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L’Allemagne et le Brésil renforcent leur partenariat stratégique
Le chancelier Merz (dr.) et le président brésilien Lula (g.) lundi, à Hanovre. © picture alliance / Geisler-Fotopress | Ulrich Stamm
Commerce, terres rares : dans un monde en recomposition, l’Allemagne et le Brésil renforcent leur partenariat stratégique. Les 3e consultations intergouvernementales germano-brésiliennes ont eu lieu cette semaine en marge de la Foire de Hanovre.
Robots, solutions d’intelligence artificielle (IA), systèmes automatisés, technologies propres : avec plus de 3 000 exposants et 10 000 innovations, la Foire de Hanovre a donné cette semaine un aperçu de l’avenir de l’industrie. Le plus grand salon industriel mondial avait pour pays hôte le Brésil. Après l’inauguration, le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva, a participé avec plusieurs de ses ministres aux 3e consultations intergouvernementales germano-brésiliennes. Sur un échiquier géopolitique en pleine recomposition, l’Allemagne et le Brésil veulent renforcer leur partenariat stratégique.
« Dans un monde de plus en plus difficile, le Brésil est un partenaire clé avec lequel nous souhaitons approfondir les coopérations existantes et en nouer de nouvelles », a justifié le chancelier Merz. « Nous partageons un intérêt fondamental pour un ordre politique fondé sur la confiance dans les engagements, sur la fiabilité des accords, sur la capacité à contribuer ensemble à la résolution des défis mondiaux et, surtout, sur la volonté de ne régler les conflits que par des moyens pacifiques. »
Potentiel économique
Cette coopération renforcée vise à exploiter le potentiel de développement économique qu’offrent les relations bilatérales. Le commerce et les terres rares sont au cœur des projets communs.
L’Allemagne et le Brésil veulent ainsi doubler le volume de leurs échanges commerciaux (21 milliards d’euros en 2025) dans les prochaines années. Le Brésil offre des débouchés majeurs pour l’industrie allemande, notamment dans les machines-outils, la chimie et l’automobile, a souligné Friedrich Merz. Les 1 300 entreprises allemandes implantées sur place sont à l’origine d’environ 10 % de la création de valeur industrielle du pays. Réciproquement, l’Allemagne offre des débouchés importants au Brésil dans le domaine des matières premières et des produits agricoles.
De nouveaux marchés pour l’Europe
Dans cette perspective, le chancelier Merz et le président Lula se sont félicités de l’entrée en application provisoire de l’accord de libre-échange entre l’Union européenne (UE) et les pays du MERCOSUR (Argentine, Brésil, Paraguay, Uruguay) à partir du 1er mai. « Avec cet accord, c’est l’une des plus vastes zones de libre-échange qui se dessine, forte de plus de 700 millions de consommateurs et d’un produit intérieur brut (PIB) cumulé » qui représente « environ un cinquième de la richesse mondiale », a souligné le chancelier.
Sécuriser les ressources nécessaires à la transition énergétique
Par ailleurs, à l’heure où de nombreux pays veulent diversifier leurs chaînes d’approvisionnement et réduire leurs dépendances économiques, notamment envers l’Asie, l’Allemagne et le Brésil vont étendre leurs échanges dans le domaine des terres rares.
Le Brésil possède des réserves abondantes de ces matières premières essentielles à la fabrication des ordinateurs, téléphones portables et moteurs électriques. Il s’agirait des « deuxièmes au monde selon des estimations », a relevé M. Merz. Le Brésil détient en outre 90 % des réserves de niobium, un élément stratégique pour la fabrication de cellules photovoltaïques et l’extraction à moindre coût de métaux nécessaires à l’électromobilité et aux éoliennes. L’Allemagne souhaite accroître ses importations de terres rares brésiliennes. Le Brésil bénéficierait, de son côté, de transferts de technologies.
Au-delà, Berlin et Brasilia ont l’intention de renforcer leur partenariat dans plusieurs domaines allant de l’agriculture à l’intelligence artificielle en passant par la recherche et développement, les technologies propres et l’énergie. À l’heure où l’énergie se renchérit, le chancelier Merz a loué le positionnement pionnier du Brésil en matière de production et d’utilisation des biocarburants. Il a évoqué une ouverture technologique importante pour l’Europe.
A.L.