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Pour le chancelier allemand, l’Europe peut être une puissance sur la scène mondiale

Déclaration gouvernementale du chancelier Friedrich Merz, jeudi 29 janvier, au Bundestag.

Déclaration gouvernementale du chancelier Friedrich Merz, jeudi 29 janvier, au Bundestag. © picture alliance/dpa | Bernd von Jutrczenka

30.01.2026 - Article

Grâce à sa fiabilité et à ses valeurs, l’Europe peut attirer de nouveaux partenaires et de nouvelles alliances. C’est ce qu’a affirmé le chancelier fédéral Friedrich Merz dans une déclaration de politique générale à l’occasion du Conseil européen informel qui s’est tenu la semaine dernière.

« Ces derniers temps, nous assistons à une transformation politique fulgurante de notre présent », a souligné le chancelier fédéral Friedrich Merz dans une déclaration de politique générale à l’occasion du Conseil européen informel du 22 janvier, avant d’ajouter que cette nouvelle donne offrait également des opportunités inédites à un partenaire fiable tel que l’Europe. En effet, M. Merz juge notre continent bien placé pour savoir ce qu’il est possible d’accomplir grâce à la coopération.

« La semaine dernière, nous avons montré que nous, dans l’Union européenne, sommes capables d’agir très rapidement lorsque c’est nécessaire », s’est-il félicité. Selon lui, nous avons répondu d’une seule voix et avec détermination aux menaces sur les droits de douane, et cela a payé. C’est donc avec la même détermination que nous devons à présent accomplir les tâches qui nous incombent en Europe, a indiqué le chancelier, citant parmi elles l’amélioration de la compétitivité et de la capacité de défense de l’Europe.

Dans sa déclaration, Friedrich Merz a notamment abordé le lien transatlantique et l’OTAN, insistant sur l’importance particulière des relations tissées avec les États-Unis.

Cette alliance fondée sur la confiance ne saurait être remise en question à la légère et l’Europe tendra toujours aux États-Unis « la main de la coopération », a précisé le chancelier, rappelant qu’en Afghanistan, les États-Unis ont pu compter sur le soutien de soldats allemands pendant plus de 20 ans dans le cadre de la mission de l’OTAN : « Nous ne tolérerons pas que cet engagement soit aujourd’hui méprisé », a prévenu M. Merz. La confiance dans l’alliance a grandi au fil du temps et à ses yeux, l’OTAN reste aujourd’hui encore « la meilleure garantie pour assurer la liberté, la paix et la sécurité ». Les Européens ont de ce fait pour objectif de la préserver et de la renforcer dans et en dehors de leurs frontières.

Le chancelier allemand a également évoqué l’ordre international fondé sur des règles et sur de nouveaux partenariats commerciaux.

L’Allemagne s’engage en faveur de nouveaux partenariats, guidée en cela par un principe : « En tant que démocraties, nous sommes des partenaires et des alliés, pas des vassaux. » Le libre-échange ainsi que l’absence ou un faible niveau de droits de douane constituent le fondement de la prospérité et de la sécurité. C’est pourquoi le chancelier a réclamé que l’accord avec le Mercosur soit enfin conclu et a réaffirmé son soutien à l’accord commercial entre l’UE et l’Inde.

Le contexte actuel ne signe pas la fin des actions et des échanges commerciaux régis par des règles : selon Friedrich Merz, de plus en plus de pays considèrent le bouleversement actuel de l’ordre mondial également comme une chance et veulent faire primer le commerce libre et équitable sur l’arbitraire. Ainsi, le gouvernement allemand soutient expressément l’Organisation mondiale du commerce dans son action pour favoriser des échanges commerciaux ouverts et équitables dans le monde.

Concernant le renforcement de la compétitivité de l’UE, le chancelier estime que l’Union européenne doit agir pour rendre son économie à nouveau concurrentielle et réduire l’écart avec les États-Unis et la Chine en matière de croissance, la compétitivité étant un aspect essentiel des souverainetés allemande et européenne. M. Merz a ainsi pris l’initiative de réunir les chefs d’État et de gouvernement européens en Belgique le 12 février prochain afin d’aborder cet enjeu crucial. Dans cette perspective, il s’est accordé avec la présidente du Conseil italien Giorgia Meloni sur des propositions destinées à réduire la bureaucratie et à poursuivre l’intégration du marché intérieur.

La rencontre prévue en Belgique visera également à déterminer quels règlements européens peuvent être simplifiés. Si le chancelier allemand reconnaît que quelques réformes seront encore nécessaires avant d’y parvenir, il se réjouit néanmoins de constater que la volonté d’agir est enfin présente.

M. Merz s’est par ailleurs exprimé sur la nécessité d’engager des réformes en Allemagne, soulignant la volonté du gouvernement fédéral « d’amender le terreau du pays », afin de le rendre fertile « pour de nombreuses années et décennies ». Le chancelier estime que les jalons posés l’année dernière commencent à porter leurs fruits et note une activité accrue en matière d’innovation. Mais il faudra selon lui réformer également les systèmes de protection sociale. À ce propos, il a cité une vaste réforme du système d’assurance retraite qui doit être adoptée cette année, se déclarant confiant dans les chances de réussir à mettre en œuvre un projet similaire dans les domaines de la santé et des soins.

Le chancelier allemand a enfin affirmé croire dans la possibilité d’une politique créative.

Selon lui, l’Allemagne et l’Europe ont en effet encore de nombreuses cartes à jouer. Toutes deux possèdent à ses yeux de telles ressources qu’elles sont tout à fait capables de tirer leur épingle du jeu, malgré les difficultés du contexte mondial actuel : « C’est toujours dans l’épreuve et dans les situations de crise que l’Europe a progressé », a rappelé M. Merz, et si nous sommes certes soumis à une pression considérable, cette pression peut aussi déboucher sur des résultats positifs.

© Gouvernement fédéral

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