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L’Allemagne retient son souffle pour Timmy, la baleine à bosse échouée en mer baltique. © picture alliance/dpa | Marcus Golejewski
Pour ne rien manquer de l’actualité en Allemagne en ce vendredi 24 avril 2026.
- Timmy, la baleine à bosse dont le sauvetage tient l’Allemagne en haleine
- Pour la première fois de son histoire, la Bundeswehr se dote d’une stratégie militaire
- Moyen Orient : le gouvernement allemand baisse ses prévisions de croissance
- Le romancier et dramaturge Thomas Melle, lauréat du Prix Kleist
- Markus Lüpertz, le « prince des peintres », fête ses 85 ans
- Clap de fin et tournée d’adieu pour le célèbre groupe pop Die Prinzen
Timmy, la baleine à bosse dont le sauvetage tient l’Allemagne en haleine
Il faut sauver Timmy ! Depuis plusieurs semaines, le sort d’une baleine à bosse échouée dans la baie de Wismar, en mer Baltique, tient l’Allemagne en haleine. Il y a quelques jours, une tentative privée de renflouement était entreprise pour dégager le cétacé de 12 mètres de long et quelque douze tonnes. En vain. Timmy s’est finalement libéré seul lundi, avant de s’échouer sur un autre banc de sable. L’animal, dont les organes risquent d’être endommagés sous la pression, aurait légèrement bougé hier. Un chenal d’environ 40 mètres de long et d’une dizaine de mètres de large a été creusé pour lui permettre de nager vers la mer. En parallèle, les discussions se poursuivent pour envisager une nouvelle tentative de sauvetage en concertation avec le ministère de l’Environnement du land de Mecklembourg-Poméranie occidentale. Sous le regard critique de certaines organisations de défense de l’environnement qui pointent le stress infligé à l’animal malade.
Pour la première fois de son histoire, la Bundeswehr se dote d’une stratégie militaire
« Responsabilité vis-à-vis de l’Europe » : tel est le titre de la stratégie militaire qui servira de boussole à la Bundeswehr dans les années à venir. Elle a été présentée cette semaine par le ministre de la Défense allemand, Boris Pistorius.
La définition d’une stratégie militaire constitue une première dans l’histoire de la République fédérale. Elle vise à apporter de la clarté stratégique à une époque imprévisible, marquée notamment par le retour de la guerre en Europe. Le document « décrit comment nous agissons et le profil capacitaire avec quoi », résume M. Pistorius.
La stratégie s’articule autour d’une question centrale : à quoi ressemblerait un scénario de guerre auquel nous devrions faire face en cas d'attaque sur le territoire de l'OTAN ? Elle intègre les enseignements et les expériences tirés de conflits contemporains tels que la guerre en Ukraine.
Elle a pour horizon la constitution de « l’armée conventionnelle la plus puissante d’Europe » d’ici à 2039. Un processus en trois phases : « à court terme, nous augmentons notre capacité de défense et notre capacité de durer, à moyen terme, nous visons une augmentation capacitaire générale et, à long terme, nous établirons une supériorité technologique », explique le ministre.
Les effectifs de la Bundeswehr doivent croître de 185 400 à 460 000 soldats et réservistes. L’effort se concentrera sur la phase de démarrage : les effectifs doivent atteindre 204 000 soldats et 140 000 réservistes d’ici à 2029. Il s’agit d’accroître « au maximum la capacité d’endurance et de défense », a indiqué M. Pistorius. La création d’un nouveau service militaire volontaire au 1er janvier dernier a déjà permis d’augmenter les recrutements.
De 2029 à 2035, l’objectif sera de réagir avec souplesse à la disponibilité de l’équipement militaire et à l’évolution de la menace. Après 2035, il s’agira de développer « les capacités d’après-demain », notamment les systèmes d’armes autonomes et l’intelligence artificielle.
La réserve militaire renforcera l’armée active dans presque tous les domaines d’intervention. Elle jouera aussi un rôle de soutien important en cas de catastrophes et d’accidents graves. Par ailleurs, l’accent sera mis sur la numérisation, la modernisation et l’efficacité de la Bundeswehr. En savoir plus en français
Moyen Orient : le gouvernement allemand baisse ses prévisions de croissance
Hausse des prix du pétrole et des matières premières, perspectives incertaines dans le détroit d’Ormuz : les conséquences de la guerre en Iran impactent la croissance allemande. Après les instituts d’analyse de la conjoncture, le gouvernement fédéral a révisé à son tour ses prévisions de croissance à la baisse. Il table sur une hausse du produit intérieur brut (PIB) de 0,5 % (au lieu de 1,0 %) en 2026 et de 0,9 % (au lieu de 1,3 %) en 2027. L’inflation devrait augmenter significativement pour atteindre 2,7 % en 2026 et 2,8 % en 2027, contre 2,2 % en 2025.
