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À Francfort, le romantisme allemand a désormais son musée 

Le musée du romantisme allemand ouvre ses portes à Francfort ce mardi. Il jouxte la maison natale de Goethe. L’artiste Robert Seidel a conçu une installation lumineuse baptisée « Obsidian » pour l’inauguration.

Le musée du romantisme allemand ouvre ses portes à Francfort ce mardi. Il jouxte la maison natale de Goethe. L’artiste Robert Seidel a conçu une installation lumineuse baptisée « Obsidian » pour l’inauguration., © picture alliance / greatif | Florian Gaul

13.09.2021 - Article

À Francfort, le romantisme allemand a désormais son musée

Le musée du romantisme allemand ouvre ses portes ce mardi à Francfort/Main. Il jouxte la maison natale de Goethe et invite à (re)découvrir la richesse de cette époque majeure de la littérature et des arts.

C’est l’histoire d’une opportunité saisie au bon moment, qui a fait s’épanouir un jardin d’art et d’idées. Il y a dix ans la Fédération allemande du livre (Börsenverein des deutschen Buchhandels) quittait un immeuble mitoyen de la maison natale de Johann Wolfgang Goethe (1749-1832), à Francfort. Que faire de ce vide, sur un site aussi stratégique ? Anne Bohnenkamp-Renken, directrice de la maison-musée consacrée au grand poète allemand, eut immédiatement une idée : construire un musée du romantisme allemand. Cette époque-clé de la littérature allemande (de 1790 à 1850 environ), malgré des admirateurs dans le monde entier, était l’une des seules à n’avoir pas « son » grand musée en Allemagne. Le projet donnait aussi l’occasion de faire dialoguer le romantisme avec le génie classique. Le débat fut vif. Finalement, la première pierre du futur musée fut posée en 2016.

 Cinq ans plus tard, il ouvre ce mardi ses portes au public. L’artiste Robert Seidel a créé pour l’occasion une installation lumineuse. Baptisée « Obsidian », elle braque les projecteurs sur la façade et révèle la continuité parfaite que l’architecte Christoph Mäckler est parvenu à instaurer avec la maison natale de Goethe. Le musée de brique, d’acier, de verre et de béton prolonge idéalement l’imposante bâtisse bourgeoise, reconstruite à l’identique après sa destruction durant la Seconde Guerre mondiale. À l’intérieur, une galerie de portraits du créateur de Werther, ou en lien avec lui, matérialise le trait d’union entre les deux édifices.

Plongée dans la galaxie romantique

Il apparaît très vite que l’atmosphère a été étudiée avec soin. Elle instaure un dialogue entre l’architecture et la littérature. Dès le rez-de-chaussée, un escalier à l’apparence interminable s’offre au visiteur pour rejoindre les trois étages de l’exposition. Marche après marche, il s’élève dans la pénombre d’une pièce bleu nuit. On dirait une échelle montant vers le ciel, ou un marche-pied vers les nuées aimées des romantiques. Des gazouillis résonnent, mais les oiseaux restent invisibles. L’illusion est parfaite.

Parvenu dans l’antre des romantiques allemands, on découvre les richesses de l’exposition, dispersées sur 1.200 mètres carrés. Des meubles en bois précieux ont été spécialement conçus pour orner le lieu. Pupitres en bois, tiroirs, vitrines, mais aussi installations multimédia : tout contribue à plonger le visiteur dans l’univers sensible et mystérieux des romantiques.

La collection recèle des trésors. Les vitrines dévoilent des manuscrits de grandes plumes romantiques : Ludwig Tieck, les frères Schlegel, Novalis, Clemens et Bettina Brentano, Joseph von Eichendorff. Mais aussi Adalbert von Chamisso et Heinrich Heine

L’exposition montre également le grand intérêt des écrivains romantiques pour les recherches scientifiques sur l’électricité, le magnétisme, le galvanisme. « Le monde doit être romantisé », écrivait Novalis. « Cela implique de le percevoir comme un continuum dans lequel tout est lié ».

Dialogue entre les arts et entre les pays

Pas à pas, les biographies s’éclairent, les œuvres et les idées aussi. On démêle les relations entre les uns et les autres. C’est peu dire que le romantisme allemand, éparpillé entre Iéna, Berlin et Heidelberg, a été une « galaxie » complexe.

 Et tout n’y gravitait d’ailleurs pas autour de la littérature. Le musée rend hommage à cette variété en jetant des ponts avec la musique (Clara et Robert Schumann, Franz Schubert) et la peinture (Caspar David Friedrich, Johann Heinrich Füssli, Carl Gustac Carus, Philipp Otto Runge). Les fonds et extraits musicaux, ainsi que les tableaux y sont nombreux.

Enfin, cette exposition permanente éclaire la dimension européenne du romantisme. Elle est mise en valeur à travers des figures comme Madame de Staël, Eugène Delacroix ou Lord Byron.

 Et si l’infinie diversité du mouvement romantique finit par donner le tournis, une vaste carte couplée à une chronologie vient récapituler visuellement cette profusion de vies, d’œuvres et de relations complexes.


A.L.

En savoir plus (en allemand/ anglais)

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