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Croissance : les prévisions en nette hausse pour 2026
Les instituts d’analyse économique ont nettement revu à la hausse leurs prévisions de croissance pour 2026 et 2027. © picture alliance/dpa | Felix Kästle
Après trois années au ralenti, la croissance allemande redémarre en 2026. Les instituts allemands d’analyse de la conjoncture et l’OCDE viennent de revoir leurs prévisions nettement à la hausse.
L’Allemagne tourne la page de la récession. Les cinq principaux instituts allemands d’analyse de la conjoncture et l’OCDE ont très nettement revu leurs prévisions de croissance à la hausse cette semaine. Tonifiée par l’investissement public et la conjoncture internationale, l’économie allemande peut espérer une croissance de 1,1 à 1,3 % cette année et de 1,1 % l’année prochaine.
Les instituts ont purement et simplement doublé leur prévision de croissance depuis le printemps. « L’économie allemande a renoué avec la croissance depuis la fin de l’année 2025 », expliquent-ils dans leur diagnostic commun biannuel. « Au cours des trois derniers trimestres, l’activité économique s’est accélérée. Elle a retrouvé, pour la première fois, un niveau plus élevé qu’en 2022 ».
La dynamique a émergé dès les six premiers mois de l’année. « Les exportations et l’activité dans l’industrie manufacturière, surtout, ont enregistré une reprise d’ampleur inattendue », analysent les économistes du DIW, de l’Ifo, de l’IfW, de l’IWH et du RWI. « L’expansion de l’intelligence artificielle (IA) au niveau mondial a aussi été un moteur. »
Au troisième trimestre, l’activité a temporairement ralenti. La baisse du niveau des fleuves a gêné le transport, et la flambée des prix de l’énergie grevé les porte-monnaie.
Les investissements publics et l’IA dopent l’activité
Mais la croissance devrait se réveiller au quatrième trimestre et en 2027, prévoient les instituts. Elle est portée par les investissements publics dans la défense et les infrastructures et stimulée par la conjoncture internationale.
L’Allemagne profite entre autres de l’expansion mondiale de l’IA via les exportations d’appareils de traitement des données, la construction de centres de calcul et le développement de services dans le domaine de l’information et de la communication, souligne le rapport.
Inversement, le choc lié aux conséquences de la guerre au Moyen Orient sur les prix de l’énergie a été, pour le moment, moins violent pour l’économie que ce que l’on pouvait redouter.
Les ressorts de la reprise demeurent fragiles
L’Allemagne semble donc voir la lumière au bout du tunnel. Les économistes tempèrent cependant l’optimisme. « Cette reprise est inhabituellement faible par rapport à ce que l’on a connu dans le passé », écrivent-ils. La démographie limite la croissance potentielle, et l’Allemagne continue de souffrir de problèmes structurels qui découragent les investisseurs privés. Ils appellent de leurs vœux des réformes de fond, notamment pour limiter la hausse des cotisations sociales liées à la démographie et améliorer les conditions d’investissement.
A.L.