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L’Allemagne va acheter des missiles de croisière Tomahawk

Déclaration gouvernementale du chancelier Friedrich Merz, jeudi 9 juillet, devant le Bundestag

Déclaration gouvernementale du chancelier Friedrich Merz, jeudi 9 juillet, devant le Bundestag © picture alliance/dpa | Bernd von Jutrczenka

10.07.2026 - Article

Dans une déclaration gouvernementale devant le Bundestag, le chancelier Friedrich Merz a annoncé un accord avec les États-Unis sur l’achat de missiles de croisière Tomahawk. Il a, par ailleurs, défendu sa politique de réformes pour moderniser l’Allemagne.

Face à la menace russe, le gouvernement allemand va acheter des missiles de croisière américains Tomahawk et les stationner en Allemagne. Un accord a été trouvé avec les États-Unis en marge du sommet de l’OTAN, cette semaine, à Ankara, a annoncé jeudi devant le Bundestag le chancelier Friedrich Merz.

« Nous comblons ainsi une importante lacune stratégique dans notre défense », a-t-il argué. « Nous allons en même temps continuer de travailler au développement de nos propres systèmes européens et à les stationner en Europe. »

De nombreux experts recommandent, depuis le début de la guerre en Ukraine, le déploiement de missiles à moyenne portée en Allemagne. L’Europe est dépendante des États-Unis en la matière car elle ne dispose pas de ce type de missiles pouvant être tirés depuis le sol. Les missiles allemands Taurus ne peuvent être lancés que depuis les airs.

Un agenda de réforme d’une « ampleur exceptionnelle »

La majeure partie de la déclaration concernait toutefois la situation en Allemagne. Friedrich Merz a défendu l’agenda de réformes « d’une ampleur exceptionnelle » qu’il a engagé depuis un an avec son gouvernement, de la santé aux retraites en passant par la fiscalité, la réduction de la bureaucratie et le marché du travail.

« Nous en sommes tous convaincus, aujourd'hui le centre politique doit montrer qu'il est capable de façonner notre pays, de le moderniser et de le conduire vers l'avenir », a-t-il affirmé.

Selon le chancelier, « le centre est au travail ». Par exemple, l’exonération fiscale pour les retraités qui poursuivent une activité salariée (« retraite active ») a profité à plus de 10 000 salariés en six mois.

À l’inverse, « les partis radicaux, de droite comme de gauche », en progression dans les sondages, proposent de fausses réponses, a mis en garde le chancelier. « Ces partis peuvent sembler séduisants, mais ils ne construisent pas, ils détruisent, ils divisent notre pays et ils nous conduiraient à la catastrophe s’ils parvenaient aux responsabilités ».

Equité entre les générations et justice sociale

Concernant l’avenir du système de retraites, l’enjeu est de « redéfinir de manière équitable l'équilibre entre les générations et de mettre également à profit les possibilités offertes par les marchés financiers », a-t-il expliqué. L'objectif est d'inverser deux tendances de fond. D’une part, à terme, le taux de cotisation du régime par répartition ne devra plus augmenter, mais diminuer. De l’autre, le niveau des pensions ne devra plus baisser, mais progresser.

En matière d'impôt sur le revenu, il s’agit d’alléger la charge fiscale pesant sur les revenus modestes et moyens et sur les familles, en mettant davantage à contribution les très hauts revenus. C’est « une contribution à la justice sociale dans notre pays », a justifié M. Merz. Des propositions seront également avancées à l’automne pour simplifier le droit fiscal.

Des réformes pour un renouveau

Pour redynamiser l’économie et le marché du travail, la coalition prévoit des coupes franches dans les contraintes bureaucratiques imposées aux entreprises, dont la suppression de toutes les obligations de déclaration qui ne sont pas dûment justifiées. Afin de réduire les freins à l’embauche, elle entend, par ailleurs, autoriser la signature de contrats de travail à durée déterminée sans motif objectif pour une durée deux fois plus longue qu’aujourd’hui.

« Nous sommes un pays fort, sur le plan économique, politique et aussi sociétal », a résumé Friedrich Merz. Actuellement, des « signes encourageants » remontent de l’économie : inauguration par Infineon à Dresde de l’une des plus grandes usines de puces électroniques au monde, création de 3 000 start-up en six mois, presqu’autant qu’en 2025, hausse de la production industrielle. Il reste à transformer l’essai.
A.L.

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