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Économie : l’heure de la reprise ?

Les perspectives s'éclaircissent pour l'économie allemande.

Les perspectives s'éclaircissent pour l'économie allemande. © picture alliance / Caro | Kaiser

04.09.2026 - Article

PIB en hausse, amélioration du climat des affaires, redressement des perspectives d’exportation : les signes d’une sortie de crise économique se multiplient en Allemagne, après trois années de ralentissement ou de stagnation. La lumière au bout du tunnel ?

Est-ce enfin le retour des beaux jours pour l’économie allemande ? Certes, c’est un soleil encore pâle qui éclaire l’activité des entreprises. Mais les signes d’éclaircie se multiplient depuis l’été dans un ciel plombé depuis trois ans par l’épais nuages. Hausse du produit intérieur brut (PIB), des débouchés à l’exportation, du moral des entrepreneurs : en cette rentrée, le climat a changé. L’espoir semble de retour.

Il y a d’abord la réalité concrète des chiffres. Selon les données révisées de l’Office fédéral des statistiques (destatis), le PIB allemand a augmenté de 0,3 % d’avril à juin. Au premier trimestre, la hausse a même finalement atteint 0,4 %. Des chiffres jugés encourageants pour le troisième trimestre par les experts.


Dans ces circonstances, il n’est plus exclu que la croissance allemande atteigne, voire dépasse la barre des 1 % cette année. La banque KfW et l’Institut IMK prévoient un taux de croissance de 1,1 %. Cela situerait l’Allemagne dans la moyenne des pays de la zone euro. Cette semaine, l’institut Ifo est même allé beaucoup plus loin : il a révisé ses prévisions de croissance de 0,6 points à la hausse. Il table désormais sur une croissance de 1,4 % cette année et de 1,2 % en 2027.

Pour Klaus Wohlrabe d’Ifo, « l’économie allemande a pris le chemin d’un retour de la croissance ». Ce qui frappe, c’est sa résilience inattendue. « Nous avons trois années de récession derrière nous et nous renouons avec la croissance malgré la crise dans le Golfe, l’Ukraine et les conflits commerciaux », a souligné Friedrich Merz lors d’un séminaire gouvernemental, fin août. Selon le chancelier, la page de la récession devrait être tournée d’ici à la fin de l’année.

Résilience

Les données du terrain étayent son optimisme. Les créations d’entreprises sont nombreuses. Les sociétés « osent à nouveau ». Les perspectives d’exportations stimulent l’activité dans l’industrie.

Fait notable, les exportateurs commencent à sortir la tête de l’eau malgré les aléas persistants du contexte international. Les attentes à l’export mesurées par l’Ifo ont connu leur redressement le plus spectaculaire depuis juin 2020. Elles ont bondi de – 2,8 points à + 9,6 % entre juillet et août. Elles sont à leur niveau le plus élevé depuis février 2022.

L’optimisme gagne ainsi de nombreux secteurs : équipements électriques et de traitement des données, produits électriques et optiques, fabricants de produits métallurgiques. Même l’automobile, pourtant en crise, s’attend à voir ses débouchés s’ouvrir à l’exportation.

« Les exportations vers les pays de l’Union européenne (UE) sont en pleine progression, les ventes en Chine, par contre, faiblissent », explicite M. Wohlrabe.

De plus, « la numérisation et l’expansion de l’intelligence artificielle aident l’économie allemande ». La construction de centres de données fait appel à des compétences techniques que possèdent les entreprises allemandes.

Le moral des patrons s’améliore

Plus généralement, l’embellie détend le climat des affaires dans son ensemble. Le baromètre mensuel Ifo, indicateur clé de l’évolution de la conjoncture en Allemagne, a connu en août sa quatrième hausse consécutive. Il a grimpé de 2,1 points pour atteindre 88,8 points quand les experts l’attendaient bien en deçà, à 87,2 points. Fait significatif : les entrepreneurs ne jugent pas seulement leurs perspectives meilleures, mais également leur situation présente.


« L’économie allemande se redresse, malgré les nouvelles hausses du prix de l’énergie » liées à la guerre au Moyen-Orient, diagnostique Clemens Fuest, président de l’Ifo. « La confiance s’est raffermie au sein des entreprises ».

Est-ce donc l’heure de la reprise tant attendue ? Il est impossible de l’affirmer. L’activité économique reste fragile, les circonstances difficiles et le niveau de la production modéré. De plus, l’essor est porté pour une bonne part par les investissements massifs consentis par l’État, notamment dans la défense. Et le regain d’optimisme ne se traduit pas encore par de nouvelles offres d’emplois : en août, le nombre de demandeurs d’emplois est resté légèrement supérieur à la barre des trois millions, selon l’Agence fédérale pour l’emploi (BA). Affaire à suivre.

A.L.

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