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Les conséquences de la guerre en Iran pèsent sur la croissance allemande
Les instituts d’analyse économique ont révisé à la baisse leurs prévisions de croissance pour 2026. Mais l’économie allemande reste dans une dynamique de reprise © picture alliance/dpa | Hauke-Christian Dittrich
Après plusieurs années de marasme, l’économie allemande s’inscrit dans une dynamique de reprise. Mais le choc pétrolier engendré par la guerre au Moyen Orient pèse sur la croissance, notent les instituts d’étude de la conjoncture dans leur rapport semestriel
Un mois après le début de la guerre en Iran, les cinq principaux instituts d’analyse économique ont révisé à la baisse leurs prévisions de croissance pour l’économie allemande. Dans leur rapport semestriel commun, ils tablent à une croissance de 0,6 % en 2026 et de 0,9 % en 2027. À l’automne dernier, ils anticipaient des hausses du PIB (produit intérieur brut) de 1,3 % et 1,4 % respectivement.
Les investissements publics stimulent la croissance
Après deux années de récession et une année de stagnation, l’économie allemande se trouve inscrite depuis 2025 dans une dynamique de reprise, soulignent les cinq instituts (DIW Berlin, Ifo, IfW Kiel, IHW Halle). L’activité est soutenue par l’économie intérieure - les exportations, en revanche, peinent à se redresser en raison d’une baisse de la compétitivité, des incertitudes géopolitiques et des contraintes commerciales. L’économie est stimulée par les milliards d’investissements de l’État dans la défense et les infrastructures.
L’élan freiné par la guerre en Iran et l’inflation
Mais cet élan se voit freiné par la hausse des prix de l’énergie dans le sillage de la guerre au Moyen Orient. « Le choc des prix de l'énergie provoqué par la guerre en Iran frappe durement la reprise », explique Timo Wollmershäuser, chef du département conjoncture de l’institut Ifo, à Munich. « Toutefois, la politique budgétaire expansionniste soutient l'économie intérieure et empêche une récession plus grave. »
Selon les instituts, l’inflation devrait contraindre le pouvoir d’achat des ménages dans les mois à venir. Elle devrait atteindre 2,8 % en 2026 et 2,9 % en 2027. Soit un peu plus que les 2,2 % enregistrés en 2025.
Stabilité sur le marché de l’emploi
En revanche, le taux de chômage ne devrait pas augmenter significativement. Il devrait passer de 6,3 % en 2025 à 6,4 % en 2026, puis redescendre à 6,2 % en 2027.
Selon le rapport, le marché du travail allemand est, par ailleurs, entré dans un processus de vieillissement démographique qui ne sera pas sans conséquences sur les perspectives de croissance à moyen terme. D’une part, la population en âge de travailler va diminuer. De l’autre, la proportion d’actifs âgés, dont le temps de travail est généralement moindre, va augmenter, ce qui va réduire la durée de travail moyenne par salarié. Selon les instituts, la conjugaison de ces facteurs devrait étouffer la croissance du potentiel de production d’ici à la fin des années 2020.
A.L.