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L’OTAN reçoit le Prix de la paix de Westphalie
Le Prix de la paix de Westphalie récompense cette année l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN). © picture alliance/dpa | Fabian Strauch
L’OTAN a reçu hier à Münster le Prix de la paix de Westphalie. Le chancelier Friedrich Merz a souligné dans son éloge sa contribution à la sécurité et à la paix dans l’espace euroatlantique, notamment à l’heure de la guerre en Ukraine.
Le Prix de la paix de Westphalie récompense cette année l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN). Il a été remis hier à l’hôtel de ville de Münster (Rhénanie-du-Nord-Westphalie) à son secrétaire général, Mark Rutte, en présence du chancelier Friedrich Merz, qui a prononcé l’éloge. Les deux hommes ont souligné la contribution de l’Alliance atlantique à la paix et à la sécurité collective depuis plus de 75 ans, en particulier dans le contexte de la guerre en Ukraine.
« Que le prix de la paix de Westphalie soit décerné à une alliance militaire en a surpris plus d’un », a d’abord observé M. Merz. Avant d’expliquer : la paix de Westphalie a mis fin en 1648 à la Guerre de Trente Ans, une « guerre d’une ampleur encore jamais connue en Europe ». Cette paix « a jeté les bases d’un nouvel ordre européen » dont les principes fondamentaux sont, « avec les mots d’aujourd’hui : l’égalité souveraine des États, la primauté du droit, l’interdiction de modifier les frontières par la force et le principe de sécurité collective. »
L’OTAN au service de la paix depuis 1949
L’OTAN s’inscrit dans cette tradition, a fait valoir le chancelier. « Alliance de liberté », elle défend depuis sa création en 1949 la dignité et la liberté de l’individu dans les démocraties. « Elle protège notre sécurité et notre prospérité. Elle sert la paix. »
Or, « aujourd’hui, l’ordre de paix européen (…) est profondément remis en cause », a mis en garde Friedrich Merz. « C’est notre liberté qui est en jeu (…). » Et la menace « la plus immédiate » qui pèse sur notre paix et sur notre sécurité est « le révisionnisme violent et expansionniste de la Russie. »
En Ukraine, « c’est notre liberté qui est en jeu »
« Cette menace n’a rien d’abstrait », a-t-il plaidé. La guerre d’agression menée par la Russie en Ukraine, en violation brutale de tous les principes du droit international, est déjà responsable de plus d’un million de morts. Elle nous concerne directement : « en Ukraine, c’est aussi la sécurité de l’Europe, notre propre sécurité qui est en jeu. »
Réaffirmant l’importance du soutien à l’Ukraine, dont l’Allemagne est aujourd’hui le premier pilier, Friedrich Merz a appelé l’Allemagne et l’Europe à l’unité. Si l’Europe tient, l’Ukraine tiendra. « Nous ne nous laisserons pas détourner de notre cap par les attaques hybrides de Moscou, comme celle menée à Leipzig » en d’août dernier, a-t-il ajouté. Car « si nous échouons à arrêter Moscou, la machine de guerre russe se tournera tôt ou tard contre nous, contre l’OTAN elle-même. »
Aux critiques qui font valoir que l’aide à l’Ukraine s’opère au détriment de la prospérité de l’Allemagne, le chancelier a répondu : « notre soutien à l’Ukraine n’est pas une fin en soi. Nous apportons cette aide avant tout pour préserver la liberté et la sécurité de nos concitoyens. Car la liberté et la sécurité sont les conditions mêmes de notre prospérité. »
Quant aux efforts diplomatiques, le chancelier fait le constat suivant : les propositions de dialogue adressées à Moscou ces dernières années « sont restées sans réponse ». La Russie n’est « pas disposée » à mettre fin à sa guerre d’agression et à renouer avec l’ordre européen. En revanche, « le langage de la fermeté, lui, semble compris » au Kremlin.
« Notre soutien à Kyiv et la pression que nous exerçons sur Moscou n’ont pas pour but de prolonger la guerre », a conclu Friedrich Merz. « Nous ne voulons ni humilier le peuple russe ni déstabiliser l’État russe. Mais la Russie doit mettre fin à la guerre et cesser ses attaques hybrides contre l’Europe. Notre soutien à l’Ukraine est précisément ce qui permet de créer les conditions nécessaires à l’ouverture de véritables négociations de paix avec Moscou. »
Mark Rutte : « être assez forts pour que personne ne nous agresse »
« Pour rester en sécurité, nous devons nous assurer que nous sommes assez forts pour que personne ne nous agresse », a résumé, de son côté, le secrétaire général de l’OTAN dans une interview. « Le combat de l’Ukraine est notre combat. Nous ne pouvons pas accepter qu’un pays en envahisse un autre et le colonise. Telle n’est pas l’Europe dans laquelle vous et moi avons envie de vivre. »
A.L.