorf, puis à Leipzig jusqu’en juin 2021. Ses œuvres dialoguent avec celles de contemporains précurseurs du réalisme.

« Le voyageur contemplant une mer de nuages », « La Mer de glace », « Les Âges de la vie », « Le Moine au bord de la mer » : ses toiles font les couvertures des magazines et des livres consacrés au romantisme. Caspar David Friedrich (1774-1840) est à la peinture ce que Novalis ou Tieck sont à la littérature : l’incarnation du romantisme allemand, en quête de nature, d’intériorité et de mysticisme. Il possède le privilège rare de séduire aussi bien le grand public que les spécialistes. Mais rare est aussi l’occasion d’admirer ses œuvres en grand nombre. Elle se présente au Kunstpalast de Düsseldorf jusqu’au 7 février 2021, puis à Leipzig jusqu’au 7 juin.

Intitulée « Caspar David Friedrich et les romantiques de Düsseldorf  », l’exposition rassemble 130 tableaux et dessins de musées allemands et étrangers renommés (Alte Nationalgalerie, Hamburger Kunsthalle, Musée Folkwang, Musée du Louvre, Musée Städel, etc.). Une soixantaine de toiles sont signées de la main de Friedrich. Elles sont présentées à travers une confrontation avec des contemporains de l’école de Düsseldorf, l’une des grandes écoles allemandes d’art du XIXe siècle.

Entre romantisme et réalisme

Andreas Achenbach, Ein Seesturm an der norwegischen Küste, 1837, Huile sur toile, 179 x 272 cm, Musée Städel, Francfort/M.
Andreas Achenbach, « Ein Seesturm an der norwegischen Küste », 1837, Huile sur toile, 179 x 272 cm, Musée Städel, Francfort/M.© Musée Städel- ARTOTHEK

Les « romantiques de Düsseldorf » s’inspiraient des grands thèmes du romantisme. Mais ils regardaient déjà dans une direction nouvelle, qui allait mener au réalisme. En ouvrant la voie à cette sensibilité novatrice, ils ont contribué à reléguer Caspar David Friedrich dans l’oubli. Et ce, bien avant sa mort, en 1840.

Ils partageaient avec le maître de Greifswald, installé à Dresde (Saxe), l’attachement à la peinture de paysage (des flots déchaînés aux clairs de lune), les interrogations sur la fuite du temps ou le goût de ce que les impressionnistes appelleront la peinture « sur le motif », c’est-à-dire en plein air. Mais ils entretenaient avec lui un rapport contradictoire mêlant admiration fervente et critique.

Friedrich cherchait dans la contemplation de la nature une voie du retour au soi le plus profond. Il confiait à l’artiste la tâche de « ne pas peindre seulement ce qu'il voit en face de lui, mais aussi ce qu'il voit en lui ». Il fallait à ses yeux susciter l’émotion pour favoriser l’introspection. Les romantiques de Düsseldorf s’en sont inspirés dès la fin des années 1820. Des échanges culturels nourris ont vu le jour entre Dresde et Düsseldorf. Des expositions académiques ont réuni des œuvres des rives de l’Elbe et du Rhin.

Le XXe siècle, une traversée du désert pour Caspar D. Friedrich

Mais les artistes de Düsseldorf se sont émancipés de l’ombre du maître de Dresde. Ils ont réalisé des œuvres en plus grand format, accentuant la tonalité dramatique ou emphatique. Ils ne se sont pas non plus cantonnés à la peinture de paysage. Ils ont commencé à raconter des histoires, et ils ont réinventé la peinture de genre avec un raffinement technique qui a séduit le public. Ainsi, dès les années 1830, Caspar David Friedrich tombait dans l’oubli. On peine à le croire : il allait y rester confiné pendant plusieurs décennies.

L’exposition réunit autour de ses toiles des œuvres de ses amis de Dresde (Carl Gustav Carus, Ludwig Richter, Ernst-Ferdinand Oehme) et des tableaux de la jeune garde de Düsseldorf qui l’a enterré : Andreas et Oswald Achenbach, Carl Friedrich Lessing, Johann Wilhelm Schirmer, etc. Elle montre, en toile de fond, que l’évolution de la sensibilité picturale n’a pas seulement obéi à des considérations esthétiques. Elle a suivi une évolution générale de la société à l’aube de l’industrialisation.

A.L.

« Caspar David Friedrich et les romantiques de Düsseldorf »
A visiter au Kunstpalast de Düsseldorf (15.10.20-7.2.21)
Puis au Musée des Beaux-Arts de Leipzig (3.321-7.6.21)

Les musées étant actuellement fermés en Allemagne en raison de la crise sanitaire, le Kunstpalast de Düsseldorf propose des extraits de l’exposition et des analyses d’œuvres sur  son site web (en allemand) :

Kunstpalast de Düsseldorf

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