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Friedrich Merz : l’Europe, garantie de l’avenir
Déclaration gouvernementale du chancelier Friedrich Merz mercredi 18 mars au Bundestag. © picture alliance/dpa | Carsten Koall
Défense, énergie, compétitivité : le chancelier Friedrich Merz a appelé l’Europe cette semaine à s’affirmer dans un monde de plus en plus dominé par les grandes puissances. La compétitivité et les crises internationales ont été au centre du Conseil européen.
L’Europe ne doit « plus se sous-estimer ». Elle doit définir plus clairement ses intérêts. C’est ce qu’a affirmé le chancelier Friedrich Merz dans une déclaration gouvernementale au Bundestag, prononcée mercredi à la veille du Conseil européen. Il a exhorté l’Europe à s’affirmer dans un monde dominé par les grandes puissances, qui limitent les marges de manœuvre des autres acteurs.
Friedrich Merz a décrit l’unité européenne comme « la principale garantie » pour l’avenir du continent. Les États membres de l’Union européenne (UE) ne réuniront qu’ensemble le potentiel de pouvoir nécessaire pour assurer le respect des règles, l’équité et la stabilité dans le monde, a-t-il expliqué.
« Il s'agit désormais pour l'Europe de s'affirmer dans un monde qui s'avère de plus en plus difficile, mais aussi de veiller à ce que nous puissions rester dans la course, tant en matière de capacités de défense que d'approvisionnement », a-t-il renchéri à son arrivée à Bruxelles.
Un agenda pour relancer la compétitivité européenne
Avoir « une économie forte » en est une condition essentielle. La relance de la compétitivité européenne figurait jeudi en tête de l’agenda du conseil européen. Friedrich Merz a défendu »l’agenda ambitieux« à l’ordre du jour. Avec ses 26 homologues, il a donné le coup d’envoi officiel du programme »One Europe, One Market« .
Au centre de ce paquet de mesures figurent la création d'entreprises en ligne dans l'UE en 48 heures, le partage des données entre les registres du commerce, autorités fiscales et organismes de sécurité sociale nationaux, un outil de gestion numérique européen (« European Business Wallet »), la réduction de 25 % de la bureaucratie ou encore la reconnaissance des qualifications. Le programme crée également un système de déclaration visant à offrir aux entreprises de services des conditions compétitives, afin de limiter les délocalisations vers les États-Unis et la Chine.
Pour consolider l’indépendance stratégique européenne, l’Allemagne plaide, en outre, pour une politique commerciale plus active. Elle plaide pour de nouveaux accords de libre-échange, le renforcement de partenariats et la stabilité des relations commerciales.
Proche Orient
Friedrich Merz aspire, par ailleurs, à ce que l’Europe s’affirme sur la scène internationale. Les crises ont occupé une large place dans les discussions des chefs d’État et de gouvernement européens. Les 27 ont exhorté l’Iran à cesser ses attaques visant les navires transitant par le détroit d’Ormuz et les installations pétrolières des pays du Golfe persique - une menace pour l’économie mondiale. Ils prévoient également des mesures pour alléger la facture des ménages et des entreprises en cas d’escalade des prix.
Dans une déclaration conjointe publiée avec la France, la Grande-Bretagne, l’Italie, les Pays-Bas et le Japon, l’Allemagne s’est déclarée prête à intervenir pour assurer la sécurité de la navigation dans le détroit d’Ormuz. Le chancelier y a posé une condition : que les hostilités cessent au préalable.
« Cela n’exclut pas que nous employons des moyens diplomatiques pour obtenir une fin rapide de la guerre, et c’est ce que nous faisons », a précisé Friedrich Merz devant le Bundestag. L’Europe a un intérêt majeur à voir cette guerre se terminer. Une escalade, ou la chute du régime iranien aurait des conséquences massives sur le plan de la sécurité, de l’approvisionnement énergétique et sur le plan migratoire.
Enfin, l’Ukraine était également une priorité dans les discussions du Conseil européen. Friedrich Merz souhaite que les États-Unis et l’Europe « unissent leurs forces » pour parvenir à une paix juste. Il appelle à ce que l’Europe soit à la table de négociations de paix à venir.
Dans cette perspective, le chancelier a appelé à accroître la pression sur Moscou. L’Ukraine est disposée à négocier tandis que la Russie minait systématiquement les efforts de paix et poursuivait son offensive sur les infrastructures civiles, a-t-il rappelé.
Dans ce contexte, le chancelier a fustigé « l’acte flagrant de déloyauté » inédit posé par le Premier ministre hongrois, Viktor Orban, qui a opposé son veto à Bruxelles à l’octroi d’un prêt de 90 milliards d’euros essentiel à l’Ukraine. L’UE avait acté ce prêt en décembre dernier, y compris avec l’aval de la Hongrie.
A.L.