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Moins d’émissions, plus d’indépendance : Berlin adopte un nouveau plan climat
Pour atteindre ses objectifs climatiques et pour réduire sa dépendance aux importations de pétrole et de gaz, l’Allemagne mise notamment sur l’énergie éolienne. © picture alliance / HANS KLAUS TECHT / APA / picturedesk.com | HANS KLAUS TECHT
Le Conseil des ministres a adopté un nouveau plan pour le climat. Il vise à réduire les émissions de CO2 et les importations de pétrole et de gaz. Il mise pour cela sur l’éolien, les véhicules électriques et le verdissement de l’industrie.
Protéger le climat, mais aussi moins dépendre du pétrole et du gaz importés du Moyen-Orient : c’est la promesse du programme climat adopté cette semaine à Berlin en Conseil des ministres. Le gouvernement de Friedrich Merz prévoit 67 mesures pour l’énergie, l’industrie, les bâtiments, les transports et l’agriculture. Elles sont assorties d’une enveloppe de huit milliards d’euros sur quatre ans.
Ce plan doit permettre à l’Allemagne d’atteindre ses objectifs en matière climatique. En 2025, elle avait réduit ses émissions de CO2 de 48 % par rapport à 1990. Or, elle s’est engagée à les diminuer de 65 % d’ici à 2030, avec la neutralité carbone pour horizon en 2045. Le plan climat doit donc combler ce déficit et corriger la trajectoire. Selon le ministère fédéral de l’Environnement, il devrait permettre d’économiser 27,1 millions de tonnes d’émissions de gaz à effet de serre à l’horizon 2030.
« Ce programme va donner à la protection du climat un coup d’accélérateur qui nous rendra moins dépendants d’importations de pétrole et de gaz chères et incertaines », a expliqué le ministre de l’Environnement, Carsten Schneider. « À travers lui, nous allons »moderniser notre économie, rendre la société plus résiliente et aider la nature à nous aider.« Avec à la clé une économie espérée de près de sept milliards de mètres cubes de gaz naturel et de près de quatre milliards de litres d’essence d’ici à 2030.
2 000 éoliennes supplémentaires d’ici à 2030
Parmi les mesures phares figure le développement de l’éolien terrestre. Le gouvernement va lancer des appels d’offres pour l’installation de 12 gigawatts de puissance supplémentaire, soit environ 2 000 éoliennes. Cela correspond à la production actuelle d’environ 15 à 20 centrales au gaz. Économie espérée : 6,5 millions de tonnes équivalent CO2 d’ici 2030. L’année dernière, l’Allemagne a déjà enregistré un nombre record d’autorisations pour la construction d’éoliennes.
Des voitures électriques pour réduire la dépendance au pétrole
Un deuxième axe est la diffusion des véhicules électriques. Les transports sont depuis longtemps l’un des mauvais élèves de la transition énergétique allemande. Le gouvernement veut appuyer sur l’accélérateur en déployant plusieurs mesures dont une prime à l’achat d’un véhicule électrique sur critères sociaux (trois milliards d’euros), un programme de soutien à l’équipement des immeubles d’habitation en bornes de rechargement (500 millions d’euros) et la perpétuation du billet unique pour les transports en commun (Deutschlandticket).
Le ministère de l’Environnement a fait ses comptes : la prime à l’achat promet une économie de 800 millions de litres d’essence d’ici à 2030, et le billet unique de 435 millions de litres »soit près de 10 millions de pleins« .
Dans l’industrie, le gouvernement mise sur l’électrification des process pour permettre aux entreprises de moins dépendre des importations de gaz. Il entend soutenir la transition vers des sources d’énergie propres, telles que les pompes à chaleur, pour allier modernisation économique et protection du climat. Il promet la création d’un nouvel outil de financement dans le budget 2027.
Le nouveau programme climat du gouvernement prévoit également des mesures pour les bâtiments, pour l’agriculture et pour la nature (forêts, sols, tourbières), dont le rôle majeur est souligné, notamment en matière de fixation du CO2.
A.L.