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Exposition : des portraits pour révolutionner l’art 

[De g. à dr.] August Macke : Clown (Autoportrait en forme de caricature), 1913/ László Tóth : Ernst Ludwig Kirchner, Erich Heckel et Doris dans l'atelier, 1910/11/ Alexej von Jawlensk :, Autoportrait, 1912

[De g. à dr.] August Macke : Clown (Autoportrait en forme de caricature), 1913, Collection privée, prêt aux Collections d'art de Chemnitz, photo : Collections d'art de Chemnitz; László Tóth : Ernst Ludwig Kirchner, Erich Heckel et Doris dans l'atelier, 1910/11 Chemnitz, Collections d 'art, Gunzenhauser ; Alexej von Jawlensky : Autoportrait, 1912 ©Belvedere, Vienne., © Musée Franz Marc

29.06.2021 - Article

Le musée Franz Marc de Köchel-am-See présente jusqu’au 3 octobre une exposition de portraits et d’autoportraits de l’avant-garde expressionniste allemande au début du XXe siècle.

« Le style, c’est l’homme », affirmait le comte de Buffon. « Ich bin mein Stil » (« Je suis mon propre style ») lui a répondu deux siècles plus tard l’avant-garde picturale allemande. La citation est tirée du journal de Paul Klee en 1902. Elle a été choisie par le musée Franz Marc de Köchel (Bavière) pour servir de titre à une grande exposition qui rassemble des portraits et autoportraits de précurseurs de l’expressionnisme allemand. Elle est à visiter jusqu’au 3 octobre, dans le cadre d’un cycle d’expositions plus large, organisé par cinq grands musées de la région autour de l’expressionnisme.

Les artistes exposés n’ont pas inventé le portrait, théorisé dès la Renaissance. Mais ils ont fait partie d’une génération singulière. A l’époque qui était la leur, les artistes n’étaient déjà plus appointés par de grands mécènes ou par des institutions. Contraints de s’assumer financièrement de manière indépendante, ils se sont souvent regroupés en communautés d’artistes.

Ce fut le cas, à partir de 1905, des artistes des mouvements « Die Brücke », puis « Der blaue Reiter » (« Le Cavalier bleu »). Ils ont mis en commun leurs ateliers et leurs lieux de vie. Ils partageaient la même quête : révolutionner l’art.

Spontanément, ils ont réalisés des portraits les uns des autres, ainsi que des autoportraits. C’était un moyen de poursuivre leur but : leurs portraits-programmes affirment une vision de l’art et de l’artiste. Ils ont tous en commun la solitude du chemin qui mène à la découverte de son propre style.

Wassily Kandinsky, Intérieur (avec deux dames), 1910, Musée des Beaux-Arts de Berne, Donation de Livia Klee, 2001, Photo : Musée des Beaux-Art de Berne
Wassily Kandinsky, Intérieur (avec deux dames), 1910, Musée des Beaux-Arts de Berne, Donation de Livia Klee, 2001, Photo : Musée des Beaux-Art de Berne© Musée Franz Marc

Qui étaient ces révolutionnaires de l’art ? A quoi ressemblaient-ils ? Et quel regard portaient-ils sur eux-mêmes ? C’est ce que dévoile l’exposition. Max Beckmann, Ernst Ludwig Kirchner, Karl Schmidt-Rottluff, Erich Heckel, Gabriele Münter et Vassily Kandinsky se sont mis en scène d’une manière relativement traditionnelle. Mais ils se sont peints (et dépeints) d’une manière totalement neuve.

Tous ont en commun un langage pictural qui s’émancipe de la vraisemblance pour créer son propre univers. Les couleurs sont intenses, avec de forts contrastes. Le geste est spontané. L’espace et les volumes sont redéfinis. Le regard artistique se veut délibérément subjectif.

Ils se mettent en scène dans des ambiances particulières. Ernst Ludwig Kirchner peint sa compagne et son ami Erich Heckel dans son atelier, qu’il transforme en une pièce multicolore à la décoration pleine d’exotisme. On retrouve cette atmosphère spéciale dans l’autoportrait au cigare de Karl Schmidt-Rottluff, peint sous la forme d’un masque africain après la dissolution du groupe. Ou dans les portraits réciproques de Gabriele Münter et de Vassily Kandinsky.

Les portraits mettent en valeur la sensualité, l’érotisme, mais aussi le besoin de réinventer le statut de l’artiste. Max Beckmann se peint avec sa femme dans un portrait en pied de facture traditionnelle, mais dont l’inquiétude latente souligne ce besoin de renouvellement. Il ne s’agit plus de représenter la réalité, mais de lever un coin du voile sur ce qu’il y a derrière. « L’artiste se peint en utopiste et révolutionnaire », explique la commissaire de l’exposition, Cathrin Klingsöhr-Leroy. Il est tour à tour clown, fumeur, personnage mélancolique ou intellectuel…

L’exposition peut se visiter de manière indépendante. Mais elle peut aussi mener à d’autres découvertes. Cinq grands musées bavarois (Lenbachhaus, Musée Franz Marc, Musée Buchheim, Schloßmuseum Murnau et Musée Prenzberg) se sont, en effet, associés pour dévoiler au public la richesse de leurs collections sur l’expressionnisme. Les cinq expositions sont à visiter dans le cadre d’un cycle intitulé « Avant-garde en couleur. Blauer Reiter. Brücke. Expresionnisme »).

A.L.

Ich bin mein Stil. Künstlerbildnisse im Kreis von Brücke und Blauem Reiter
(« Je suis mon propre style. Portraits d’artistes dans les cercles des mouvements  »Die Brücke«  et le  »Cavalier bleu« )
Exposition au Musée Franz Marc, à Köchel-am-See (Bavière), du 20 juin au 3 octobre 2021

Plus d'informations (en allemand/ anglais)

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