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Friedrich Merz en Chine : Berlin et Pékin veulent renforcer leur partenariat stratégique
La chancelier Friedrich Merz a visité à Pékin la Cité interdite © picture alliance/dpa | Michael Kappeler
Le chancelier Friedrich Merz a effectué cette semaine sa première visite en Chine. Un voyage de trois jours fortement marqué par les thématiques économiques. L’Allemagne et la Chine veulent renforcer leur partenariat stratégique.
Le passé entre les murs de la Cité interdite, l’avenir dans les usines high-tech de Hangzhou : c’est riche de « fortes impressions » que le chancelier Friedrich Merz a achevé hier son premier déplacement en Chine. Il a rencontré à Pékin le Premier ministre chinois, Li Qiang, et le président Xi Jinping. Une trentaine de chefs d’entreprise allemands l’accompagnaient. L’Allemagne et la Chine veulent approfondir leurs relations économiques et politiques.
Consultations intergouvernementales germano-chinoises vers la fin de 2026
« Nous voulons renforcer partenariat stratégique global », a annoncé M. Merz après ses entretiens à Pékin. Des visites ministérielles en Chine auront lieu dans le courant de l’année, dont celle de la ministre fédérale de l’Économie et de l’énergie, Katharina Reiche, a-t-il ajouté. L’Allemagne et la Chine prévoient la tenue de consultations intergouvernementales germano-chinoises « vers la fin de l’année », les premières depuis 2023.
Des liens économiques forts
L’économie constituait l’axe majeur du voyage du chancelier. Friedrich Merz a annoncé une commande chinoise de 120 avions au groupe européen Airbus. Il s’est également rendu dans des laboratoires des technologies d’avenir pour tester les véhicules autonomes développés en Chine par Mercedes, découvrir les robots humanoïdes du précurseur chinois Unitree Robotics, qui en souhaite démocratiser l’usage, et visiter le site de production d’appareillages à haute tension de Siemens Energy. Hangzhou (sud-est de la Chine), où il a achevé son voyage, est l’une des vitrines technologiques de l'Empire du milieu.
« Nous entretenons une bonne coopération avec la Chine », a-t-il souligné. La Chine est le premier partenaire commercial de l’Allemagne. Le voyage a permis d’initier et d’approfondir les liens économiques existants.
Aborder ouvertement les désaccords, notamment sur la concurrence
Cependant, entre partenariat, concurrence et dépendances stratégiques, le ciel des relations économiques bilatérales n’est pas sans nuage. Les entreprises chinoises s’imposent désormais comme des rivaux sérieux pour les industriels allemands, y compris d’un point de vue technologique et dans des domaines clés comme les machines-outils, la chimie et l’automobile. De plus, les surcapacités de production chinoises font affluer les produits asiatiques sur le marché européen, et à un rythme accéléré depuis le relèvement des barrières douanières aux États-Unis.
À cela s’ajoute la dépendance des entreprises allemandes envers les matières premières et les terres rares chinoises, qui préoccupe le gouvernement et l’industrie. Enfin, Berlin demande pour ses entreprises des conditions de concurrence équitables sur le marché chinois.
« Il s’agit de rechercher une bonne coopération mais aussi d’aborder très ouvertement les thèmes difficiles. C’est ce que j’ai fait lors de mes entretiens », a résumé M. Merz. Le chancelier a souligné que des tâches « à accomplir ensemble » attendent l’Allemagne et la Chine, principalement dans le domaine de la concurrence. « Nous sommes deux des trois plus grandes nations industrielles du monde. C’est une grande responsabilité, mais aussi une vaste opportunité », a-t-il exposé.
Ukraine : Berlin appelle Pékin à tirer parti de son influence sur Moscou
À l’heure de la montée en puissance de la Chine sur la scène internationale, le chancelier a d’ailleurs également abordé les thèmes géopolitiques avec ses interlocuteurs. Il a exhorté les dirigeants chinois à « tirer parti de leur influence pour mettre un terme à la guerre d’agression russe contre l’Ukraine ». « Nous savons que les signes en provenance de Pékin sont pris très au sérieux à Moscou », a-t-il fait valoir.
Au dernier jour de sa visite, Friedrich Merz a visité la Cité interdite, ancien palais impérial des dynasties Ming et Qing édifié au 15e siècle. Dans le livre d’or du monument, il a souhaité à l’Allemagne et à la Chine de l’élan, de la force et de l’énergie pour « une année de coopération et de croissance ». Avant de terminer par ces vers tirés des Sentences de Confucius de Friedrich Schiller : « Le cours du temps se divise en trois parties / L’avenir, qui arrive lentement / Le présent, qui fuit avec la rapidité d’une flèche / Le passé, qui est inébranlable. »
A.L.