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Exposition : l’art contemporain face au terrorisme

Khalid Albaih, „Die Erschaffung des Sektenwesens“ (litt.: La création du sectarisme), 2014-2021. Courtesy the artist

Khalid Albaih, « Die Erschaffung des Sektenwesens » (litt.: La création du sectarisme), 2014-2021. Courtesy the artist, © Khalib Albaih

10.09.2021 - Article

Vingt ans après les attentats du 11 septembre 2001, une exposition s’ouvre à Mannheim sur le terrorisme et la violence politique au miroir de l’art contemporain.

Certaines images frappent tant la mémoire collective qu’elles rendent les mots superflus. Elles font l’histoire par le seul fait d’exister. C’est ce qui s’est produit le 11 septembre 2001, quand le monde a découvert, pétrifié, les images de l’effondrement des tours jumelles de New York. Le terrorisme veut choquer les esprits. Mais comment un tel concentré de violence percute-t-il la sensibilité visuelle des artistes ? Plus généralement, que produit la rencontre de la violence et de l’art ? C’est ce que montre, avec vingt ans de recul, une exposition qui s’ouvre aujourd’hui à Kunsthalle de Mannheim. Elle s’intitule « MINDBOMBS. Visuelle Kulturen politischer Gewalt » et se visite jusqu’au 24 avril 2022.

Gerhard Richter, Septembre, 2009. Gerhard Richter Archiv, Collections nationales d’art de Dresde
Gerhard Richter, Septembre, 2009. Gerhard Richter Archiv, Collections nationales d’art de Dresde© Gerhard Richter 2021 (0145)

L’exposition rassemble une centaine d’œuvres signées par 37 artistes et collectifs d’artistes modernes et contemporains. On trouve parmi ces créateurs Gerhard Richter, Kader Attia, Klaus Staeck, Thomas Ruff, Khalid Albaith, Almut Linde, Richard Hamilton, Jean-Jacques Lebel, J.M. Voltz et Henrike Naumann. Leurs tableaux, clichés, vidéos et objets relèvent, pour la plupart, du genre de la culture mémorielle, ou bien ils analysent les visages de la propagande organisée par le terrorisme.

Les cultures visuelles liées à la violence politique depuis 200 ans

Almut Linde, „DIRTY MINIMAL“, #33.3 — BULLET ACTION-PAINTING/MACHINE CANNON, 2006. Courtesy the artist and PSM, Berlin
Almut Linde, « DIRTY MINIMAL », #33.3 — BULLET ACTION-PAINTING/MACHINE CANNON, 2006. Courtesy the artist and PSM, Berlin© Kunsthalle Mannheim; Elmar Witt

Le parcours ne se cantonne pas au terrorisme islamiste. Il explore le traitement visuel de la violence politique sur une période de 200 ans qui commence avec la Révolution française. Il débute devant des toiles d’Édouard Manet dépeignant l'exécution de l'empereur Maximilien du Mexique. Ce commentaire pictural sur l’arrêt de l’expansion coloniale française en Amérique du Sud jouxte des pistolets mitrailleurs en bois créés par l’artiste belge Francis Alys. Une analogie surgit de cette mise en scène : le parallèle entre le coup de feu tiré et le déclic de l’appareil photo. L’instant est figé, saisi sur la pellicule. Il peut devenir une arme de propagande comme une arme de résistance.

La visite interroge ensuite les stratégies qui permettent aux actes de violence politique de frapper la mémoire via les supports médiatiques. La notion de « mindbombs » (bombes mentales) est analysée. Elle décrit l’impact émotionnel qu’exercent les images violentes. L’exposition développe également une critique de la notion de « terrorisme » et de son instrumentalisation à travers l’histoire. Différentes perspectives s’affrontent à travers les œuvres présentées sur les origines, le phénomène et les conséquences de la violence politique.

Les périodes historiques et les événements marquants se succèdent. De la Révolution française, on arrive au XXIe siècle et à Daesh, en passant par le terrorisme de la Fraction Armée Rouge (RAF) dans l’Allemagne des années 1970.

Pour finir, l’exposition braque le projecteur sur le terrorisme d’extrême droite contemporain en Allemagne. Des artistes avaient alerté dès les années 1980 sur les continuités existant dans les idéologies d’extrême droite. Un regain d’attaques racistes avait été observé après la Réunification. Mais ce sont les procès du groupe terroriste NSU (Parti national-socialiste souterrain), auteur de meurtres à caractère raciste, qui ont éveillé l’opinion à partir de 2011. L’exposition prolonge cette prise de conscience en mettant en lumière le travail d’une jeune génération d’artistes et de collectifs qui explorent le phénomène d’un œil critique.

A.L.

MINDBOMBS. Visuelle Kulturen politischer Gewalt
(litt. : MINDBOMBS. Cultures visuelles de la violence politique)
Exposition à la Kunsthalle de Mannheim, du 10 septembre 2021 au 24 avril 2022


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