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Relations franco-allemandes : l’atout jeune

12.06.2017 - Communiqué de presse

Ringardes. Diluées dans l’Europe et le monde globalisé. Que n’a-t-on pas entendu sur les relations franco-allemandes ? Pourtant, en 2017, rien n’est plus jeune que l’idée franco-allemande.

C’est ce dont témoignent les jeunes ambassadeurs de l’OFAJ (Office franco-allemand pour la Jeunesse). L’ambassadeur d’Allemagne en France, S.E. Nikolaus Meyer-Landrut, les avait invités à se présenter ce lundi 12 juin à Paris.

L’initiative remonte à 2009. Béatrice Angrand, secrétaire générale de l’OFAJ, explique : « L’idée initiale était de faire changer le regard sur la jeunesse : oui, les jeunes s’engagent, en France et en Allemagne. Et ils s’engagent aussi pour l’idée franco-allemande ». À cela s’est ajoutée une touche de pragmatisme : « Il s’agissait de proposer un dialogue par les pairs – un projet réalisé par les jeunes pour les jeunes. C’est ce qui fonctionne le mieux » pour convaincre, intéresser et monter des projets.

100 jeunes ambassadeurs de 18 à 30 ans

Aujourd’hui, l’OFAJ compte cent jeunes ambassadeurs, âgés de 18 à 30 ans. Leur rôle : casser les peurs et les préjugés qui contrarient les relations entre les deux pays, et susciter une curiosité réciproque qui passe par la langue, la culture, les rencontres. Ils sont répartis équitablement sur tout le territoire, en France et en Allemagne. Cela leur permet de toucher tous les publics, y compris dans les zones enclavées ou rurales, dans les maisons de quartier ou les zones d’éducation prioritaires.

« En primaire, le premier objectif est de dissiper la peur de la langue », raconte ainsi Florine Durand. La jeune femme, étudiante à Metz et jeune ambassadrice dans le Val de Loire et la région Grand Est, possède une technique bien rôdée. Il s’agit d’« apprendre de l’allemand aux enfants de manière ludique, sans qu’ils s’en rendent compte ». Pour cela, elle leur parle en allemand avec des mots qu’ils comprennent, comme « Pizza ». Puis elle leur apprend quelques termes allemands (les animaux, les fruits, etc.) en s’aidant de gestes, d’images ou de jeux. Enfin, elle les réutilise avec eux. Finalement, l’allemand, ça n’est pas si difficile…

Au collège, Raphaël Bastian, a animé une rencontre avec des 5e. Des élèves déjà inscrits en classe bilangue, mais encore réticents à aller en Allemagne. Alors, le jeune ambassadeur dans les Hauts-de-France leur a appris à nommer en allemand le métier de leurs rêves. Puis il leur a expliqué la journée de classe d’un écolier allemand. La timidité a fait place à l’enthousiasme.

Toucher des publics éloignés du pays voisin

Le succès est aussi au rendez-vous dans les régions où les jeunes n’ont aucun contact avec l’Allemagne. Bradley Owoundi, jeune Marseillais d’origine togolaise devenu jeune ambassadeur dans le Bade-Wurtemberg, en parle d’expérience. Après une initiation en CM1, il a débuté l’allemand en CM2, puis suivi une classe européenne. Mais c’est quelques années plus tard, en effectuant son service civil à Berlin, qu’il a pris la mesure de l’atout que la maîtrise de l’allemand représente sur le marché du travail. Aujourd’hui en Master de droit à Tübingen, il transmet son enthousiasme aux générations suivantes comme jeune ambassadeur à Marseille et Tübingen.

Il a ainsi travaillé avec une association de quartier marseillaise. Il raconte : « au début, l’allemand me paraissait à moi-même difficile ». Il préférait la culture anglo-saxonne. Mais il a découvert des films, des séries, de la musique venus d’Allemagne – et il a aimé. Aujourd’hui, il les fait découvrir aux jeunes. Et cela fonctionne : « les jeunes ont une image stricte de l’allemand, mais il n’en est rien. » Ses projets : un karaoké franco-allemand, des échanges linguistiques et des échanges trinationaux, de l’Algérie au Togo en passant par la Pologne.

Pour d’autres encore, c’est le sport qui sera le vecteur. À l’occasion du championnat du monde de handball, Florine Durand a ainsi eu l’idée d’organiser une rencontre entre coachs de clubs français et allemands pour les inciter à nouer des échanges. Pendant ce temps, les jeunes ont pu s’entraîner ensemble et participer à des animations culturelles autour de la langue de l’autre, avant de disputer un match.

L’amitié franco-allemande, de génération en génération

Quelle que soit leur région, les jeunes ambassadeurs de l’OFAJ ont tous un point commun : ils ont à cœur de transmettre leur enthousiasme pour le pays voisin. Eux-mêmes, souvent, ne s’imaginent plus prendre un autre chemin que celui de la coopération franco-allemande, quel que soit le métier auquel ils se destinent. Mais ils savent, en plus, insuffler à d’autres l’énergie nécessaire pour dépasser les peurs et les préjugés qui empêchent encore trop souvent une compréhension fine du pays voisin.

Les bénéfices, ils le savent, seront très concrets pour les générations de demain. Maîtriser la langue du partenaire ouvre, en effet, considérablement le champ des opportunités professionnelles. Y compris dans les métiers techniques et l’artisanat.

A.L.

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