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Friedrich Merz à Davos : « notre destin est entre nos mains »

Le chancelier Friedrich Merz, jeudi 22 janvier, au sommet annuel du Forum économique mondial, à Davos (Suisse)

Le chancelier Friedrich Merz, jeudi 22 janvier, au sommet annuel du Forum économique mondial, à Davos (Suisse) © picture alliance/KEYSTONE | GIAN EHRENZELLER

22.01.2026 - Article

« Un monde de grandes puissances est une nouvelle réalité », a constaté Friedrich Merz lors du sommet annuel du Forum économique mondial à Davos. Le chancelier appelle l’Europe à se renforcer et à s’unir pour contribuer à la façonner.

Face à l’accélération des bouleversements mondiaux, Friedrich Merz appelle l’Europe à prendre son destin en main. Lors du sommet annuel du Forum économique mondial, à Davos (Suisse), le chancelier a appelé le continent à tracer sa voie avec « un réalisme lucide » face à la nouvelle réalité d’un monde dominé par les grandes puissances. « Nous ne sommes pas à la merci de ce nouvel ordre mondial », a-t-il plaidé. L’Europe doit avant tout renforcer sa sécurité, sa compétitivité économique et son unité.

« Une nouvelle ère a déjà commencé »

Le chancelier a brossé les contours d’une « nouvelle ère » qui a « déjà commencé ». « La guerre d'agression menée par la Russie contre l'Ukraine en est l'expression la plus dramatique à ce jour », a-t-il exposé. « Mais le changement est bien plus profond. La Chine, forte de sa vision stratégique, s'est hissée au rang des grandes puissances. La position dominante des États-Unis sur la scène internationale est remise en question. Washington réagit en remodelant radicalement sa politique étrangère et de sécurité. »

Ce nouveau monde « se construit sur le pouvoir, la force et, le cas échéant, la violence ». Mais « un monde où seule la puissance compte est un endroit dangereux, d'abord pour les petits États, puis pour les puissances moyennes et, finalement, pour les grandes puissances ».

« Nous pouvons façonner l’avenir »

Selon le chancelier, il ne faut pas regarder ce monde comme une fatalité. « Nous avons le choix. Nous pouvons façonner l’avenir », a-t-il plaidé. L’Europe doit continuer à consolider les piliers de sa puissance : « nous devons investir massivement dans notre capacité à nous défendre. Et c'est ce que nous faisons. […] Nous devons rapidement rendre nos économies compétitives. Et c'est ce que nous faisons. […] Nous devons nous serrer les coudes, entre Européens et entre partenaires partageant les mêmes idées. C'est ce que nous faisons. »

« Gardons donc à l'esprit que notre plus grande force reste notre capacité à établir des partenariats et des alliances entre égaux, fondés sur la confiance et le respect mutuels », a-t-il ajouté.

Solidarité avec le Danemark et le Groenland

Friedrich Merz a assuré le Danemark et le Groenland de la solidarité allemande. Il a salué les propos du président américain Donald Trump assurant qu’il n’y aurait pas d’annexion du Groenland et retirant les menaces de surtaxes douanières.

« C'est la bonne voie à suivre », a-t-il souligné. « Car toute menace d'acquisition par la force d'un territoire européen serait inacceptable. […] Et de nouveaux droits de douane porteraient atteinte aux fondements des relations transatlantiques. » Avant d’ajouter : « S'ils étaient mis en place, la réponse de l'Europe serait unie, calme, mesurée et ferme. »

Selon le chancelier, « les autocraties ont peut-être des sujets, mais les démocraties ont des partenaires et des amis fiables. C'est cette phrase qui doit nous guider. »

Friedrich Merz a appelé à une Europe « unie, résolue et souveraine ». Il ne faut « pas abandonner l’OTAN » et ne « pas renoncer trop vite au partenariat transatlantique », a-t-il ajouté.

« La compétitivité économique et la capacité à influencer la politique mondiale sont les deux faces d'une même médaille »

Pour ce qui est de l’Allemagne, elle doit retrouver sa puissance économique. Elle veut également « faire de l'Europe un acteur clé à nouveau, dans la politique mondiale, sur le plan économique et en particulier dans le domaine de la défense », a exposé M. Merz. « La compétitivité économique et la capacité à influencer la politique mondiale sont les deux faces d'une même médaille ».

Le chancelier a détaillé le programme qu’il met en place pour y parvenir : réduction massive de la bureaucratie, réduction des coûts énergétiques, modernisation des infrastructures, investissements dans la transformation numérique. Il a invité les investisseurs présents à s’engager en Allemagne, « un partenaire très solide » et « une destination de choix pour les investissements internationaux. »

Sur le plan commercial, Berlin plaide pour le renforcement des règles du commerce équitable et de la concurrence loyale. « L'Europe doit être l'antithèse des pratiques commerciales déloyales soutenues par l'État, du protectionnisme des matières premières, de l'interdiction des technologies et des droits de douane arbitraires », a souligné M. Merz. « Les droits de douane doivent à nouveau être remplacés par des règles, et ces règles doivent être respectées par les partenaires commerciaux. »

A.L.

Lire le discours (principalement en anglais)

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