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Mesures du gouvernement fédéral contre la hausse des prix du carburant

En interdisant aux stations-service d’augmenter le prix du carburant plus d’une fois par jour, le gouvernement fédéral veut limiter la hausse consécutive au conflit en Iran.

En interdisant aux stations-service d’augmenter le prix du carburant plus d’une fois par jour, le gouvernement fédéral veut limiter la hausse consécutive au conflit en Iran. © picture alliance / SvenSimon | Frank Hoermann / SVEN SIMON

18.03.2026 - Article

Bientôt, les stations-service ne pourront plus augmenter les prix du carburant plusieurs fois par jour. C’est ce qu’a décidé le gouvernement fédéral dans le cadre d’un train de mesures qu’il vient de prendre afin de faire face à la hausse des prix du carburant.

Pour beaucoup, la forte hausse des prix du carburant consécutive au conflit en Iran et au Proche-Orient est une source de préoccupation majeure. Le gouvernement fédéral a donc mis en place un train de mesures afin de faire face aux multiples hausses des prix du carburant à la pompe.

Ce train de mesures poursuit trois axes principaux : une nouvelle loi sur l’ajustement des prix des carburants ainsi que deux amendements apportés à la loi contre les restrictions de concurrence afin d’intervenir plus efficacement contre les hausses abusives des prix des carburants.

Les groupes parlementaires de la coalition veulent soumettre directement le train de mesures au Bundestag. Dans la mesure du possible, les nouvelles dispositions devraient être mises en œuvre avant Pâques.

À partir de quand les stations-service ne pourront-elles plus augmenter les prix de l’essence et du diesel plusieurs fois par jour ?

En Allemagne, les stations-service ne seront bientôt autorisées à augmenter les prix des carburants qu’une seule fois par jour, à midi. Les baisses de prix, quant à elles, resteront possibles à tout moment. Le gouvernement fédéral s’est inspiré du modèle mis en place il y a 15 ans en Autriche. La nouvelle loi sur l’ajustement des prix des carburants offre une garantie de fiabilité et de transparence des prix pratiqués par les stations-service.

Actuellement, les prix des carburants peuvent changer jusqu’à 22 fois par jour, ce qui rend la situation très opaque pour les automobilistes, parmi lesquels ceux qui utilisent leur véhicule pour aller travailler. Les stations-services qui ne respectent pas l’interdiction d’augmenter les prix plusieurs fois par jour seront passibles d’amendes pouvant aller jusqu’à 100 000 euros.

L’objectif de cette interdiction est de contrer l’effet, observé par l’Office fédéral des ententes, de flambées immédiates des prix suivies de baisses très graduelles.  Jusqu’ici, la hausse du cours du pétrole brut entraînait rapidement une flambée des carburants, alors que la baisse mettait beaucoup plus de temps à se répercuter sur les prix. Le gouvernement fédéral prévoit d’évaluer l’efficacité et les impacts concrets de la mesure au bout de six mois.

La lutte contre les hausses de prix abusives sera-t-elle renforcée à l’avenir ?

Oui, dans le secteur des carburants, le gouvernement fédéral veut renforcer le contrôle des pratiques abusives relevant du droit de la concurrence. À l’avenir, dès lors qu’il existe des signes de prix anormalement élevés dans le secteur des carburants, l’Office fédéral des ententes doit pouvoir intervenir plus facilement contre les entreprises dominantes ou puissantes. Il s’agit notamment d’éviter des prix excessifs par rapport aux stations-service indépendantes.

En cas de suspicion de prix abusivement élevés du carburant, les entreprises devront démontrer que les augmentations sont justifiées. Des contrôles plus stricts des coûts et des prix sont indispensables à toute stabilisation.

En outre, l’Office fédéral des ententes devrait à l’avenir pouvoir détecter plus facilement les distorsions structurelles de concurrence et ainsi les corriger plus rapidement.

Si l’Allemagne débloque ses réserves stratégiques, lui restera-t-il suffisamment de pétrole ?

En raison du conflit en Iran et au Proche-Orient et de l’interruption de la circulation maritime dans le détroit d’Ormuz, le prix du pétrole a augmenté d’environ 30 % sur le marché mondial, mettant de nombreux pays sous pression. C’est notamment le cas des partenaires de l’Allemagne en Asie, tels que le Japon et la Corée du Sud, dont l’approvisionnement en pétrole brut dépend largement de la région. L’Allemagne n’importe qu’une faible partie de son pétrole du Proche-Orient (voir ci-dessous).

L’Agence internationale de l’énergie, l’AIE, a donc demandé à ses États membres de débloquer 400 millions de barils (soit plus de 54 millions de tonnes) de pétrole contenu dans leurs réserves stratégiques. Ce déblocage est un signal important lancé au marché mondial : il n’y a pas de pénurie de pétrole. L’objectif est d’apaiser les tensions actuelles sur le marché et d’enrayer ainsi la hausse des prix à l’international.

Pour ce faire, l’Allemagne est prête à apporter une contribution solidaire et à débloquer une partie de ses réserves. L’Allemagne dispose d’une réserve stratégique d’environ 90 jours, qui représente l’équivalent de 19,5 millions de tonnes de pétrole brut et de produits pétroliers. Le déblocage ne doit concerner que 2,6 millions de tonnes mais cela ne signifie pas pour autant qu’il faudra nécessairement y recourir. Dans tous les cas, en Allemagne, l’approvisionnement en diesel, en essence et en fioul reste garanti.

D’où viennent les carburants utilisés en Allemagne ?

Seuls 6 % environ du pétrole brut utilisé en Allemagne proviennent du Proche-Orient. Le pétrole brut est principalement importé de Norvège, des États-Unis, de Libye, du Kazakhstan et du Royaume-Uni. Les produits pétroliers tels que l’essence et le diesel sont essentiellement transformés en Allemagne à partir de pétrole brut importé, notamment des Pays-Bas, des États-Unis, de Norvège et de Belgique.

© Gouvernement fédéral

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