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Friedrich Merz : « Nous devons investir là où se joue l’avenir de l’Europe »

Déclaration gouvernementale du chancelier Friedrich Merz.

Déclaration gouvernementale du chancelier Friedrich Merz. © picture alliance /dpa/Michael Kappeler

16.10.2026 - Article

À l’heure où le débat sur le prochain budget européen (2028-2034) entre « dans sa phase décisive », le chancelier Friedrich Merz appelle l’Europe à définir des priorités claires et adaptées aux défis contemporains.

« Ambitieux » ou « frugaux » : plusieurs approches se côtoient parmi les 27 pays de l’Union européenne (UE) à l’heure d’aborder le débat sur le budget européen (Cadre financier pluriannuel) pour la période 2028-2034. Le sujet était à l’ordre du jour du Conseil européen en cette fin de semaine à Bruxelles. En Allemagne, le chancelier Friedrich Merz défend un projet plus restrictif que les propositions actuellement sur la table. Dans une déclaration gouvernementale, cette semaine, à Berlin, il a souligné l’importance pour l’Europe de se fixer des priorités claires.

« Sécurité » et « compétitivité »

Le débat budgétaire européen entre « dans sa phase décisive », a-t-il exposé. « Je suis déterminé à ce que nous le menions à bien avant la fin de cette année ».

La proposition initiale présentée par la Commission européenne prévoit une enveloppe de 1985 milliards d’euros. La présidence irlandaise du Conseil européen ramené ce montant à 1825 milliards d’euros.

Les moyens disponibles sont « limités », a toutefois fait valoir M. Merz, qui juge ces montants trop élevés. « Nous n’aurons fait d’autre choix que réduire à nouveau dans tous les domaines les moyens prévus dans le projet actuel. »

Le chancelier appelle les pays membres de l’UE « à définir plus clairement les bonnes priorités ». « Nous devons investir là où se joue l’avenir de l’Europe : dans notre sécurité et dans notre compétitivité », a-t-il plaidé.

Réduire la bureaucratie, achever le marché intérieur

Dans cette perspective, il appelle l’UE à mieux utiliser son marché intérieur, qui recèle un « inestimable potentiel de croissance ». Il identifie trois priorités.

Premièrement, la réduction de la bureaucratie européenne doit permettre à l’Europe d’investir davantage, notamment dans l’intelligence artificielle, la décarbonation et la défense. Il n’y a « pas de temps à perdre », a-t-il plaidé. « Dès à présent, il faut suspendre à titre provisoire toutes les règles qui empêchent d’investir rapidement ».

Deuxièmement, Friedrich Merz appelle à achever le marché intérieur. Il a cité l’exemple du 28e régime en droit des sociétés, un nouveau statut européen unique et optionnel pour les entreprises actuellement en cours d’élaboration. Il permettrait aux sociétés, en particulier aux start-ups, d’opérer dans toute l’UE sans relever de 27 législations différentes.

Conclure de nouveaux partenariats

Troisièmement, le chancelier exhorte l’UE à poursuivre la conclusion d’accords commerciaux, comme elle l’a fait récemment avec l’Amérique latine, l’Inde ou la région indopacifique. « Travaillons à développer un réseau de partenaires global, fort et résilient qui nous offre de nouveaux débouchés, renforce la sécurité de nos approvisionnements en matières premières et nous rende moins vulnérables aux problèmes de livraison et aux crises géopolitiques », a-t-il déclaré.

Selon lui, il s’agit là d’un défi « clé ». Car « les infrastructures géoéconomiques et l’ordre géopolitique du 21e siècle sont probablement en train d’émerger ces mois-ci, ces années-ci », a-t-il dit. « À nos partenaires à travers le monde, nous avons des choses à offrir en tant qu’Européens, à savoir des partenariats au sens propre : fiables, sur un pied d’égalité et ayant un bénéfice réciproque sur la base de valeurs et de règles communes, partagées et valables ».

Une réponse ferme aux pratiques commerciales déloyales

Dans ce cadre, Friedrich Merz l’a souligné : l’UE doit aussi « apporter une réponse européenne ferme au déséquilibre croissant des échanges mondiaux et aux pratiques commerciales déloyales d’autres États ».

Il y a quelques jours, le chancelier a envoyé avec le président franҫais, Emmanuel Macron, une lettre commune à la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. Ensemble, ils demandent la mise en place de nouveaux outils de défense commerciale au niveau de l’UE. Ils proposent notamment que l’UE dispose d’un instrument de riposte direct lui permettant d'exclure très rapidement du marché intérieur les biens et services d'un pays tiers menant une guerre commerciale ou faussant les règles de la concurrence.

A.L.

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