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Discours de l'ambassadeur Hans-Dieter Lucas, mardi le 29 septembre 2020, à Paris

06.10.2020 - Article

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C’est une grande joie pour moi de vous accueillir à l’Hôtel de Beauharnais à l’occasion de la remise du prix Nerval-Goethe.

J’en suis d’autant plus heureux que je peux vous rencontrer en personne, après tout ce temps passé en vidéoconférence et à distance les uns des autres depuis mars dernier.

Afin de respecter les règles de distanciation que la pandémie de Covid-19 nous impose, nous sommes réunis en cercle plus restreint que les années précédentes.

Fort heureusement, la lauréate dont nous saluons le travail aujourd’hui touche un nombre de lecteurs bien plus large que notre petit comité.

En tant qu’ambassadeur d’Allemagne en France et amateur de littérature, j’attache un grand prix à mettre en lumière les réalisations exceptionnelles dans le domaine des échanges littéraires entre la France et l’Allemagne.

Parfois complexe et difficile à interpréter, la littérature a pour spécificité de porter sur la langue elle-même.

La langue quant à elle nous donne les outils pour raconter nos vies, nos ressentis, notre vision du monde, nos sentiments et nos émotions.

Fruit de notre culture, elle en montre les limites tout en étant totalement libre dans son expression.

« Les limites de ma langue sont les limites de mon monde ». Cette célèbre phrase de Wittgenstein résume parfaitement l’importance de la langue pour notre compréhension du monde.

À une époque où notre champ lexical semble de plus en plus s’appauvrir, la littérature contemporaine doit occuper une place de choix dans la société. Car lorsque le langage s’appauvrit, c’est aussi la pensée qui s’affaiblit.

L’une des plus importantes propriétés de la littérature est de nous aider à mieux nous connaître nous-même. En permettant l’échange d’idées et d’interprétations, la lecture d’ouvrages venant d’autres nations nous montre en outre dans quelle mesure notre pensée ressemble à celle de l’autre ou, au contraire, s’en distingue.

Il faut donc lire de la littérature étrangère pour nouer un dialogue avec l’autre, avec l’étranger, et - souvent - pour constater que les questions qui nous préoccupent, les espoirs, les intérêts et les émotions que nous ressentons sont les mêmes. La littérature jette des ponts entre les êtres humains et entre les cultures.


Chère Madame Lux,

Par votre travail de traduction littéraire, vous participez à la diffusion, à la lecture et à la compréhension de la littérature contemporaine allemande en France et dans d’autres pays francophones.

Comme votre prédécesseur Gilles Darras l’a si justement dit : « L’art de la traduction [est] en quelque sorte aussi un art du compromis et de la négociation entre deux langues et deux cultures. »

La traduction tient donc aussi de la diplomatie puisqu’elle sert de truchement entre les conceptions et les mondes de deux langues.

C’est pourquoi, chère Madame Lux, je vous suis particulièrement reconnaissant de la contribution si importante que vous apportez à la communication culturelle franco-allemande.

Votre prédilection pour la langue allemande s’est manifestée dès vos études à Nancy, Strasbourg et Leipzig.  

Elle vous a notamment conduit à traduire de nombreux auteurs germanophones tels qu’Annette Hess, Clemens Setz et Jens Harder.

Aujourd’hui, c’est pour la traduction de « Katie  », une œuvre de Christine Wunnicke, publiée en 2018 aux éditions Jacqueline Chambon, que vous est décerné le prix Nerval-Goethe.

Je tiens ici à remercier toutes celles et tous ceux qui ont créé ce prix et le co-organisent. Je pense en particulier au Goethe-Institut de Paris, à la fondation Richard Stury, à la Délégation générale à la langue française et aux langues de France ainsi qu’à l’université Paris-Sorbonne.

Mais ma reconnaissance va avant tout à Madame Lux.

Chère Madame, toutes mes félicitations pour ce prix. Je vous souhaite de poursuivre avec le même succès et le même plaisir votre travail autour de la littérature allemande.

Permettez-moi également de former le vœu que vous nourrissiez encore longtemps les échanges littéraires franco-allemands grâce à votre travail de passeuse.

Merci de votre attention !

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