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Un visiteur de marque à Berlin : le ministre francais de l’Europe et des affaires étrangères, Jean-Noel Barrot, a participé au conseil des ministres allemand. © picture alliance/dpa | Michael Kappeler
Pour ne rien manquer de l’actualité en Allemagne en ce vendredi 20 mars 2026.
- Jean-Noël Barrot participe au Conseil des ministres à Berlin
- Nombreux hommages au philosophes Jürgen Habermas, décédé à 96 ans
- Les recrutements dans la Bundeswehr en forte hausse
- L’usage de l’IA se diffuse rapidement dans les entreprises allemandes
- La Foire du livre de Leipzig élargit ses horizons à l’international
- Katerina Poladjan, lauréate du Prix de la Foire du livre de Leipzig
- Berlin célèbre Constantin Brancusi
Jean-Noël Barrot participe au Conseil des ministres à Berlin
Un invité de marque cette semaine à Berlin : le ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a participé au Conseil des ministres allemand, présidé par le chancelier Friedrich Merz. L’ordre du jour était consacré à la politique étrangère, à la politique européenne et aux projets de coopération franco-allemands pour les mois à venir. L’invitation réciproque de ministres français et allemands au Conseil des ministres du pays voisin est prévue par le traité d’Aix-la-Chapelle. C’est un signe fort d’amitié et de confiance entre nos deux pays.
Nombreux hommages au philosophes Jürgen Habermas, décédé à 96 ans
« Un grand penseur des Lumières qui a su cerner les contradictions de la modernité », selon le président allemand, Frank-Walter Steinmeier, « un géant de la pensée du 20 siècle », selon le président français, Emmanuel Macron, « l’un des grands penseurs de notre époque », selon le chancelier Friedrich Merz, « l’initiateur d’un débat démocratique équitable », selon la présidente du Bundestag, Julia Klöckner, « un grand penseur et philosophe de la République fédérale, qui a façonné les fondements de notre démocratie », selon le ministre adjoint à la Culture, Wolfram Weimer : de très nombreux hommages ont été rendus cette semaine au philosophe et sociologue allemand Jürgen Habermas, décédé dimanche 15 mars à l’âge de 96 ans.
« Il nous a enseigné l'éthique du discours démocratique et a fait de l'émancipation de l'être humain un objectif inaliénable », a salué le président Steinmeier dans un télégramme de condoléances à ses enfants. « Pendant plusieurs décennies, [il] a marqué, enrichi et fait progresser le discours scientifique et politique dans notre pays et bien au-delà. Son œuvre alliait de manière unique précision théorique, force analytique, réflexion critique, maîtrise du langage et engagement républicain. »
« Jürgen Habermas a accompagné les évolutions politiques et sociales avec une clairvoyance et une stature historique exceptionnelles », a souligné, de son côté, le chancelier Merz. « Sa finesse d'analyse a marqué le discours démocratique bien au-delà des frontières de notre pays et a été comme un phare dans une mer déchaînée. Son œuvre sociologique et philosophique a influencé des générations de chercheurs et de penseurs. Pour notre communauté, la force intellectuelle et la libéralité de Habermas étaient irremplaçables : sa parole était à la fois une référence et un défi. Sa voix nous manquera. »
Né en 1929 à Düsseldorf, formé à la philosophie à Göttingen, Jürgen Habermas a tôt fait d’un nouveau départ démocratique son horizon dans une société d’après-guerre qu’il jugeait autoritaire, voire paralysante. En 1962, il accède à la notoriété en publiant sa thèse d’habilitation, L’Espace public, révolution conceptuelle, sur la société bourgeoise naissante. En 1968, ses thèses trouvent un écho important lors de la révolte étudiante, même s’il prend rapidement ses distances avec ses éléments les plus radicaux. En 1986, il est à l’origine de la querelle des historiens, lors de laquelle il défend la singularité de l’Holocauste contre les tentatives de relativisation par des historiens conservateurs.
Pendant plusieurs décennies, et jusqu’à peu avant sa disparition, Jürgen Habermas s’est impliqué fortement dans le débat public. Fervent Européen, il était favorable à une plus grande implication des citoyens européens dans le processus d’unification du continent et soulignait la nécessité d’un espace public européen.
Les recrutements dans la Bundeswehr en forte hausse
Deux mois après l’entrée en vigueur d’un nouveau service militaire volontaire, la Bundeswehr enregistrait fin février une hausse de 20 % de ses recrutements par rapport à 2025, selon le ministère fédéral de la Défense. La croissance des effectifs est particulièrement importante parmi les militaires du rang, hommes et femmes, qu’ils soient volontaires effectuant un service militaire (six à onze mois) ou militaires de carrière à court terme (douze à 23 mois).
Le nouveau service militaire impose aux hommes de 18 ans nés à partir de 2008 de remplir un questionnaire et de se présenter à une visite médicale d’aptitude. Le service militaire lui-même reste, pour l’instant, volontaire. Pour les femmes, ces démarches sont facultatives. Le gouvernement allemand entend faire passer les effectifs de la Bundeswehr d’environ 186 000 aujourd’hui à 260 000 au milieu des années 2030.
L’usage de l’IA se diffuse rapidement dans les entreprises allemandes
ChatGPT, Gemini, Claude, Copilot : les salariés allemands sont presque deux fois plus nombreux (38 % contre 19 %) qu’il y a un an à utiliser les outils d’intelligence artificielle (IA) génératives, selon l’enquête HR-Monitor 2026 du cabinet de conseil McKinsey. 16 % en font aujourd’hui un usage quotidien, contre 7 % en janvier 2025. 14 % des entreprises allemandes interdisent toutefois à leurs collaborateurs d’utiliser l’IA dans leur travail, révèle l’enquête.
