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A Würzburg, Mozart contre la fatalité

Le Festival Mozart de Würzburg fête ses 100 ans, malgré la pandémie

Le Festival Mozart de Würzburg fête ses 100 ans, malgré la pandémie, © picture alliance / Zoonar | Svyatoslav Lypynskyy

01.06.2021 - Article

Fondé au lendemain de la Première Guerre mondiale, le plus ancien festival allemand consacré à la musique de Mozart fête ses 100 ans. En pleine pandémie, la musique du compositeur de Salzbourg a beaucoup à nous dire.

Evelyn Meining en est convaincue : « Une musique qui vient du cœur et doit pénétrer les cœurs ne se partage qu’en présence des spectateurs ». L’intendante du Festival Mozart de Würzburg a vécu des sueurs froides ces dernières semaines à cause de la pandémie de Covid-19. L’édition du centenaire allait-elle se tenir ? Heureusement, elle a ouvert ses portes comme prévu, vendredi 28 mai. Avec une jauge réduite mais en présentiel.

Le président allemand, Frank-Walter Steinmeier, lors de l'inauguration du 100e Festival Mozart à Würzburg : Ce qui vaut pour l'art en général vaut aussi pour Mozart, c'est dans les périodes difficiles que nous en avons besoin
Le président allemand, Frank-Walter Steinmeier, lors de l'inauguration du 100e Festival Mozart à Würzburg : « Ce qui vaut pour l'art en général vaut aussi pour Mozart, c'est dans les périodes difficiles que nous en avons besoin »© picture alliance / HMB Media/ Heiko Becker | Heiko Becker

Pour les artistes et les festivaliers, jouer Mozart est une nécessité en cette période de crise. Peut-être même une urgence. « Ecouter Mozart pour pimenter une vie réussie et pleine de sens, c’est mal le comprendre », a dit le président allemand, Frank-Walter Steinmeier lors de l’inauguration. « Ce qui vaut pour l'art en général vaut aussi pour Mozart : c'est dans les périodes difficiles que nous en avons besoin ».

Le plus ancien festival Mozart d’Allemagne

Würzburg est probablement le lieu idéal pour nous y plonger. Cette ville bavaroise héberge depuis 1921 le plus ancien festival Mozart d’Allemagne. Il a été créé au lendemain de la Première Guerre mondiale par le musicien Hermann Zilcher. Compositeur et chef d’orchestre, ce dernier avait été séduit par l’harmonie entre la musique de Mozart et l’architecture prestigieuse de la salle de l’Empereur, dans la Résidence de style baroque des princes-évêques de Würzburg, aujourd’hui inscrite au Patrimoine mondial de l’UNESCO.

L’intention d’Hermann Zilcher, en cette autre époque troublée, était d’offrir aux auditeurs un motif d’espoir et un horizon. Son idée sera reprise deux décennies plus tard, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, par un autre chef d’orchestre, Eugen Jochum. La Résidence n’était plus qu’un champ de ruines, à l’image de toute la ville. Mais « les gens avaient à nouveau besoin d’une perspective », rapporte Evelyn Meining. « La musique leur a fait oublier leurs souffrances et retrouver la gaité. Les photos montrent que l’on jouait et que l’on dansait devant les ruines ».

Une histoire qui résonne étrangement à l’époque contemporaine. Mozart a connu beaucoup d’épreuves durant sa courte vie, souligne l’intendante du festival. C’est pourquoi, dit-elle, « sa musique contient tout ce que l’âme humaine peut expérimenter d’abîmes, de chagrins, d’ombres ou de pleine lumière ».

Jusqu’au 27 juin

Qu’en sera-t-il en cette période de crise sanitaire ? Le 100e Festival Mozart de Würzburg sera-t-il la bouffée d’oxygène et de joie tant attendue ? Il attend, en tout cas, le public avec un riche programme musical et artistique jusqu’au 27 juin. A l’affiche figurent des œuvres de Mozart et d’autres compositeurs. Mais aussi des lectures, des débats et des manifestations sur les arts ou l’architecture.

Sur le plan musical, le concert d’ouverture a donné le la. La Symphonie Jupiter, dernière œuvre symphonique de Mozart, et une composition contemporaine de Jörg Widmann ont ouvert l’appétit des festivaliers. L’Orchestre Camerata de Salzbourg a joué la Symphonie concertante pour violon et viole. Deux solistes de renom ont interprété l’œuvre sur des instruments ayant appartenu à Mozart lui-même, prêtés par la Fondation Mozarteum : Renaud Capuçon sur un violon de Pietro Antonio dalla Costa de 1764 et Gérard Caussé sur une viole.

Une exposition intitulée « Imagine Mozart » retrace le rapport que les artistes des différentes époques ont entretenu avec l’enfant prodige de Salzbourg. On y croise Delacroix, Schinkel, Slevogt, Kokoschka, Chagall ou Klee. Chacun d’entre eux a eu « son » Mozart. Tout comme chacun d’entre nous, montre l’exposition.

Pour finir, le festival donne l’occasion de s’interroger sur la notion de culture. Le nom de Mozart est synonyme d’art et de culture, explique Evelyn Meining. Mais de quelle « quantité de Mozart a besoin l’être humain » ? De quelle « dose » d’art et de culture ? La question est à l’ordre du jour d’un débat avec des experts de différents domaines. Il est sous-titré « l’héritage européen entre débat sur les valeurs et débat budgétaire ».

A.L.

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