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Exposition : Richard Wagner et le sentiment allemand

[G.] Portrait de Richard Wagner, Franz Hanfstaengl, Munich, 1871 / [Dr.] Maquette de la scénographie du « Jardin magique de Klingsor », au deuxième acte de l’opéra « Parsifal » de Richard Wagner, Paul von Joukowsky, Max Brückner, Gotthold Brückner, 1882

[G.] Portrait de Richard Wagner, Franz Hanfstaengl, Munich, 1871 / [Dr.] Maquette de la scénographie du « Jardin magique de Klingsor », au deuxième acte de l’opéra « Parsifal » de Richard Wagner, Paul von Joukowsky, Max Brückner, Gotthold Brückner, 1882, © bpk - Bildagentur / © Collection de sciences théâtrales, Université de Cologne

20.04.2022 - Article

Jusqu’au 11 septembre, le Musée historique allemand de Berlin explore la façon dont le compositeur Richard Wagner (1813-1883) a appréhendé les bouleversements de son époque. Il montre aussi son influence sur le sentiment national allemand.

Adulé pour sa musique, mais détesté pour ses idées antisémites : jusqu’à nos jours, Richard Wagner (1813-1883) fait polémique. Le Musée historique allemand (DHM) de Berlin propose de redécouvrir sa vie et son œuvre dans le contexte de leur époque, celui du XIXe siècle et de l’industrialisation. L’exposition est présentée jusqu’au 11 septembre, et s’intitule « Richard Wagner et le sentiment allemand ». Une exposition sur le philosophe Karl Marx (1818-1883), autre témoin capital de cette ère de bouleversements économiques, sociaux, politiques, culturels et artistiques, se visite en parallèle. 

La vie et l’œuvre dans le contexte du XIXe siècle 

Les 500 objets exposés illustrent l’attitude ambivalente de Wagner face aux mutations de la modernité. Le compositeur critiquait l’industrialisation et le capitalisme naissant. Mais son ascension n’aurait pas été possible sans l’établissement d’un marché moderne de l’art et de la musique. Ainsi, en « technicien du sentiment », Wagner a repositionné l’art et la musique dans un monde de plus en plus voué au commerce. Il a développé des « stratégies marketing » basées sur les émotions. Et son projet d’ériger le drame musical en « œuvre d’art totale » participait d’une critique de la modernité, couplée au désir de transformer toute la société. 

Les sentiments ont joué un grand rôle dans sa vie et dans son œuvre. Y compris le « sentiment allemand », qui donne son titre à l’exposition. Richard Wagner associait une atmosphère et des sentiments spécifiques à la germanité. L’exposition les aborde à travers quatre grandes émotions qui ont marqué le compositeur et tout le XIXe siècle : l’aliénation, l’appartenance, l’éros et le dégoût. Le volet consacré à l’éros aborde la consommation, le luxe et les relations difficiles de l’artiste avec les femmes. Le sentiment d’appartenance est lié à la conscience nationale. Il va de pair avec le dégoût, qui conduit à l’exclusion des juifs.  

L’exposition aborde sans fard cette question de l’antisémitisme. Elle présente différentes versions du brûlot antisémite « Le judaïsme dans la musique ». Dans ce texte, rédigé entre 1850 et 1869, Wagner dénie toute originalité aux compositeurs juifs tels que Mendelssohn Bartholdy ou Giacomo Meyerbeer, qui avait pourtant été son modèle et mentor. 

Quel rayonnement ces écrits ont-ils eu au XIXe siècle et au-delà ? Plus généralement, comment Wagner a-t-il traduit en musique les sentiments de son époque ? Comment a-t-il éduqué le sentiment de ses contemporains, et à la fin de sa vie leur sentiment national ? Comment l’œuvre de Wagner a-t-elle accompagné les évolutions du XIXe siècle, en particulier la fondation de l’Empire allemand en 1871 ? Toutes ces questions trouvent des réponses au Musée historique allemand.

Des pièces rarement présentées  

Pantoufle de Richard Wagner, Musée historique allemand
Pantoufle de Richard Wagner, Musée historique allemand© Musée Richard Wagner de Lucerne

Les pièces présentées proviennent pour une part d’institutions prestigieuses en Allemagne, en Autriche, en Suisse et en France. Elles mêlent des carnets de notes personnelles, des tableaux, des dessins, des manuscrits, des lettres et des photos. Plusieurs d’entre elles sont des originaux très rarement exposés à la vue du public. C’est le cas d’une maquette réalisée pour la scénographie du « Jardin magique de Klingsor » de l’opéra «  Parsifal ». Ou encore d’une édition originale de « L’Art et la révolution », texte dans lequel Wagner expose son désir de renouveau esthétique et politique. 

Des extraits vidéos de représentations d’opéras, des interviews avec de grands interprètes et de nombreux postes d’écoute permettent au visiteur de se plonger intégralement dans l’univers du compositeur allemand. Il s’agit de « rendre hommage au génie » wagnérien, tout en soumettant son idéologie à une recherche et à un examen critiques, explique le commissaire de l’exposition, Michael Steinberg.

 A.L.

Richard Wagner und das deutsche Gefühl
(«  Richard Wagner et le sentiment allemand »)
Exposition au Musée historique allemand de Berlin du 8 avril au 11 septembre 2022 

En savoir plus :

Exposition « Richard Wagner et le sentiment allemand » (en allemand/ anglais)
Exposition parallèle « Karl Marx et le capitalisme » (en français)

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