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L’Ukraine, le Proche-Orient et le Soudan au cœur des discussions du Conseil des affaires étrangères de l’UE à Luxembourg
Lieu de réunion du Conseil des affaires étrangères à Luxembourg. © Felix Zahn/photothek.net
Le ministre des Affaires étrangères Johann Wadephul se rend aujourd’hui à Luxembourg pour assister au Conseil des affaires étrangères. Au programme : guerre d’agression russe contre l’Ukraine, situation au Proche et au Moyen-Orient ainsi qu’au Soudan et développements dans le Caucase du Sud.
Guerre d’agression de la Russie contre l’Ukraine : surmonter les blocages
L’Ukraine se défend contre l’agression russe depuis maintenant plus de quatre ans. Au vu de la situation toujours tendue, l’Union européenne doit maintenir résolument son soutien à l’Ukraine et continuer à renforcer celui-ci. Cet appui figure donc également tout en haut de l’ordre du jour de la réunion d’aujourd’hui à Luxembourg. Le chef de la diplomatie ukrainienne Andrii Sybiha participera en visioconférence au début des discussions afin de faire le point sur la situation actuelle.
La réunion d’aujourd’hui portera en grande partie sur la manière de surmonter les blocages existants. Les résultats du scrutin de la semaine dernière à Budapest représentent désormais une opportunité pour faire enfin avancer l’aide promise à l’Ukraine le plus rapidement possible, ce de manière unie en tant qu’UE. Cela inclut notamment la mise en œuvre du crédit de 90 milliards d’euros, l’adoption du 20e paquet de sanctions contre la Russie et des progrès en ce qui concerne les négociations d’adhésion à l’UE de l’Ukraine. Même si aucune décision formelle ne sera prise aujourd’hui à ce sujet, l’Allemagne s’engage pour que cela soit mis en œuvre dès que possible, c’est-à-dire avant même que n’ait lieu le changement de gouvernement à Budapest.
Les consultations intergouvernementales germano-ukrainiennes qui se sont déroulées la semaine dernière ont, par ailleurs, une nouvelle fois souligné à quel point l’Ukraine nécessitait une aide. Par conséquent, outre des instruments européens tels que le prêt de soutien à l’Ukraine, l’aide bilatérale fournie par les États membres reste décisive, en particulier sur le plan militaire. L’Allemagne fournira à l’Ukraine, entre autres, d’autres systèmes Patriot et plaide auprès de ses partenaires en faveur de contributions supplémentaires, y compris dans le cadre de l’initiative de défense aérienne.
Il convient dans le même temps de maintenir à un niveau élevé et de manière conséquente la pression sur la Russie et d’adopter le plus vite possible le 20e paquet de sanctions. Il importe également que la Russie ne profite pas, sur le plan économique, des conflits actuels dans d’autres régions, notamment au Proche et au Moyen-Orient.
Situation au Proche et au Moyen-Orient : retrouver la stabilité
Le Conseil des affaires étrangères de l’UE d’aujourd’hui se penchera également de près sur la situation au Proche-Orient et dans la région du Golfe. En plus de la guerre en Iran, il y sera essentiellement question des relations économiques avec la Syrie et de la situation dans les territoires palestiniens ainsi qu’au Liban.
Concernant l’Iran, l’Allemagne continue d’œuvrer en faveur d’une solution diplomatique. En effet, le conflit a de graves répercussions sur le monde entier, notamment en raison de l’importance stratégique du détroit d’Ormuz pour le commerce mondial, l’approvisionnement mondial en énergie et les chaînes d’approvisionnement humanitaire. Les États-Unis ont invité au dialogue et des efforts intenses sont déployés par des États tiers pour que de nouvelles discussions aient lieu. Nous, Européens, appelons ensemble instamment l’Iran à accepter cette proposition de dialogue. Nous demandons à l’Iran de rétablir immédiatement une navigation libre et sûre dans le détroit d’Ormuz. À cet égard, il demeure indispensable de se concerter étroitement avec les États du Golfe, qui sont également des riverains de cette voie navigable.
Pour ce qui est de la Syrie, nous voulons faire avancer la mise en œuvre de mesures au niveau de l’UE pour permettre des échanges et des investissements. La reprise économique est en effet une condition sine qua non pour un processus de transition réussi qui ouvrira la voie à une Syrie stable et sûre.
S’agissant d’Israël et des territoires palestiniens, l’approche de l’Allemagne est claire : nous nous opposons sans ambiguïté à l’implantation de colonies israéliennes en Cisjordanie. Celle-ci fait en effet obstacle à une solution à deux États et constitue une étape vers une annexion de facto de la Cisjordanie. Dans le même temps, et aussi précisément pour cette raison, il reste important que nous maintenions le dialogue avec Israël et que nous trouvions des moyens de remettre à l’ordre du jour les efforts vers une solution à deux États.
Au Liban, le cessez-le-feu et les discussions directes entre le Liban et Israël, les premières depuis des décennies, donnent des raisons d’espérer. L’Allemagne et l’Europe encouragent les deux parties à rester sur la voie de la diplomatie afin de parvenir à des accords viables permettant de protéger les civils des deux côtés. Lors du Conseil des affaires étrangères, le chef de la diplomatie allemande Johann Wadephul rencontrera également le premier ministre libanais Nawaf Salam afin de discuter avec lui de la situation dans le pays et la région.
Soudan : point sur l’aide humanitaire et sur le processus politique
Trois ans après le début de la guerre civile, la situation humanitaire au Soudan demeure dramatique. Le Conseil d’aujourd’hui fera suite à la Conférence internationale pour le Soudan qui s’est tenue à Berlin le 15 avril dernier, lors de laquelle plus de 1,5 milliards d’euros d’aide humanitaire avaient été mobilisés. Parmi les engagements pris, la moitié venaient de l’UE et de ses États-membres. À elle seule, l’Allemagne fournit une aide humanitaire à hauteur de 232 millions d’euros pour le Soudan et les pays voisins concernés.
Le ministre des Affaires étrangères allemand informera aujourd’hui ses homologues européens des résultats de la conférence, l’objectif étant de continuer à coordonner l’aide internationale et de réaliser des progrès concrets pour la population.
La protection des infrastructures critiques au Soudan constituera un autre sujet prioritaire. L’Allemagne plaide pour que les accords correspondants soient signés rapidement, accords qui ont été négociés sous la médiation de la représentante spéciale de l’UE Annette Weber et sur lesquels doivent reposer des accords entre l’UE et les parties en conflit qui contribueront de manière importante à protéger la population civile.