Bienvenue sur les pages du Ministère fédéral des Affaires étrangères

A Berlin, la Nationalgalerie présente 100 œuvres du peintre Gerhard Richter

Gerhard Richter, MV 133, 2011, Peinture sur photographie, 10,1 x 15,1 cm, Prêt de la Fondation culturelle Gerhard Richter

Gerhard Richter, MV 133, 2011, Peinture sur photographie, 10,1 x 15,1 cm, Prêt de la Fondation culturelle Gerhard Richter, © Gerhard Richter 2023 (31032023)

13.04.2023 - Article

La Nationalgalerie, à Berlin, présente une sélection de 100 œuvres du peintre Gerhard Richter, l’un des artistes les plus célèbres et les plus influents au monde. Elles sont issues d’un prêt permanent de la Fondation artistique Gerhard Richter.

La Neue Nationalgalerie au quartier Tiergarten à Berlin
La Neue Nationalgalerie au quartier Tiergarten à Berlin© picture alliance/dpa | XAMAX

Que peut la peinture ? Telle est, depuis six décennies, la quête du peintre allemand Gerhard Richter. L’artiste, aujourd’hui l’un des plus célèbres et célébrés au monde, n’a cessé d’explorer les possibilités et les limites de son art. Il a oscillé entre figuration et abstraction. Il s’est confronté depuis les années 1960 à la question de savoir si l’art était possible après Auschwitz, et y a apporté une réponse décisive en 2014 à travers le cycle « Birkenau  ». A Berlin, le musée de la Nationalgalerie lui consacre jusqu’en 2026 une vaste rétrospective. Elle présente 100 œuvres issues d’un prêt permanent de la Fondation artistique Gerhard Richter.

41 toiles et miroirs, 20 photographies peintes et 31 dessins d’étude en couleur sont à découvrir dans le cadre de cette exposition intitulée « Gerhard Richter. 100 œuvres pour Berlin ». Ils occupent un vaste espace de 500 mètres carrés au rez-de-chaussée du musée. Une pièce est réservée pour le cycle «  Birkenau ». Cet ensemble de quatre toiles grand format (2,6 m sur 2 m) incarne par excellence la profondeur de la réflexion que le peintre a menée sur l’Holocauste et la possibilité de le représenter.

Que peut l’art après l’Holocauste ?

Pour créer ce cycle, Gerhard Richter est parti de quatre photographies prises dans le camp d’Auschwitz-Birkenau en août 1944. Ce sont les seules photos du camp prises par des détenus, en secret et au péril de leur vie. L’artiste les a recouvertes de plusieurs couches de fusain et de peinture. Les toiles se présentent ainsi comme de vastes rectangles recouverts de camaïeux de gris et de noir mouchetés de rouge et de vert.

Richter a résolument opté pour l’abstraction. Selon lui, l’horreur de l’Holocauste dépasse l’entendement et exclut de fait toute possibilité figurative. En recouvrant les photos de motifs abstraits, il a ouvert sur la toile un espace de dialogue entre le montrable et l’immontrable. Et cet espace de réflexion s’enrichit grâce à un large miroir à quatre volets placé en regard des toiles. Il réfléchit l’image du visiteur, et l’invite ainsi à un processus de réflexion conscient et personnel sur l’Holocauste.

Artiste caméléon

Outre ce cycle majeur, l’exposition retrace toutes les phases de l’œuvre de Gerhard Richter. L’artiste est né à Dresde en 1932, et a vécu à l’Ouest à partir de 1961. Il a été formé à l’Académie des Beaux-Arts de Dresde, puis à l’Académie nationale des arts de Düsseldorf, où il a enseigné de 1971 à 1994.

Au fil des années, son œuvre a embrassé un spectre sans cesse élargi. A partir de 1976, Gerhard Richter a créé des toiles abstraites aux couleurs intenses. Parallèlement, il a poursuivi son travail figuratif à travers des séries restreintes de paysages, natures mortes, portraits et peintures historiques. Il est connu pour ses peintures aux contours légèrement floutés réalisées à partir de photos de bougies, crânes, paysages et motifs profanes.

A partir de 1986, il a aussi utilisé la technique de la photographie peinte. Il a montré un intérêt croissant pour le travail sur verre, réalisant notamment un vitrail pour la cathédrale de Cologne (2007), la ville où il vit et travaille. Enfin, ces dernières années, il s’est emparé des procédés numériques.

Vue de l’exposition « Gerhard Richter. 100 Werke für Berlin“, Musées nationaux de Berlin, Nouvelle galerie nationale, 2023-3026
Vue de l’exposition « Gerhard Richter. 100 Werke für Berlin », Musées nationaux de Berlin, Nouvelle galerie nationale, 2023-3026© Gerhard Richter 2023 (31032023) Photo: David von Becker

De la très grande variété de ses travaux, l’exposition retient des œuvres majeures : la série abstraite « Aladin » (2010) ou encore les toiles monumentales « 4900 Farben » (2007) et « Strip  » (2013/2016). Elle montre également le travail sur verre « Schwarz, Rot, Gold » (1999). Il provient d’une œuvre murale monumentale en trois volets réalisée pour le hall d’entrée du Bundestag à la fin du siècle dernier. L’artiste a voulu y symboliser le nouveau départ après la Seconde Guerre mondiale.

En 2021, la Fondation artistique Gerhard Richter a décidé de céder 100 œuvres à la Nationalgalerie sous forme de prêt permanent. Le musée berlinois a saisi cette chance et se projette déjà au-delà de l’exposition. A l’avenir, il réservera une salle spécifique aux œuvres de Gerhard Richter dans un bâtiment en construction consacré à l’art du 20e siècle.
A.L.

Retour en haut de page