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Max Liebermann, ou comment l’impressionnisme a franchi le Rhin
Max Liebermann, Temps libre à l’orphelinat d’Amsterdam, 1881/82. Musée Städel, Francfort-sur-le-Main, propriété de l‘association du musée Städel. © Musée Barberini
Né en France, l’impressionnisme s’est imposé au tournant du 20e siècle comme l’une des premières avant-gardes picturales d’Allemagne. Une influence que l’on doit en grande partie au peintre Max Liebermann. Une exposition lui rend hommage à Potsdam.
Jardins baignés de lumière, reflets du soleil à la surface de l’eau, blés dorés semés de coquelicots : on l’admire dans les plus beaux musées du monde. Le temps où l’impressionnisme naissant faisait scandale chez les tenants de l’art académique paraît loin. À cette époque, un artiste allemand qui travaillait en France, Max Liebermann (1847-1935), fut séduit et permit à l’impressionnisme de traverser le Rhin. Il ne se contenta pas de s’en inspirer dans sa peinture. Il fut parmi ses premiers collectionneurs et contribua à sa diffusion en Allemagne. Le musée Barberini lui consacre jusqu’au 7 juin une vaste exposition, »Avant-garde. Max Liebermann et l’impressionnisme en Allemagne« .
Le musée rassemble plus de 110 œuvres provenant d’une soixantaine de collections internationales. Elles sont signées par les grandes figures de l’impressionnisme allemand entre 1880 et 1930 : Max Liebermann, Lovis Corinth, Max Slevogt, Fritz von Uhde et les artistes féminines telles que Maria Slavona et Sabine Lepsius.
La France, source de renouveau pour l’art allemand
L’exposition met en avant le rôle central de passeur joué par Max Liebermann. Artiste naturaliste établi à Paris dans les années 1870, il y célébra ses premiers succès. Il décrocha même une médaille à l’Exposition universelle de 1889, et le musée du Luxembourg fut le premier à lui acheter une œuvre en 1894. Dans les années 1890, fasciné et imprégné par l’avant-garde française, il commença à éclaircir sa palette et à assouplir son coup de pinceau. Il troqua les scènes naturalistes pour des sujets tirés de la vie moderne et de la culture du loisir.
De retour à Berlin, Max Liebermann devint le président de la Sécession berlinoise - et l’une des principales figures de l’opposition à la politique culturelle impériale. Il contribua à ouvrir l’art allemand à l’art international, et tout particulièrement à l’influence des impressionnistes français. Des toiles de Monet, Manet, Pissaro et Sisley furent présentées dans des expositions à Munich, Weimar, Berlin.
Réception et invention
Une nouvelle génération d’artistes allemands s’inscrivit dans ce mouvement. Elle se mit à peindre la pulsation de la vie dans les métropoles, la nature, les loisirs, des portraits d’enfants, des scènes de théâtres vivantes et colorées. Max Liebermann ne fut pas seulement un innovateur, mais aussi un mentor et un collectionneur pionnier.
Les impressionnistes allemands, toutefois, ne se contentèrent pas de regarder vers la France. L’exposition montre qu’ils ont su emprunter une voie propre et développer un langage personnel. Ils se sont, par exemple, davantage intéressés à la dimension sociale de l’art (orphelinat, enseignement), à l’anonymat de la grande ville, au théâtre et à la dimension narrative de l’art.
A.L.