Bienvenue sur les pages du Ministère fédéral des Affaires étrangères

Jusqu’à quel point les Allemands sont-ils ouverts au changement ?

En cette période de crises, comment la société allemande appréhende-t-elle le changement ?

En cette période de crises, comment la société allemande appréhende-t-elle le changement ? © picture-alliance / Sueddeutsche Zeitung Photo | Rumpf, Stephan

05.03.2026 - Article

En cette période de transformations, une enquête d’opinion a sondé la société allemande, à l’Est et à l’Ouest, sur son attitude face au changement. Avec des résultats parfois surprenants.

Guerres, climat, chocs géopolitiques, conjoncture : en cette période de crises, comment la société allemande appréhende-t-elle le changement ? Une enquête d’opinion réalisée à l’automne dernier auprès de 8 000 personnes de 16 ans et plus révèle une société ouverte aux transformations sous certaines conditions. La déléguée du gouvernement allemand pour l’Est, Elisabeth Kaiser, en a présenté les conclusions à Berlin.

Avoir des ressources personnelles favorise l’ouverture

Trois profils émergent, selon cette étude menée par le Centre de recherche sociale de Halle, l’Université d’Iéna et l’Institut Leibniz de sciences sociales GESIS de Mannheim. Tout d’abord, les personnes ouvertes au changement : elles représentent environ un quart de la société allemande (23 %). À l’inverse, un autre quart (26 %) voit le changement d’un œil critique. Au milieu, une majorité de sondés (52 %) adopte une attitude ambivalente.

Des facteurs objectifs influencent la perception du changement. Selon l’enquête, le niveau de revenus, le niveau d’éducation et l’expérience de changements positifs dans le passé favorisent l’ouverture. « Plus les personnes ont de ressources personnelles, plus elles sont ouvertes au changement », résume Elisabeth Kaiser. « Des emplois stables et des salaires équitables reposant sur la croissance économique, une bonne éducation et un État social fort forment la base pour amener les personnes à soutenir le changement. »

Équité et sécurité

L’étude s’est focalisée sur les mutations touchant l’économie, le climat, les migrations, la défense et la numérisation. Elle montre que le changement et ses contraintes sont aussi mieux acceptés quand ils sont perçus comme équitables sur le plan social et générationnel. Et les sondés sont plus disposés à s’adapter lorsqu’ils jugent l’État efficace et comprennent ses décisions.

« Dans une période de multiplication des crises et de défis, les dirigeants politiques doivent inspirer confiance et montrer leur volonté d’action », a commenté Mme Kaiser. « C’est pourquoi nous prenons en considération les inquiétudes de la population dans nos réformes et assurons la sécurité dans le changement. »

L’Est hétérogène

Concernant les différences est-ouest, l’enquête aboutit à un constat surprenant : elles sont quasi inexistantes. Les régions prospères de l’est et les länder de l’ouest affichent des postures similaires face au changement. Seules les régions défavorisées de l’Est sont plus fermées.

Elisabeth Kaiser en tire une conclusion : il faut redoubler d’attention envers ces régions. Car ce sont aussi les plus sensibles au populisme. La déléguée fédérale avance une hypothèse : les responsables politiques ont peut-être trop négligé le facteur démographique et ses conséquences par le passé. Aujourd’hui, les régions orientales défavorisées concentrent une population plus âgée et plus masculine que dans le reste du pays. Cela influe sur leur culture politique.

En écho, les bénéfices de la Réunification y sont d’ailleurs plus faiblement perçus. À peine un habitant sur deux (49 %) y juge le tournant de 1990 positif. Par contraste, les avis positifs atteignent 55 % à l’ouest et 72 % dans les régions plus favorisées de l’Est.

Ces différences impactent la perception de la démocratie, montre l’enquête. Les Allemands approuvent l’idée de la démocratie à la quasi-unanimité (98 %). Mais si on les interroge sur son fonctionnement, ils sont plus sévères à l’Est qu’à l’Ouest (51 % de satisfaits à l’Est contre 62 % à l’Ouest). Pour Mme Kaiser, ce constat est « préoccupant ». Il s’accompagne toutefois d’une surprise positive : les Allemands de l’Est se disent nettement plus satisfaits (+ 8 points) du fonctionnement de la démocratie qu’il y a deux ans.

A.L.

En savoir plus

Retour en haut de page