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Wim Wenders ou l’éternelle jeunesse du cinéma allemand

Le réalisateur allemand Wim Wenders a reçu dimanche le Prix d'honneur du festival Max Ophüls de Sarrebruck, consacré aux jeunes Talents

Le réalisateur allemand Wim Wenders a reçu dimanche le Prix d'honneur du festival Max Ophüls de Sarrebruck, consacré aux jeunes Talents, © picture alliance/dpa | Markus Scholz

19.01.2021 - Article

Le réalisateur, photographe et producteur allemand a reçu dimanche le Prix d’honneur du festival Max Ophüls de Sarrebruck pour son engagement dans la promotion des jeunes talents.

Il était l’une des figures du jeune cinéma allemand dans les années 1970. Il est devenu l’aîné qui fait la courte-échelle aux jeunes générations. Créateur et mentor infatigable, le cinéaste Wim Wenders a été récompensé dimanche au festival Max Ophüls de Sarrebruck pour son soutien sans relâche à la jeune création cinématographique Allemande.

Sur le tournage de Don't come knocking (2005)
Sur le tournage de « Don't come knocking » (2005). « Wim Wenders met comme personne sa réputation, la richesse de son expérience et ses responsabilités officielles au service de la jeune génération de cinéastes, afin de la soutenir dans son aspiration créatrice par tous les moyens », souligne la directrice du festival Max Ophüls, Svenja Böttger.© picture alliance / kpa | 90061

De fait, malgré plus de 60 films à son actif, un Oscar, une Palme d’Or et d’innombrables récompenses, Wim Wenders est toujours resté dans le vent. Au fil des années, il a noué des relations étroites avec les générations montantes de cinéastes allemands.

Ainsi, il ne s’est pas contenté d’enseigner pendant de nombreuses années à l’Université des Beaux Arts de Hambourg. Il a proposé aux jeunes talents des fonctions clés dans ses films, que ce soit derrière la caméra ou à la table de montage. Il a également produit des créations de jeunes prometteurs grâce à son entreprise de production, Road Movies.

« Depuis plusieurs décennies, Wim Wenders met plus que tout autre sa réputation, la richesse de son expérience et ses responsabilités officielles au service de la jeune génération de cinéastes« , salue la directrice du festival Max Ophüls, Svenja Böttger. Il la soutient  »par tous les moyens dans son aspiration créatrice. »

Innovation narrative

Depuis 2014, le cinéaste originaire de Düsseldorf (Rhénanie du Nord-Westphalie) finance aussi à travers sa fondation (« Wim Wenders Stiftung ») un programme de bourses pour promouvoir l’innovation narrative dans le 7e Art. Le programme est co-financé par la Fondation pour le cinéma et les médias du land de Rhénanie du Nord-Westphalie. Il soutient les jeunes réalisateurs qui s’aventurent sur des voies nouvelles pour raconter une histoire sur grand écran, que ce soit en termes de moyens ou de langage visuel. Deux des lauréats du Prix Max Ophüls, Eibe Maleen Krebs (« Draussen in meinem Kopf  » (2018)) et Valentin Riedls (« Lost in Face » (2020)) en ont d’ailleurs directement profité.

Une œuvre en forme de perpétuelle Exploration

A 75 ans, Wim Wenders n’a, en outre, rien perdu de son inventivité, de sa curiosité, ni de son ouverture. Il continue de développer une vision artistique originale née en 1971 avec « L'Angoisse du gardien de but au moment du penalty », adaptée du livre de son ami Peter Handke. Il la poursuivit depuis sans relâche au fil de multiples chefs-d’œuvre (« Alice dans les villes », « Faux Mouvement », « L’Ami américain », « Paris-Texas », « Les Ailes du Désir » et les documentaires « Buena Vista Social Club  », « Pina », « Le Sel de la Terre »).

Co-fondateur de l’Académie du cinéma allemand (2003) et président depuis 1996 de l’Académie européenne du cinéma, il demeure aussi l’un des plus fervents adeptes de l’innovation technologique. Premier cinéaste à tourner un documentaire entier avec une caméra numérique (« Buena Vista Social Club  »), il a par la suite expérimenté et perfectionné le documentaire 3D en relief avec « Pina » (2011), qui lui a valu un Oscar. Et en 2014, il s’est distingué en inventant un dispositif original pour présenter l’œuvre de son ami Sebastião Salgado : dans « Le Sel de la Terre », le photographe brésilien est installé seul dans une chambre noire, et commente son travail diffusé sur un prompteur face à lui.
A.L.

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