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Exposition : le gothique tardif, si loin, si proche

[De g. à dr.] Maître de Cologne, La Vierge au Croissant avec une famille dans le jardin clos/ Le roi Salomon et la reine de Saba/ Maître de la Passion de Karlsruhe, Aile d'un retable de la Passion

[De g. à dr.] Maître de Cologne, La Vierge au Croissant avec une famille dans le jardin clos, (c) Staatliche Museen zu Berlin, Gemäldegalerie/ Christoph Schmidt ; Konrad Witz, Le roi Salomon et la reine de Saba, (c) Staatliche Museen zu Berlin, Gemäldegalerie/ Jörg P. Anders; Maître de la Passion de Karlsruhe, Aile d'un retable de la Passion, © Cologne, Wallraff-Richartz-Museum/ Rheinisches Bildarchiv Köln

08.06.2021 - Article

C’est l’une des expositions phares de 2021 à Berlin. Cinq musées de la capitale s’associent pour dévoiler les trésors de la peinture et de la gravure allemandes de la fin du Moyen Âge (1430-1500). Ils explorent une ère d’innovations tous azimuts qui fait écho à la nôtre.

C’est une époque aux contours flous. Les années 1430-1500 referment la porte du Moyen Âge. Elles précèdent la découverte du Nouveau monde et l’entrée triomphante dans la modernité. Elles auraient pu être des décennies sombres, descendant en roue libre la pente du déclin. Elles ont, tout contraire, été une période d’innovations dans tous les domaines : techniques, économie, société, art. Ce fut « le point de départ de la modernité », de notre modernité, révèle une grande exposition présentée jusqu’au 5 septembre à la Galerie de peinture (Gemäldegalerie) de Berlin. Son titre : « Le gothique tardif. Point de départ de la modernité ».

« Le gothique tardif » désigne la version allemande de ce que les historiens de l’art appellent le gothique international. C’est une période qui a vu se généraliser un style pictural à travers l’Europe. Mais les différents pays ont su inventer une très grande variété de moyens pour le décliner. En Allemagne, cet art a été marqué par l’Ecole de Cologne. Mais aussi par des artistes tels que Stefan Lochner, Konrad Witz, le « Strasbourgeois » Nicolas Gerhaert de Leyde ou Tilman Riemenschneider.

Un printemps de l’art et des techniques

Le gothique tardif. Point de départ de la modernité, Vue de l'exposition présentée à la Galerie de peinture (Gemäldegalerie) de Berlin jusqu'au 5 septembre 2021
« Le gothique tardif. Point de départ de la modernité », Vue de l'exposition présentée à la Galerie de peinture (Gemäldegalerie) de Berlin jusqu'au 5 septembre 2021© Staatliche Museen zu Berlin / David von Becker

Tous sont représentés dans l’exposition présentée à la Gemäldegalerie. L’exposition présente 131 toiles, sculptures, gravures et objets d’artisanat d’art. Il y a, dans cette sélection, toute la richesse des collections de peinture berlinoises, très en pointe sur cette période. Pas moins de cinq grands musées nationaux de Berlin ont apporté leur concours à l’exposition. Et plusieurs grands musées nationaux et étrangers (National Gallery de Londres, Rijksmuseum d’Amsterdam, Musée national-germanique de Nuremberg) ont prêté des œuvres.

Les œuvres reflètent une tension non résolue entre le prolongement de la tradition et un saut radical dans la nouveauté. Du point de vue social, la période est marquée par l’émergence de l’individu face au groupe, l’essor de la banque et du crédit, les innovations techniques dans le domaine minier, l’invention de l’horlogerie qui va dorénavant rythmer la vie et finalement l’horizon du regard qui s’élargit à quatre continents. Autour de 1450, Johannes Gutenberg vient apporter sa pierre à la révolution en inventant l’imprimerie, et le principe de la reproductibilité.

Cela ne laisse pas les artistes indifférents. Certes, l’art conserve sa fonction pédagogique d’autrefois : illustrer les grands récits bibliques pour les mettre à la portée des croyants. Certes, l’inspiration religieuse reste première. Mais l’art se fait plus vivant, coloré, ancré dans l’Ici et maintenant. Ou pour le dire simplement : plus réaliste.

La femme n’est plus la madone chargée de symbole, mais la femme simplement habillée qui pleure son fils sur la croix. Les motifs profanes sont de plus en plus prisés : la peinture de paysage (avec, pour la première fois, des paysages identifiables et familiers), mais surtout le portrait. Le portrait se déleste de symboles pour donner chair aux personnages qu’il croque.

Cette époque du gothique tardif a inventé des formes nouvelles, qui ont marqué l’histoire de l’art jusqu’à aujourd’hui. Les œuvres exposées rappellent souvent les expressionnistes allemands, d’Otto Dix à Max Beckmann. Rien de surprenant : ces derniers y ont cherché l’inspiration ! Les peintres du XVe siècle étaient des maîtres de la dramatisation et de la représentation des sentiments. Ils peuvent nous guider jusqu’à aujourd’hui.

A.L.

« Le gothique tardif. Point de départ de la modernité »
Exposition à la Galerie de peintures (Gemäldegalerie) de Berlin jusqu’au 5 septembre 2021

Site web de l'exposition/ visite virtuelle (en allemand/ anglais)

Plus d'informations des Musées nationaux de Berlin (en allemand/ anglais)

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