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Exposition : Luther traducteur

Vue de la cellule dans laquelle le Réformateur Martin Luther a traduit le Nouveau Testament du grec en allemand, en 1521, après avoir trouvé refuge dans la forteresse de la Wartburg (Thuringe)

Vue de la cellule dans laquelle le Réformateur Martin Luther a traduit le Nouveau Testament du grec en allemand, en 1521, après avoir trouvé refuge dans la forteresse de la Wartburg (Thuringe), © picture alliance / ZB | Volkmar Heinz

12.05.2022 - Article

Au début de l'année 1522, le Réformateur Martin Luther a traduit le Nouveau Testament du grec en allemand. Un travail achevé en seulement onze semaines, et qui a marqué l’histoire. Le château de la Wartburg y consacre une exposition à l’occasion du 500e anniversaire.

Ce n’était pas la première traduction des Ecritures en allemand. Mais c’est celle qui a marqué l’histoire. L’histoire des hommes, l’histoire de la théologie et, tout spécialement, l’histoire de la langue allemande.

A la toute fin de l’année 1521, le Réformateur Martin Luther (1483-1546) traduit le Nouveau Testament du grec en allemand. Réfugié dans le château fort de la Wartburg, près d’Eisenach (Thuringe), il achève son œuvre en seulement onze semaines et quitte la Wartburg le 1er mars 1522. Mais ces onze semaines ont eu un impact mondial qui se perpétue jusqu’à nos jours. A l’occasion du 500e anniversaire de l’événement, la forteresse de la Wartburg présente une grande exposition sur le thème « Luther traducteur. Le pouvoir des mots ».

Sur les lieux authentiques

Manuscrit du Nouveau Testament en grec, datant du 13e siècle apr. J.C., exposé dans le cadre de l’exposition « Luther traducteur. Le pouvoir des mots » à la forteresse de la Wartburg (Thuringe)
Manuscrit du Nouveau Testament en grec, datant du 13e siècle apr. J.C., exposé dans le cadre de l’exposition « Luther traducteur. Le pouvoir des mots » à la forteresse de la Wartburg (Thuringe)© picture alliance/dpa | Martin Schutt

Elle réunit une soixantaine d’objets historiques, d’éditions rares de la Bible de différentes époques, de manuscrits et de protocoles de révision de la Bible de Luther jusqu’à aujourd’hui. Mais le plus impressionnant réside dans la présentation de l’exposition sur les lieux historiques authentiques.

Le parcours mène ainsi jusqu’à la cellule du moine augustin et théologien, située au cœur du château. C’est là qu’il a travaillé semaine après semaine, la plume à la main. La légende veut qu’il ait, dans son combat spirituel, jeté un encrier à la tête du diable. Quoi qu’il en soit, le Réformateur venait d’être mis au ban de l’Empire par la Diète de Worms et excommunié par le Pape. Le château fort médiéval, perché au milieu des cimes, lui a offert un refuge providentiel, sous la protection de l’Electeur Frédéric de Saxe.

Une œuvre qui a marqué l’histoire de la langue allemande

L’exposition développe ce contexte historique, social et théologique. Elle explore aussi un aspect essentiel de l’œuvre de Luther : le travail linguistique.

La Bible de Luther est, en effet, l’œuvre qui a contribué à fixer la langue allemande à l’écrit, à une époque où les dialectes parlés étaient innombrables. Contrairement à ses prédécesseurs, le Réformateur s’est efforcé de rendre sa traduction la plus compréhensible possible, ce qui l’a vite rendue très populaire. Pour ce faire, il a inventé nombre de métaphores et d’images qui font encore l’allemand d’aujourd’hui. Sa traduction est le fruit d’un travail d’orfèvre.

Luther si loin, si proche

Luther a-t-il travaillé seul ? L’exposition le montre : à sa sortie de la Wartburg, il s’est empressé de reprendre minutieusement sa traduction avec son disciple Philipp Mélanchthon. On sait aussi qu’il a eu autour de lui une équipe de traducteurs pour réaliser le reste de sa traduction intégrale de la Bible, dont la première édition n’a été publiée qu’en 1534. Son travail n’a d’ailleurs jamais cessé d’être repris et amélioré. L’édition la plus récente présentée dans le cadre de l’exposition remonte à… 2017 !

Un autre trait encore rapproche Luther de l’époque contemporaine. Sa traduction a dû sa diffusion à une révolution médiatique : l’invention de l’imprimerie. Le parallèle avec notre époque de révolution numérique était évident. L’exposition le souligne. Comment Luther aurait-il exploité la technologie d’aujourd’hui ? Quelles similitudes entre les deux époques ? Le pouvoir des mots est-il le même au XVIe et au XXIe siècle ?

La réponse est à trouver au château de la Wartburg jusqu’au 6 novembre. Une large partie de l’exposition est composée d’ateliers. Ils permettent au visiteur de plonger concrètement dans le travail de traduction, et aident à comprendre l’influence qu’a pu jouer le contexte théologique et social. Avant de partir, il est même possible de s’essayer à actionner une presse historique et d’imprimer son propre exemplaire de la Bible de Luther. Enfin, l’exploration se poursuit tout au long de l’année à travers des manifestations anniversaires qui sont prévues dans toute la Thuringe.

A.L.

« Luther übersetzt. Von der Macht der Worte  »
(Luther traducteur. Le pouvoir des mots)
Exposition au château de la Wartburg, près d’Eisenach (Thuringe), du 4 mai au 6 novembre 2022

En savoir plus (en allemand)

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