Selon McKinsey, la clé de la diffusion de ces nouveaux outils réside dans la formation. Les salariés nourrissent de fortes attentes envers les IA. Ils espèrent l’optimisation de l’analyse des données (54 %), des gains de productivité (50 %) et un soutien à la résolution de problèmes (41 %). Mais ils sont aussi conscients des risques : erreurs et hallucinations, lacunes dans la protection des données, réduction des interactions humaines.
La Foire du livre de Leipzig élargit ses horizons à l’international
Elle indique chaque année le retour du printemps… des livres ! La Foire du livre de Leipzig, premier grand salon du livre et des médias de la saison en Allemagne, se tient du 19 au 22 mars 2026. Avec 2 044 exposants venus de 54 pays, un record, elle s’est ouverte dans une atmosphère plus internationale que jamais.
Pendant quatre jours, Leipzig se présente en capitale de la littérature pour faire découvrir au public de jeunes auteurs, de nouvelles parutions, de nouvelles approches et perspectives -et plus généralement l’infinie diversité de la littérature par-delà les frontières.
« Véritable lieu de rencontre, la Foire du livre de Leipzig rassemble les histoires qui nous relient. On y croise des visiteurs aux opinions, aux centres d’intérêt et aux habitudes de lecture les plus variés », souligne Astrid Böhmisch, directrice de la Foire du livre de Leipzig.
Le thème de l’édition 2026 s’intitule « Là où les histoires nous relient ». Le programme « Le Danube, sous tension et entre les mondes » réunit sur scène des auteurs des dix pays de la région. Ils illustrent la polyphonie de cet espace littéraire et en révèlent la profondeur culturelle, les tensions et la puissance narrative. Le Danube unit autant qu’il divise. Sur ses rives, des empires se sont élevés puis effondrés, les frontières ont été redessinées, les identités redéfinies. Jusqu’à aujourd’hui, la littérature de la région est marquée par la migration, le plurilinguisme, la diversité des identités et les luttes de pouvoir pour l’influence.
Outre la présence renforcée des mangas (Manga Comic Con), la Foire du livre de Leipzig se caractérise par la présence de son festival de lecture, le plus grand d’Europe. Cette année, 3 000 événements répartis dans 300 lieux à travers la ville attendent les passionnés. En savoir plus
Katerina Poladjan, lauréate du Prix de la Foire du livre de Leipzig
Finaliste en 2022, lauréate en 2026 : l’écrivaine Katerina Poladjan a remporté cette semaine le prestigieux Prix de la Foire du livre de Leipzig pour Goldstrand, son cinquième roman.
L’autrice née à Moscou en 1971, élevée à Rome et à Vienne, s’est inspirée d’une anecdote autobiographique : après l’exil de ses parents d’URSS, la seule possibilité pour la famille de se réunir, y compris avec la grand-mère restée à Moscou, était de passer des vacances sur la plage bulgare de Goldstrand. Katerina Poladjan emmène son lecteur par la pensée de la côte bulgare à Odessa et à Rome, en traversant des questions existentielles telles que « qui ai-je été ces 30 dernières années ? », ou « que puis-je à travers mon art ? ».
« Avec brio, Katerina Poladjan montre comment une biographie naît de l’introspection et de l’invention, de la fabulation et de la manière de contourner la douleur« , a salué le jury. »Son langage est à la fois léger et insondable ; elle observe son personnage principal avec tendresse et une douce ironie, jusqu’à ce que se dessine le portrait d’un homme qui se prépare à un adieu sans savoir lui-même où ce voyage le mènera. »
Le Prix de la Foire du livre de Leipzig, doté de 60 000 euros au total, a également récompensé l’historienne allemand Marie-Jeanne Calic dans la catégorie Essais pour Balkan-Odyssee. 1933-1941, un livre sur le chemin d’exil méconnu de certains artistes sous le nazisme via les Balkans, et le traducteur Manfred Gmeiner pour la traduction d’un ouvrage (Unten leben) du Péruvien Gustavo Faverón Patriau. En savoir plus
Berlin célèbre Constantin Brancusi
À l’occasion de son 150e anniversaire, la Neue Nationalgalerie de Berlin consacre une vaste exposition à Constantin Brancusi (1876-1957), la première depuis un demi-siècle en Allemagne. Figure majeure de la sculpture du 20e siècle, pionnier de l’abstraction, l’artiste franco-roumain est bien moins connu en Allemagne qu’en France. La Neue Nationalgalerie présente plus de 150 œuvres, ainsi que des photos, des dessins, des films, des archives et une reconstitution partielle de son atelier. On y (re)découvrira plusieurs œuvres majeures telles que « Muse endormie », « Le Baiser », « L’oiseau dans l’espace » et « La colonne sans fin ». Toujours à la recherche de la forme idéale, Brancusi a travaillé différents matériaux, du bronze au marbre en passant par le bois et le plâtre. L’exposition a été élaborée en collaboration avec le Centre Pompidou. Elle est à visiter du 20 mars au 9 août 2026. Elle est placée sous le haut patronage des présidents allemand, français et roumain, Frank-Walter Steinmeier, Emmanuel Macron et Nicusor Dan.
Rédaction : A.L.