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Exposition : l’industrialisation sous l’œil des artistes

Hans Baluschek, Travailleuses, vers 1900. Huile sur toile, 120 x 190,5 cm, Fondation du Musée de la Ville de Berlin

Hans Baluschek, Travailleuses, vers 1900. Huile sur toile, 120 x 190,5 cm, Fondation du Musée de la Ville de Berlin, © Musée von der Heydt, Wuppertal

27.11.2020 - Article

Situé au cœur de la Ruhr, le musée von der Heydt de Wuppertal retrace deux siècles d’industrialisation à travers le regard inspiré des artistes. Des grandes signatures de l’art moderne à la perspective contemporaine.

Ville natale du penseur Friedrich Engels (1820-1895), Wuppertal célèbre le 200e anniversaire du célèbre compagnon de route de Karl Marx à travers une exposition sur l’industrialisation et ses conséquences comme source d’inspiration artistique du XIXe siècle à nos jours. Elle s’intitule « Vision et horreurs de la modernité. Industrie et élan artistique » et réunit de grandes signatures de l’art moderne et contemporain dont Hans Baluschek, Max Klinger, Käthe Kollwitz, George Grosz, Otto Dix, Max Beckmann, Eugen Batz et, plus près de nous, Andreas Sieckmann ou Thomas Locher. Elle ouvrira ses portes à l’issue du « confinement allégé » jusqu’au 28 février 2021.

Berceau de l’industrialisation… et de l’art moderne

Conrad Felixmüller, Hauts-fourneaux, Usines Klöckner, Haspe, de nuit,1927. Toile 85 x 110 cm. Musée Von der Heydt, Wuppertal
Conrad Felixmüller, Hauts-fourneaux, Usines Klöckner, Haspe, de nuit,1927. Toile  85 x 110 cm. Musée Von der Heydt, Wuppertal© VG Bild-Kunst, Bonn 2020

L’exposition part d’un constat : le système capitaliste né de la révolution industrielle, et que Marx et Engels ont soumis à leur critique, n’a pas seulement été un facteur de progrès technique et d’évolution culturelle. Il a engendré des conflits sociaux virulents que les artistes n’ont cessé de prendre pour source d’inspiration.

Wuppertal, centre de l’industrie textile du XXe siècle en plein cœur du bassin de la Ruhr, en a été l’un des témoins. Et l’un des moteurs. L’art du portrait s’y est épanoui dès le milieu du XIXe siècle, stimulé par l’affirmation de la bourgeoisie économique. Dans les années 1850, les peintres de l’école de Düsseldorf, non loin de là, ont été parmi les premiers à dépeindre la condition pénible des travailleurs.

Les artistes ont poursuivi dans cette veine sous l’influence croissante du naturalisme à partir des années 1880. Peinture (Hans Baluschek), dessin (Käthe Kollwitz, Max Klinger) sculpture (Constantin Meunier, Bernhard Hoetger) : ils se sont nourris de toutes les formes d’art pour mettre en lumière la misère du prolétariat.

La Première Guerre mondiale, un Tournant

En 1914, la Première Guerre mondiale, première guerre industrielle, a encore aggravé les difficultés et constitué un tournant. Les artistes des années 1920 (Conrad Felixmüller, Georg Grosz, Otto Dix, Heinrich Hoerle, Franz Wilhelm Seiwert) ont fait face aux tensions sociales en se tournant vers les partis de gauche. Ils ont aussi donné un nouvel élan à l’art à travers la Nouvelle Objectivité (Neue Sachlichkeit). Max Beckmann, Carl Grossberg ou Franz Radziwill en furent des fers de lance, fascinés par l’évolution du paysage industriel, la dynamique des grandes villes et une attraction aussi captivante que mystérieuse de la machine.

L’exposition réserve un chapitre entier à la photographie architecturale, qui débuta aussi dans ces années-là. Elle nous mène des premiers travaux d’Eugen Batz et Albert Renger-Patzsch à la « photographie subjective » d’un Peter Keetman dans les années 1950 et d’un Heinrich Heidensberger dans les années 1970.

Et aujourd’hui ?

Elle ne s’achève pas vraiment. Elle préfère laisser le champ ouvert aux contemporains. Elle en présente différentes positions (Andreas Sieckmann, Thomas Locher, Maike Freess, Maarten Vanden Eynde) critiques envers la globalisation, la destruction de l’environnement, le matérialisme, la militarisation et la perte de contrôle de l’évolution technologique. Son constat final rejoint l’analyse de Friedrich Engels : la vision d’un monde moderne meilleur ne peut advenir qu’après l’identification des horreurs auxquelles expose la société capitaliste.
A.L.

Vision und Schrecken der Moderne, Industrie und künstlerischer Aufbruch
(« Vision et horreurs de la modernité. Industrie et élan artistique »)
Au Musée
von der Heydt de Wuppertal (Rhénanie-du-Nord-Westphalie), jusqu’au 28 février 2021

Actuellement fermé en raison de la crise sanitaire, le musée vous informe sur son site web :

Musée von der Heydt (en anglais et allemand)

 

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