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​​​​​​​Exposition : Max Beckmann et le voyage

Max Beckmann, « Les Argonautes », 1949/1950, Huile sur toile, Triptyque

Max Beckmann, « Les Argonautes », 1949/1950, Huile sur toile, Triptyque, National Gallery of Art, Washington, donation de Mme Max Beckmann, © National Gallery of Art, Washington

29.11.2022 - Article

Tourisme, appels de l’ailleurs, mais aussi exil et voyage intérieur : pour la première fois, une grande exposition s’intéresse à l’attrait du peintre expressionniste Max Beckmann (1884-1950) pour les pérégrinations. Elle est présentée à Munich jusqu’au 12 mars 2023.

« Departure », c’est le titre d’une monographie que la Pinacothèque moderne, à Munich, consacre au peintre expressionniste allemand Max Beckmann (1884-1950). Elle met en lumière un thème rarement abordé, et pourtant très présent dans son œuvre : celui du voyage. Il peut s’agir d’excursions touristiques ou de l’expression d’un désir de liberté. Mais l’exposition traite aussi de l’expérience de l’exil à Amsterdam à partir de 1937 et de celle du voyage immobile du peintre dans son atelier, occupé à créer des univers nouveaux sur la toile.  

Le « départ », qui donne son titre à l’exposition, est présenté comme une expérience existentielle. Les excursions mondaines ont jalonné la vie du peintre, tout comme son aspiration à l’« ailleurs » inspiré par ses lectures et son goût pour les mythes. Mais Max Beckmann a aussi connu la tragédie des guerres, du déracinement, du transit et de l’exil qui entraînent la perte des repères nationaux, familiaux et linguistiques.  

L’exposition s’ouvre sur le triptyque intitulé « Departure ». Il est daté de 1932. Le peintre s’y embarque pour de nouveaux rivages artistiques à travers des figures monumentales inspirées des univers mythologique et chrétien. Les scènes d’un monde sombre et violent encadrent la vision prometteuse d’une mer lumineuse et sans frontières. Max Beckmann réinterprète le motif antique du voyage du héros. Il le colore de l’expérience traumatisante du déracinement et de l’exil.  

Entre joie de l’ailleurs et contrainte de l’exil  

L’artiste vit perpétuellement en transit. L’espace de la toile s’ouvre ainsi à des visions d’aéroports, de gares, de ports, d’hôtels, d’automobiles, de trains, de navires… Il révèle le caractère ambivalent du mouvement, qui oscille entre immobilité et départ en vacances, entre souvenirs de lieux réels et imaginaires, entre désespoir sur le présent et visions créatrices de l’au-delà, entre fascination pour la métropole trépidante et aspiration romantique. Ou encore entre libération et contrainte, entre joie et peur et entre aspiration et mélancolie.  

La mer est un refuge. Max Beckmann y trouvera toujours repos et inspiration. Elle le fascinait par son immensité, autant que par son caractère menaçant. Le motif maritime s’inscrit en opposition avec celui de la grande ville, du « théâtre » trépidant où joue le « grand orchestre humain ».  

Visions d’artiste  

L’atelier de l’artiste est une autre source d’inspiration. Cet espace apparemment clos ouvre sur l’espace infini de la création. Beckmann le peint comme un lieu secret et plein de mystère. Lui-même devient le magicien. Il invente des mondes nouveaux et lointains.  

Les 67 œuvres présentées viennent de musées prestigieux à New York, Washington, Saint- Louis, Francfort, Hambourg, Leipzig et Wuppertal. Dix-huit d’entre elles proviennent également des fonds de la Pinacothèque moderne. Elles s’accompagnent, pour la première fois, de documents d’archives récemment acquis par le musée munichois : des albums photos, des passeports et des documents de voyage, des cartes postes et des films que l’artiste aimait tourner avec une caméra portative. On y découvre l’artiste, mais aussi tout l’univers de l’homme privé. 

A.L.

Max Beckmann. Departure

Exposition à la Pinacothèque moderne de Munich jusqu’au 12 mars 2023

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