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Investissements records, réformes en perspective

Le chancelier Friedrich Merz lors du débat général au Bundestag, cette semaine

Le chancelier Friedrich Merz lors du débat général au Bundestag, cette semaine © picture alliance/dpa | Kay Nietfeld

28.11.2025 - Article

Le Bundestag a approuvé le projet de loi de finances pour 2026. L’Allemagne va investir des montants records, notamment dans les infrastructures, pour relancer la croissance. Le gouvernement réaffirme aussi son ambition réformatrice pour pérenniser l’État social.

Croissance, cohésion sociale, sécurité : telles sont les priorités du projet de loi de finances pour 2026. Il a été approuvé ce vendredi par le Bundestag au terme d’une semaine de débats. Il prévoit des investissements records (118 milliards d’euros), notamment dans les infrastructures et la défense, pour moderniser le pays. Le gouvernement prépare en parallèle des réformes de structure pour pérenniser le modèle social, confronté au défi du vieillissement.

L’Allemagne investit massivement pour relancer sa croissance

Hémicycle du Bundestag
Hémicycle du Bundestag © picture alliance / Ipon | Stefan Boness

Relancer la croissance est la priorité centrale après deux années de récession et une année de stagnation. Lors du débat budgétaire, le chancelier Friedrich Merz a énuméré les mesures prises depuis sept mois : baisse du prix de l’énergie, allègement de la fiscalité des entreprises, initiatives pour la réduction de la bureaucratie, progrès de la numérisation, agenda pour les technologies de pointe, de l’intelligence artificielle (IA) à la fusion nucléaire et les technologies quantiques.

En 2026, le gouvernement est fermement décidé à poursuivre cette modernisation du pays, et la résorption du sous-investissement. 118 milliards d’euros d’investissements sont prévus. La moitié environ provient du Fonds spécial pour les infrastructures et la neutralité climatique, adopté en mars dernier. C’est un montant inédit. Il doit relancer l’activité et améliorer concrètement la vie de la population. Il sera investi dans les crèches, les écoles, les routes, le rail, la production d’une énergie propre et abordable, la modernisation du réseau Internet et la construction de logement.

Le ministre fédéral des Finances, Lars Klingbeil, a justifié cette stratégie, et le recours à l’endettement qu’elle implique. Le gouvernement accroît fortement les dépenses (+ 21,5 milliards en 2026 pour un total de 524,54 milliards), a-t-il dit. Mais il investit dans l’avenir du pays. Et il mène des réformes de structure.

Des réformes de structure pour un modèle social pérenne et juste

De fait, des réformes seront nécessaires. Les rapports économiques s’accordent à le dire : la stagnation économique tient pour partie à des facteurs internes qui nuisent à la compétitivité du pays. Le coût du modèle social fait partie des éléments pointés du doigt. Le financement des pensions, en particulier, absorbe une part importante du premier budget de l’État (197 milliards d’euros en 2026), celui des Affaires sociales.

L’un des défis consistera à préserver l’équité entre les générations face à ce défi du vieillissement. Un projet de réforme des retraites suscite actuellement de vifs débats. « Nous allons négocier un nouveau consensus entre les générations », a promis Friedrich Merz. Le gouvernement travaille à un nouveau modèle social pérenne. « Ceux qui travaillent doivent avoir le sentiment que l’on utilise avec soin leurs impôts et cotisations ». En même temps, « il ne faut pas laisser tomber ceux qui ont besoin du soutien de l’État social ».

Selon les présidents des groupes parlementaires de la coalition, Jens Spahn (CDU) et Matthias Miersch (SPD), une seconde réforme des retraites pourrait voir le jour d’ici au milieu de l’année 2026. Elle pourrait porter, entre autres, sur l’extension de la capitalisation et sur la question de la durée du travail sur l’ensemble de la vie active.

Ukraine : l’Europe doit être consultée

La sécurité, intérieure et extérieure, est la troisième priorité du projet de loi definances. Un nouveau Conseil national de sécurité vient d’être créé. Le gouvernement prépare aussi la mise en place d’un nouveau service militaire, et il projette d’accroître fortement les investissements dans la défense. Il cible, entre autres, le renforcement de la cybersécurité et la protection des infrastructures critiques. « Nous devons nous faire à nouveau à cette idée : la paix et la liberté ne sont pas gratuites », a affirmé Friedrich Merz. « Nous ne voulons aucun point faible lorsqu’il est question de la sécurité de notre pays. »

Dans ce contexte, l’Ukraine a été au cœur du débat général, point culminant du débat budgétaire. L’Allemagne la soutiendra « aussi longtemps que nécessaire », a assuré le chancelier. En 2026, 11,5 milliards d’euros sont inscrits au budget.

« La préservation de la liberté et de la paix en Europe » est peut-être la ligne la plus importante de la politique du gouvernement fédéral, a déclaré Friedrich Merz. « Nous aspirons à la coexistence pacifique entre les peuples sur la base des valeurs de la démocratie libérale qui sont les nôtres ».

Le chancelier a salué l’engagement américain pour trouver une solution au conflit, mais rappelé que les États-Unis et la Russie n’avaient pas le droit de conclure un accord sans consulter les Ukrainiens et les Européens. « L’Europe n’est pas un simple pion, mais un acteur souverain en ce qui concerne ses intérêts et ses valeurs », a-t-il fait valoir. Et la guerre peut s’arrêter demain si la Russie retire ses troupes.

A.L.

En savoir plus :

Ministère fédéral des Finances : projet de loi de finances pour 2026

https://www.bundesregierung.de/breg-de/aktuelles/merz-bundestag-haushalt-2026-2395840

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