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Max Liebermann, un artiste européen

Max Liebermann, Badende Knaben, Berlin, 1900. Huile sur toile

Max Liebermann, « Badende Knaben », Berlin, 1900. Huile sur toile, © Stiftung Stadtmuseum Berlin. Reproduction : Hans-Joachim Bartsch, Berlin

13.10.2021 - Article

Le musée régional de Hesse, à Darmstadt, consacre une vaste exposition à Max Liebermann. Le peintre et graveur allemand fut l’un des grands représentants de l’impressionnisme et un rénovateur de l’art pictural.

Il avait été un maître de la peinture réaliste. Puis il a fait volte-face, et il est devenu l’un des plus illustres représentants de l’impressionnisme. Qui était Max Liebermann (1847-1935) ? Comment ce rejeton de la grande bourgeoisie berlinoise est-il devenu le chantre de la simplicité champêtre ? Comment ses voyages et ses nombreux contacts en Europe ont-ils fait de lui l’un des précurseurs de la modernité picturale ? C’est ce que propose de découvrir jusqu’au 9 janvier 2022 le musée régional de Hesse, à Darmstadt.

Une figure de l’impressionnisme sur l’autre rive du Rhin

Le musée réunit dans une vaste exposition intitulée « Moi. Max Liebermann. Un artiste européen » 107 toiles du maître allemand et de ses contemporains Corot, Hals, Monet, Manet, Pissaro, Slevogt, Beckmann et Wolfthorn. L’exposition offre un aperçu d’une rare richesse sur la vie et l’œuvre de Max Liebermann. Elle est remarquable tant par la diversité que par la qualité des œuvres.

Elle n’a d’ailleurs pu voir le jour que grâce au concours d’une soixantaine de prêts venant de collectionneurs privés et de grandes institutions (Nationalgalerie de Berlin, Musée d’Orsay, Musée des Beaux-Arts de Dijon, Musée des Beaux-Arts de La Haye, Teylers Museum de Haarlem). Quatre toiles proviennent des collections du musée régional de Hesse, dont « Le marché aux cochons à Haarlem » et « Devant le lavoir » de Liebermann.

Au cœur du renouvellement de l’art européen

Max Liebermann, Dorfstrasse in Laren, 1896
Max Liebermann, « Dorfstrasse in Laren », 1896© Kulturstiftung Kurt und Barbara Alten, Museo Castello San Materno, Ascona. PHoto : Friedrich Rosenstiel, Köln

L’œuvre du maître allemand fait régulièrement l’objet d’expositions. Mais c’est la première fois qu’un musée choisit de l’éclairer en la situant dans le contexte européen qui l’a vue naître. Le musée de Darmstadt comble ici une lacune évidente. Car l’œuvre de Max Liebermann n’aurait pas pris le tournant qui a été le sien sans les voyages de l’artiste, ni sans les liens nombreux qu’il entretenait avec ses confrères européens. L’influence de l’art français se lit sans difficulté dans ses œuvres, de même que celle des artistes hollandais.

L’exposition montre, par exemple, que Max Liebermann a puisé l’inspiration de ses premières toiles en Hollande. Il a connu ses premiers succès auprès du public lors d’expositions en France. Et c’est un artiste hongrois, Mihály von Munkácsy, qui lui a donné des idées pour réaliser la première de ses œuvres qui fit scandale.

Max Liebermann « n’avait aucune difficulté à passer les frontières », souligne Martin Faass, directeur du musée et commissaire de l’exposition. Et il n’avait pas davantage peur de la critique ou du scandale.

Grâce à ces échanges, la peinture de Liebermann est devenue une caisse de résonance, ouverte à l’avant-garde. Elle aborde une vaste palette de thèmes phares de la seconde moitié du XIXe siècle : les relations entre les cultures, la puissance d’intégration cosmopolite de l’art et de la culture ou encore la situation des artistes juifs au sein de la société. Et elle s’est elle-même métamorphosée au contact de l’art européen. Elle a délaissé la confrontation avec les maîtres classiques pour devenir une peinture de paysage. Et elle a ouvert de nouvelles voies éprises de liberté et de modernité.

A.L.

« Ich. Max Liebermann. Ein europäischer Künstler »
(litt.: « Moi. Max Liebermann. Un artiste européen »)
Exposition au musée régional de Hesse, à Darmstadt, jusqu’au 9 janvier 2022

En savoir plus (en allemand/ anglais)

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