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La paix hier, la paix pour demain

La chancelière Angela Merkel et le président Emmanuel Macron ont commémoré ensemble le centenaire de l’armistice de la Première Guerre mondiale

La chancelière Angela Merkel et le président Emmanuel Macron ont commémoré ensemble le centenaire de l’armistice de la Première Guerre mondiale en dévoilant samedi une plaque sur le lieu de sa signature dans la clairière de Rethondes, en Forêt de Compiègne., © Gouvernement fédéral/Bergmann

12.11.2018 - Article

Cent ans après l’Armistice, la chancelière Angela Merkel a symboliquement commémoré la fin de la Première Guerre mondiale aux côtés du président Emmanuel Macron. La paix n’est pas acquise dans le monde, il faut continuer d’y travailler, a-t-elle souligné.

Après Konrad Adenauer et Charles de Gaulle à Reims, après Helmut Kohl et François Mitterrand à Verdun, après Joachim Gauck et François Hollande à Oradour-sur-Glane, Angela Merkel et Emmanuel Macron ont posé ce week-end un nouveau symbole fort de l’amitié franco-allemande en commémorant ensemble le centenaire de l’Armistice de la Première Guerre mondiale à Compiègne et à Paris.

Dans la clairière de Rethondes

Samedi, la chancelière allemande a rejoint le président français dans la clairière de Rethondes. C’est là que fut signé, le 11 novembre 1918, un peu avant six heures du matin, le cessez-le-feu qui allait mettre fin à l’enfer des tranchées. Jamais un chancelier de la République fédérale ne s’était rendu en ce lieu de capitulation aux côtés d’un président français, a souligné Angela Merkel. « C’est un geste très symbolique ».

Les deux dirigeants ont dévoilé une plaque commémorative bilingue. Elle indique qu’ils réaffirment « la valeur de la réconciliation franco-allemande au service de l'Europe et de la paix ». Puis, ils se sont rendus dans le wagon-musée, un wagon identique à celui où fut signé l’Armistice. Ils ont consulté ensemble le livre d’or et y ont symboliquement apposé leurs deux signatures sur la dernière page.

À travers cette cérémonie pleine d’émotion, les ennemis héréditaires d’hier ont réaffirmé la force de l’amitié qui les lie désormais. Et ce, à tous les niveaux de la société. Des gerbes ont été déposées par la garde d’honneur de la brigade franco-allemande. Le Chœur de l’Armée française a entonné la Marseillaise et le Deutschlandlied. Un chœur de jeunes français a interprété l’hymne européen sur les paroles de l’Ode à la joie de Friedrich Schiller.

Lors d’un bain de foule, Emmanuel Macron a souligné devant des lycéens l’importance de perpétuer le dialogue entre Français et Allemands pour préserver la paix. La chancelière a ajouté : « cela repose entre vos mains ».

La paix, toujours à construire

Car, a mis en garde Angela Merkel au cours du week-end, « la paix dont nous jouissons aujourd’hui, et qui, pour une part, nous paraît déjà acquise, est tout sauf acquise. Il nous faut y travailler ».

C’est dans cet esprit que la chancelière a participé dimanche matin à la commémoration officielle du centenaire de l’Armistice de 1918 sous l’Arc de Triomphe aux côtés d’une soixantaine de chefs d’État et de gouvernement venus du monde entier.

Allocation d'Angela Merkel lors du Forum pour la Paix
« La paix dont nous jouissons aujourd’hui, et qui, pour une part, nous paraît déjà acquise, est tout sauf acquise. Il nous faut y travailler », a mis en garde la chancelière Angela Merkel en ouverture du Forum pour la Paix. Ce dernier était organisé dimanche à la Grande Halle de La Villette, à Paris, en clôture des commémorations de l’armistice de la Grande guerre. |© KEYSTONE

Et c’est aussi ce qu’elle a martelé dans l’après-midi en inaugurant le Forum pour la paix à la Grande Halle de la Villette, à Paris, aux côtés de M. Macron et du secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres.

Il y a un siècle, a-t-elle expliqué, « le progrès technique a été détourné. On a utilisé les armes de destruction massive, les gaz, les bombes, les sous-marins sans tenir aucun compte des pertes. On a totalement ignoré les principes de la civilisation ». La Grande Guerre « en versant le sang de manière absurde a montré jusqu’où peuvent conduire la suffisance nationale et l’arrogance  militaire. Et elle nous fait prendre conscience des conséquences dévastatrices que peuvent avoir l’absence de dialogue et de compromis en matière politique et diplomatique ».

Tirer les leçons de la Grande Guerre pour aujourd’hui

Cent ans plus tard, la réconciliation franco-allemande témoigne des progrès réalisés, mais la paix dans le monde est loin d’être acquise. « Je voudrais aussi évoquer mon inquiétude », a dit la chancelière, « que se répande à nouveau une façon de penser avec des œillères nationales, que l’on se remette à agir comme si l’on pouvait simplement ignorer les dépendances, relations et imbrications réciproques. Car nous assistons bien à une remise en question de la coopération internationale, de la recherche pacifique d’un équilibre des intérêts, et même du projet de paix européen ».

En écho au président français, qui a profité de ces commémorations pour prononcer un plaidoyer en faveur du multilatéralisme, la chancelière a appelé à tirer les leçons de l’histoire. C’est-à-dire à promouvoir le dialogue, en particulier à travers les institutions internationales. « Est-ce que l’on ferait mieux sans les Nations unies ? », s’est-elle interrogée. « Je le dis clairement : non. On peut détruire des institutions rapidement, mais il est incroyablement difficile de reconstruire ».

Pour la chancelière, « la Première Guerre mondiale nous a montré à quelle ruine l’isolationnisme pouvait mener. Et si le cloisonnement n’offrait déjà pas de solution il y a cent ans, comment le pourrait-il aujourd’hui, dans un monde cinq fois plus peuplé et infiniment plus connecté ? ».

A.L.

Plus d’informations :

Office de presse et d'information du gouvernement allemand

Discours de la chancelière Angela Merkel au Forum pour la Paix, à Paris

 

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