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Une Berlinale pleine d’histoires

Emma Thompson et Daryl McCormack, lors de la présentation du film Good Luck to You, Leo Grande » de Sophie Hyde (section Berlinale Spéciale Gala)

Emma Thompson et Daryl McCormack, lors de la présentation du film « Good Luck to You, Leo Grande » de Sophie Hyde (section Berlinale Spéciale Gala), © picture alliance/dpa | Gerald Matzka

15.02.2022 - Article

Après deux ans de pandémie, le monde du cinéma rêvait d’une Berlinale en présentiel. C’est chose faite, grâce à un protocole sanitaire strict, au soulagement des cinéphiles. Mais cette 72e édition est tout sauf une Berlinale sans histoire. Sur le grand écran, en tout cas.

Achat des billets exclusivement sur Internet, règle « 2G+ » (passe vaccinal + test), jauge à 50 %, port du masque obligatoire : du 10 au 20 février, la 72e édition du Festival international de Berlin applique un protocole sanitaire strict. La Berlinale tenait à faire son retour en présentiel, justifient ses directeurs, Mariette Rissenbeek et Carlo Chartrian. Et force est de constater que le public joue le jeu. Mais cette Berlinale n’est pas pour autant sans histoire(s). Bien au contraire. Dans les salles obscures, les films projetés fourmillent d’histoires humaines fortes, émouvantes, parfois conflictuelles.

Parmi les 18 films en compétition pour les Ours d’or et d’argent, qui seront décernés dès ce mercredi, figure ainsi le dernier long métrage d’Andreas Dresen, « Rabiye Kurnaz contre George W. Bush ». Le réalisateur allemand y raconte l’histoire vraie d’une femme au foyer turque qui lutte pour la libération de son fils Murat, emprisonné à la prison de Guantanamo. Ce combat la mène de Brême, où elle vit, jusqu'à la Cour suprême de Washington.

Des émotions fortes et des personnages marquants

Également engagé dans la compétition officielle, le réalisateur espagnol Isaki Lacuesta livre aussi une contribution poignante avec « Un año, una noche ». Le film est un bouleversant portrait d’un couple de survivants de l’attentat du Bataclan, en 2015. Indemnes physiquement, ils sont traumatisés par les scènes qu’ils ont vécues. Le réalisateur raconte cette période rarement traitée de l’« après », où il faut apprendre à vivre avec ce traumatisme. Une épreuve à laquelle les deux personnages feront face ensemble, mais de manière opposée : l’un remettra toute sa vie en question quand l’autre se protégera dans une forme de déni.

256 films, au total, se partagent l’affiche pendant dix jours. Aucun flop n’a émaillé le festival jusqu’à présent. Au contraire, le public a savouré les histoires vécues sur le grand écran. Elles sont portées par des personnages marquants qui mettent en scène des relations complexes et des sentiments subtils. Beaucoup sont des variations sur le thème de l’amour, sous toutes ses formes.

Dans la sélection officielle, la réalisatrice allemande Nicolette Krebitz a ainsi présenté «  A.E.I.O.U. A Quick Alphabet Of Love ». Cette coproduction franco-allemande, incarnée par Sophie Rois, Udo Kier et Milan Herms, s’ouvre sur l’agression d’une actrice devant un bar de Berlin-Ouest. Un jeune homme lui vole son sac à main et disparaît dans la nuit. Ils se reverront plus tard, et l’histoire les emmènera jusque sur les côtes françaises. Le film présente l’amour sous un angle original, à rebours de tous les clichés et avec une séduisante légèreté.

Honneur au cinéma français

Charlotte Gainsbourg, Noee Abita et Emmanuelle Beart sont venues présenter à la Berlinale le film Les passagers de la nuit » de Mikhaël Hers
Charlotte Gainsbourg, Noee Abita et Emmanuelle Beart sont venues présenter à la Berlinale le film « Les passagers de la nuit » de Mikhaël Hers © picture alliance / Geisler-Fotopress | Dave Bedrosian/Geisler-Fotopress

Le cinéma français n’est pas en reste. Claire Denis a présenté à Berlin « Avec amour et acharnement » avec Juliette Binoche, Vincent Lindon et Grégoire Colin. Michael Hers a dévoilé « Les passagers de la nuit » avec Charlotte Gainsbourg. François Ozon a inauguré la Berlinale avec « Peter von Kant  », libre réinterprétation du célèbre film de Rainer Werner Fassbinder « Les larmes amères de Petra von Kant » (1972).

Et dans la section Berlinale Special, Laurent Larivière a présenté « À propos de Joan », avec Isabelle Huppert. L’actrice française a été distinguée mardi soir par la Berlinale pour l’ensemble de sa carrière. Elle a reçu un Ours d’or d’honneur, en duplex depuis Paris car elle avait été testée la veille positive au Covid-19.

Ainsi, si les vedettes d’Hollywood sont moins présentes cette année, le Palais de la Berlinale, sur la Potsdamer Platz, a attiré nombre de personnalités du 7e Art venues d’Europe. L’une des plus remarquées aura été l’actrice britannique Emma Thompson. Elle est venue dévoiler la comédie sociale « Good Luck To You, Elo Grande ». Le film, dans lequel elle incarne une enseignante redécouvrant la sexualité, a enthousiasmé le public berlinois.
A.L.

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