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Christine Wunnicke, la pépite discrète des lettres allemandes

Christine Wunnicke recevra samedi 24 octobre le Prix Georg Büchner, le prix littéraire le plus prestigieux d’Allemagne.

Die Autorin Christine Wunnicke (« Wachs ») nimmt an der Verleihung des Deutschen Buchpreis 2025 im Römer teil. Die Auszeichnung für den besten deutschsprachigen Roman wird seit 2005 von der Stiftung Buchkultur und Leseförderung des Börsenvereins des Deutschen Buchhandels verliehen. © picture alliance/dpa | Arne Dedert

22.10.2026 - Article

Christine Wunnicke reҫoit ce samedi le Prix Georg Büchner pour l’une des œuvres les plus originales de la littérature allemande contemporaine. Ses romans retracent le destin de personnages excentriques à la croisée de l’histoire des sciences et de l’imagination.

En dépit de nombreux prix littéraires, elle demeurait une perle rare réservée aux connaisseurs. Le Prix Georg Büchner vient révéler son talent au grand jour. Christine Wunnicke reҫoit samedi à Darmstadt l’un des prix les plus convoités et les plus prestigieux des lettres allemandes. Doté de 50 000 euros, il récompense une autrice discrète dont la plume originale, virtuose et pleine d’humour est largement saluée par la critique.

Une œuvre surprenante et brillante

La native de Munich, âgée de 59 ans, a créé « une œuvre narrative toujours surprenante et d'une parfaite maîtrise, dont les récits nous transportent dans des lieux aussi divers qu'Hollywood, Nagasaki ou Paris », applaudit le jury du prix.

Son « pouvoir d’étonnement, sa singularité sans complexe et un travail opiniâtre mené depuis un quart de siècle impressionnent un lectorat que chaque livre entraîne dans une nouvelle et fascinante confrontation entre fait et invention ».

« Par son art brillant », elle « révèle la part de fiction dans ce qui se donne pour historique, et offre ainsi regard démystificateur sur l’histoire européenne des sciences et de la colonisation, sans jamais renoncer à l’empathie envers ses personnages. »

Des figures méconnues de l’histoire du savoir, entre réalité et fiction

Christine Wunnicke s’installe comme autrice indépendante en 1991 après avoir étudié la linguistique, la philologie germanique médiévale et la psychologie, puis avoir travaillé à l’institut Max-Planck. Elle fait ses débuts à la radio avec des documentaires radiophoniques. De là vient sans doute l’importance qu’elle accorde au dialogue, au rythme et à la concision.

En 1998, elle publie son premier roman, Fortescues Fabrik. Suivront Jetlag (2000), Missouri (2006), Serenity (2008), la nouvelle Nagasaki, ca. 1642. (2010), Selig & Boggs. Die Erfindung von Hollywood (2013), Der Fuchs und Dr. Shimamura (2015), Katie (2017), Die Dame mit der bemalten Hand (2020, Prix littéraire Wilhelm Raabe), Wachs (2025), ainsi qu’une biographie, Die Nachtigall des Zaren. Das Leben des Kastraten Filippo Balatri. Parallèlement, elle traduit des œuvres depuis l’anglais et l’italien.

Elle puise l’inspiration au hasard de ses recherches dans les archives. Une lettre, une carte, un dessin lui fournissent la matière première pour resusciter des personnages réels, mais oubliés, souvent issus de l’histoire des sciences. Son art consiste ensuite à brouiller les pistes entre la réalité historique et la fiction.

Christine Wunnicke a une prédilection pour les figures marginales ou excentriques qui explorent les frontières du savoir de leur époque. Ses personnages – un neurologue japonais, une anatomiste franҫaise des Lumières, un explorateur allemand du 18e siècle, un physicien londonien de l’époque victorienne féru de spiritisme – ont un point commun : ils sont mus par une insatiable soif de connaissance.

Des romans brefs pétillants d’humour

Jamais ils ne sont lourds, ni ridicules. Christine Wunnicke les peint avec érudition, légèreté, mélancolie et humour. Elle signe « les romans historiques courts les plus drôles de la littérature allemande contemporaine », notait en 2017 la critique Katharina Teutsch lors de la parution de Katie. Ses romans n’excèdent pas 200 pages. L’écriture file à toute vitesse, vive, laconique, très travaillée.

Jusqu’à présent, l’œuvre de Christine Wunnicke n’a bénéficié que de deux traductions en langue franҫaise pour Katie (2018) et Le renard et le Dr Shimamura (2019). La traduction de Katie par Stéphanie Lux a été récompensée par le Prix Nerval-Goethe. Le renard et le Dr Shimamura a reҫu (dans sa version originale en allemand) le prix littéraire franco-allemand Franz-Hessel.

A.L.

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