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Friedrich Merz à Washington : les temps difficiles exigent des partenariats solides
Le chancelier Friedrich Merz a rencontré le président américain, Donald Trump, mercredi à la Maison Blanche. © picture alliance / Captital Pictures | CNP/ADM
Relations transatlantiques, Ukraine, commerce : le chancelier Friedrich Merz a été reçu cette semaine à la Maison blanche par le président américain, Donald Trump. La guerre en Iran a été au centre de l’entretien.
C’était sa troisième visite à Washington en dix mois. Le chancelier Friedrich Merz a été reçu mercredi par le président américain, Donald Trump, dans le bureau Ovale, à la Maison Blanche. La guerre au Moyen Orient a été au centre de l’entretien après l’attaque conjointe des États-Unis et d’Israël contre le régime des mollahs en Iran et la riposte de Téhéran dans le Golfe.
Le chancelier a mis en avant les points de convergence entre l’Allemagne et les États-Unis. Berlin et Washington soulignent la responsabilité du régime des mollahs dans l’oppression brutale de la population iranienne. Ils arguent aussi de la menace que le programme nucléaire et balistique iranien fait peser sur la paix et la sécurité de tout le Moyen Orient.
« Nous partageons avec les États-Unis et avec Israël un même intérêt à voir tout cela prendre fin à un moment donné », a déclaré M. Merz. « Ce terrible régime à Téhéran doit disparaître », a-t-il renchéri sur X. Il a également souligné : « les temps difficiles exigent des partenariats solides. »
Moyen Orient : l’Iran doit mettre fin à ses attaques dans le Golfe
En début de semaine, l’Allemagne a exprimé aux côtés de la France et du Royaume-Uni, sa « consternation vis-à-vis des attaques de missiles indiscriminées et disproportionnées lancées par l’Iran contre des pays dans la région ». Dans une déclaration conjointe, Berlin, Paris et Londres ont appelé l’Iran à y « mettre fin immédiatement ».
« Nous prendrons des mesures pour défendre nos intérêts et ceux de nos alliés dans la région, potentiellement en permettant des actions défensives nécessaires et proportionnées pour détruire la capacité de l’Iran à tirer des missiles et des drones à leur source. Nous sommes convenus de travailler ensemble avec les États-Unis et les alliés de la région sur cette question », ont-ils ajouté.
La stabilité politique et économique en Iran est dans l’intérêt de tous, a souligné Friedrich Merz à Washington. Le gouvernement allemand veut soutenir la capacité du peuple iranien à choisir librement son destin et à contribuer à la stabilité et à la paix au Moyen Orient.
Ukraine : « Seule une paix soutenue et légitimée par l’Europe peut être durable »
À l’ordre du jour de la rencontre avec le président américain figuraient également les négociations de paix sur l’Ukraine. Friedrich Merz a demandé à Donald Trump de faire pression sur le président russe, Vladimir Poutine, pour obtenir des concessions de sa part. Les Européens ont de sérieux doutes sur sa volonté d’entériner une paix qui soit acceptable par l’Ukraine et l’Europe, a-t-il mis en avant.
L’Europe souhaite aussi être davantage impliquée dans les négociations. « Seule une paix soutenue et légitimée par l’Europe peut être durable », a dit le chancelier.
Relations transatlantiques : renforcer le pilier européen de l’OTAN
Friedrich Merz et Donald Trump ont, par ailleurs, abordé les relations transatlantiques. Dans la perspective du sommet de l’OTAN à Ankara, en juin, le chancelier a réaffirmé l’intention des Européens de renforcer le pilier européen de l’Alliance. Cela passera, entre autres, par une nouvelle coopération franco-allemande dans le domaine de la dissuasion. La France et l’Allemagne ont publié en début de semaine une déclaration conjointe à cet égard.
Enfin, sur les droits de douanes américains, le chancelier a appelé à un accord « équitable et durable ». La Cour suprême des États-Unis vient de rendre un arrêt qui dispose que le président américain ne peut pas imposer seul des taxes à l’importation à ses partenaires commerciaux, les rendant illégaux. Il est trop tôt pour savoir comment celui-ci sera appliqué par l’administration américaine. Mais Friedrich Merz l’a clairement affirmé : il ne peut être question d’un accord plus défavorable à l’Union européenne (UE) que celui d’août 2025.
A.L.