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Patrimoine mondial de l’UNESCO : 5 sites allemands candidats en 2021

La station thermale de Baden-Baden, en Forêt-Noire

La station thermale de Baden-Baden, en Forêt-Noire, © picture alliance / Jochen Tack | Jochen Tack

06.07.2021 - Article

La 44e session du Comité du patrimoine mondial de l’UNESCO se tiendra en ligne du 16 au 31 juillet. Elle sera dirigée depuis Fuzhou, en Chine. Cinq nouveaux sites allemands sont candidats.

Elle n’avait pas pu avoir lieu en 2020 en raison de la pandémie. La 44e session du Comité du patrimoine mondial de l’UNESCO se tiendra en ligne du 16 au 31 juillet. Elle sera dirigée depuis Fuzhou, en Chine, et aura pour objet l’examen ldes candidatures déposées en 2020 et 2021. Plus d’une quarantaine de sites répartis à travers le monde sont nominés, tels que les forêts et les zones humides subtropicales de Colchide, en Géorgie, les mines d’or et d’argent romaines d’AlburnusMaior (Rosia Montana), en Roumanie, et la propriété de l’architecte paysagiste Roberto Burle Marx à Rio de Janeiro, au Brésil. Cinq sites allemands figurent également parmi les candidats.

Les grandes villes d’eaux

Cinq villes thermales allemandes (Baden-Baden, Bad Ems, Bad Kissingen, Bad Homburg, Bad Pyrmont) ont déposé une candidature avec d’autres grandes villes d’eau de République tchèque, de France (Vichy), de Belgique, du Royaume-Uni, d’Italie et d’Autriche. Leurs infrastructures thermales très bien préservées documentent l’essor du thermalisme moderne en Europe à partir du début du XIXe siècle. Elles ont conservé leurs thermes, ensembles de bâtiments spécialisés qui ont vu naître un grand nombre d’innovations dans le domaine de la balnéothérapie. Ces sources thermales étaient connues, pour certaines, depuis l’Antiquité, et elles ont attiré des curistes du monde entier à partir du XIXe siècle. Baden-Baden, Bad Ems, Bad Kissingen, Bad Homburg, Bad Pyrmont ont attiré à l’époque des artistes, des écrivains, des compositeurs ainsi que de nombreux diplomates. Elles ont été le théâtre de rencontres diplomatiques majeures pour la marche du monde, en particulier Baden-Baden et Bad Kissingen. Elles gardent de nombreux témoignages architecturaux qui reflètent l’esprit des Lumières dans lequel baignaient ces innovations thérapeutiques. Elles conservent également de nombreux hôtels de luxe, casinos, jardins, parcs et lieux de repos, insérés dans des écrins de nature.

La Colline de Mathilde (Mathildenhöhe) à Darmstadt

La Chapelle russe sur la Colline de Mathilde (Mathildenhöhe) à Darmstadt
La Chapelle russe sur la Colline de Mathilde (Mathildenhöhe) à Darmstadt© picture alliance | Wolfgang Cezanne
Souvent considéré comme l’un des joyaux de la ville de Darmstadt, au sud de la Hesse, la Colline de Mathilde a hébergé au début du XXe siècle une colonie d’artistes dont le travail a contribué à ouvrir la voie au modernisme dans l’art et l’architecture. Fondée en 1899, la colonie a accueilli 23 artistes majeurs entre 1901 et 1914, parmi lesquels Peter Behrens, Hans Christiansen, Albin Müller et Bernhard Hoetger. Ils ont axé leur travail sur la créativité et sur l’art expérimental sous la direction de Joseph Maria Olbrich, un ancien membre de la Sécession viennoise. Le lieu conserve jusqu’à aujourd’hui d’éminentes traces de leur œuvre, ainsi que des bâtiments et des jardins.

Les frontières de l’Empire romain : le limes danubien

Le site comprend un ensemble de fortifications, murs et tours de garde qui s’étendent sur 500 km du fort en Bavière et en Autriche. Le limes danubien a constitué pendant plus de 400 ans la frontière nord de l’Empire romain avant d’être abandonné au Ve siècle de notre ère, puis à nouveau utilisé au Moyen Âge. Il est édifié sur la rive sud du Danube, utilisant le fleuve comme un rempart supplémentaire, mais aussi comme voie de communication et de commerce. Il a contribué à façonner l’urbanisation et l’expansion de la romanisation dans la région. Ce segment du limes pourrait s’ajouter à d’autres pans des frontières extérieures de l’Empire romain qui sont déjà inscrites sur la liste du Patrimoine mondial de l’Unesco, telles que le mur d’Hadrien, le mur d’Antonin et le limes de Germanie supérieure et de Rhétie.

Les frontières de l’Empire romain : le limes de Germanie inférieure

Portail du château de Saalburg, près de Bad Homburg (Hesse), sur l’ancien Limes romain (frontière entre l’Empire romain et la « Grande Germanie »)
Portail du château de Saalburg, près de Bad Homburg (Hesse), sur l’ancien Limes romain (frontière entre l’Empire romain et la « Grande Germanie »)© picture alliance / dpa | Arne Dedert

Cet autre segment de la frontière de l’Empire romain, dont la candidature est présentée conjointement avec les Pays-Bas, protégeait la province de Germanie inférieure. Il s’étendait sur 400 km le long du Rhin, depuis le Massif rhénan, au sud de Bonn, jusqu’aux côtes de la mer du Nord. Ses infrastructures militaires commencèrent à sortir de terre dans les dernières décennies avant Jésus-Christ, et se perpétuèrent, hormis une brève interruption au IIIe siècle, jusqu’à la désintégration de l’Empire, au Ve siècle. Elles témoignent de la créativité des ingénieurs militaires romains. Ils ont construit leurs fortifications et routes en s’adaptant aux caprices du fleuve, tout en réalisant des travaux pour le rendre plus navigable. Il est vrai que la frontière de l’Empire romain sur le Rhin se voulait au départ une tête de pont pour conquérir les territoires situés à l’est. Une fois cet objectif de conquête manqué, dans les premières années du Ier siècle apr. J.C., la frontière sur le Rhin fut fortifiée.

L’héritage judaïque des villes de Spire, Worms et Mayence

Les villes rhénanes de Spire, Worms et Mayence (réunies dans l’acronyme ShUM) ont accueilli à partir du Xe siècle des communautés juives qui comptaient parmi les plus anciennes d’Europe centrale et orientale. Elles forment, ensemble, un pôle qui a fortement influencé la culture, la religion et l’administration de la justice au sein de la diaspora juive ashkénaze. Les trois communautés ont, en effet, établi des principes spécifiques pour adapter des modes de vie et des traditions juives, remontant pour certaines à l’Antiquité, au contexte social expérimenté au nord des Alpes et à l’environnement chrétien. Malgré les destructions au fil de l’histoire, plusieurs sites et bâtiments témoignent encore de cet héritage qui marque le judaïsme jusqu’à nos jours : les synagogues et bains rituels de Spire et de Worms, le cimetière juif de Mayence et ses tombes qui figurent parmi les plus anciennes d’Europe, le cimetière de Worms, etc.

A.L.

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