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Cinq romans en quête de prix

Le Prix de la Foire du livre de Leipzig doit être décerné en ligne ce vendredi

Le Prix de la Foire du livre de Leipzig doit être décerné en ligne ce vendredi, © picture alliance / Zoonar | Viktor Gladkov

28.05.2021 - Article

Le Prix de la Foire du livre de Leipzig sera décerné en ligne ce vendredi, après l’annulation de la foire en raison de pandémie. Qui sont les finalistes ?

Les finalistes du Prix de la Foire du livre de Leipzig dans les trois catégories
Les finalistes du Prix de la Foire du livre de Leipzig dans les trois catégories© Foire du livre de Leipzig/ Tobias Bohm

La pandémie de Covid-19 a eu raison du grand événement littéraire du printemps en Allemagne : la Foire du livre de Leipzig. Mais le festival de lecture « Leipzig liest  » et la remise du Prix de la Foire du livre de Leipzig se tiennent malgré tout. Ce prix littéraire prestigieux sera décerné ce vendredi après-midi, lors d’une cérémonie en ligne, dans les trois catégories « fiction », « essai » et « traduction ». Nous vous proposons un aperçu des romans finalistes.

Iris Hanika, « Echos Kammern  »

Lauréate de plusieurs distinctions dont le Prix de littérature de l’Union européenne, l’auteure de Würzbourg réécrit au présent le mythe antique de l’amour impossible entre le demi-dieu Narcisse et la nymphe Echo. Son roman « Echos Kammern » (litt. « les chambres d’Echo ») transpose le récit ovidien à New York, où une écrivaine d’âge moyen qui n’a pas connu du succès majeur, espère prendre un nouveau départ. Elle y rencontre Josh, jeune et bel éphèbe qui semble aimer se mirer dans l’écran de son smartphone. Tout lui hurle : « Not for you ! Seulement pour les riches ! ». Sophonisbe rentre alors à Berlin. Elle se plonge dans le Berlin branché où se croisent des jeunes sans perspectives et des hipsters. La gentrification et les problèmes sociaux sont des thèmes récurrents du livre. L’héroïne va faire une autre rencontre. Iris Hanika la met en scène avec la créativité langagière qui lui est coutumière.

Judith Hermann, « Daheim »

Lauréate du Prix Kleist et du Prix Hölderlin, Judith Hermann propose dans une prose claire et précise une interrogation sur le début de l’âge mûr. L’héroïne de «  Daheim » (litt. : « à la maison ») cherche le fil conducteur d’une vie qui l’a menée d’une usine de fabrication de cigarettes aux navires de croisière voguant jusqu’à Singapour, et finalement au bord de la mer. Arrivée au rivage qui clôt le milieu de la vie, elle noue des amitiés prudentes, engage une nouvelle romane et se demande si elle peut faire de ce lieu son « chez soi » ou si elle doit à nouveau partir. Recommencer… Le roman ausculte les thématiques du souvenir, de la nostalgie et des ruptures de vie sous un angle existentiel, dans toute leur épaisseur. Qui est le chef d’orchestre d’une vie ?

Christian Kracht, « Eurotrash  »

L’écrivain et journaliste suisse est connu pour sa discrétion dès lors qu’il est invité à parler de lui. Qui aurait pensé qu’il se lancerait dans l’autofiction ? C’est pourtant ce que fait Christian Kracht dans son sixième ouvrage, « Eurotrash ». L’auteur-narrateur, dandy globetrotter, se rend chez sa mère au bord du lac de Zurich. Malade et usée, droguée au cocktail médicaments-vodka-presse people, elle incarne à ses yeux une forme de déchéance. Mais les voilà partis pour un voyage commun à travers la Suisse. Le livre se transforme alors en un road-movie, qui est en même temps un exercice mémoriel habile et parodique, dont le ton rappelle Thomas Bernhard. L’auteur-narrateur revisite non seulement les traumatismes d’une enfance maltraitée et les fissures de la façade parentale, faite de goût du luxe et de désir d’ascension sociale, mais aussi toute l’histoire de sa famille à l’époque du nazisme. Un livre sombre, mais plein de charme et de nostalgie de la rédemption.

Friederike Mayröcker, « da ich morgens und moosgrün. Ans Fenster trete  »

Née à Vienne en 1924, lauréate du nombreux prix dont le Prix Georg Büchner, la poétesse, romancière et dramaturge Friederike Mayröcker, livre un nouveau récit en prose tissé d’émerveillement devant le monde et les mots. « Chers espions, n’essayez pas de dévoiler les secrets de ce texte », prévient-elle ses lecteurs avec malice. Le récit se fait poème pour dire la nécessité d’ouvrir chaque jour un œil curieux sur le monde. Les mots deviennent des étoiles filantes et le langage la caisse inépuisable d’une magicienne qui connaît tous les tours pour dire l’amour, l’inutilité des choses, l’imagination et les rêves.

Helga Schubert, « Vom Aufstehen. Ein Leben in Geschichten  »

Enfant de la guerre, réfugiée, puis enfant de la division allemande, Helga Schubert raconte les 80 ans d’une vie tissée dans les grands mouvements de l’histoire allemande récente. Psychothérapeute de métier, écrivain couronnée en 2020 par le Prix Ingeborg-Bachmann, elle se raconte dans une autofiction structurée en courts épisodes, écrite dans une langue claire où l’émotion se mêle à la sagesse. Les tableaux se succèdent : l’insouciance des étés passés auprès d’une grand-mère en Poméranie, les rapports avec une mère têtue, l’absence d’un père tombé à la guerre, les absurdités du quotidien en RDA, la Stasi, les premières élections libres à l’âge de 50 ans, les joies et les difficultés de la liberté dans l’Allemagne réunifiée. Helga Schubert relit le passé en quête d’une réponse à la question : qu’est-ce qui fait qu’une vie est réussie ?
A.L.

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