Après deux années de récession et une année de quasi-stagnation, l’Allemagne espérait une reprise. Le scénario qui se dessine est celui d’une croissance faible. Mais pas d’une récession, souligne la ministre de l’Économie et de l’énergie, Katherina Reiche.
Pour amortir la hausse des prix, le Bundestag vient de voter une baisse des taxes sur l’énergie pendant deux mois pour les ménages et les entreprises. Jusqu’à la mi-2027, les entreprises pourront également verser une prime défiscalisée allant jusqu’à 1 000 euros à leurs salariés.
Il s’agit d’un coup de pouce à court terme, a prévenu Mme Reiche. Il ne s’attaquera pas aux causes structurelles de la panne de croissance allemande. Si le conflit se prolonge au Moyen-Orient, le gouvernement devra résoudre à cibler les aides sur les catégories les plus impactées.
Selon la ministre, la principale réponse à donner à cette crise réside dans la mise en place de réformes structurelles pour restaurer la compétitivité allemande : baisse de la fiscalité et des charges pour les entreprises, diminution des prix de l’énergie, réduction de la bureaucratie et réformes de l’État social (santé, dépendance, retraites). En savoir plus
Le romancier et dramaturge Thomas Melle, lauréat du Prix Kleist
Considéré comme l’une des grandes voix littéraires de sa génération en Allemagne, le romancier, dramaturge et traducteur Thomas Melle s’est vu attribuer cette semaine le prestigieux Prix Kleist 2026.
« Parmi les auteurs contemporains germanophones, aucun n’a réussi, [comme lui], à tendre un miroir aussi réaliste et aussi finement ciselé à la vie sociale du 21e siècle telle que nous la connaissons. Quiconque s’y plonge, quiconque lit cet auteur, voit sa vie transformée, et la littérature ne peut guère faire mieux », a justifié l’éditeur Heinrich von Berenberg au nom du jury.
Né à Bonn en 1975 et d’abord traducteur, Thomas Melle s’est imposé par une écriture à la fois introspective et socialement critique. Après ses premiers romans, Sickster (2011) et 3 000 € (2014), il a conquis une reconnaissance internationale avec Die Welt im Rücken (2016). Dans cette œuvre autobiographique, il met à nu la violence intérieure d’un trouble bipolaire. En 2025, il a publié la pièce de théâtre Haus zur Sonne (2025) sur le tourisme sexuel en Thaïlande.
Il recevra le Prix Kleist le 22 novembre prochain à Berlin. La dotation a été portée à 30 000 euros à l’occasion du 250e anniversaire de l’écrivain Heinrich von Kleist (1777-1811), qui donne son nom à cette récompense. En savoir plus
Markus Lüpertz, le « prince des peintres », fête ses 85 ans
Monumental, théâtral, provocateur, il est l’un des artistes contemporains les plus influents et les plus controversés d’Allemagne. Markus Lüpertz fête ce samedi ses 85 ans.
Celui que la presse qualifie parfois de « prince des peintres » pour ses costumes élégants, sa posture d’artiste classique dans le monde de l’art contemporain et son ego artistique assumé, est l’auteur d’une œuvre néo-impressionniste à la tonalité très personnelle. Il instaure un dialogue singulier entre figuration et abstraction, peinture et sculpture, passé et présent.
Peintre, sculpteur, graphiste et écrivain formé à la Werkkunstschule de Krefeld puis à l’Académie des Beaux-Arts de Düsseldorf, Markus Lüpertz prend tôt position contre l’abstraction dominante. Il affectionne les motifs mythologiques, historiques et symboliques. Il crée des œuvres monumentales aux formes puissantes.
Fasciné par la Grèce antique, il développe la « peinture dythyrambique » en s’inspirant de Nietzsche et de ses écrits sur les rites dionysiaques. Il choisit un motif ordinaire (une tente, un poteau électrique, un escargot, des traces de pneus), puis il le dépasse en utilisant divers principes de la représentation figurative.
Dans les années 1990, il s’inspire des maîtres anciens, de Poussin à Goya, Courbet et Cézanne. Il prélève des fragments de leurs tableaux, et les réinsère dans un contexte nouveau selon le procédé du collage. Il rompt ainsi délibérément la quête classique d’un équilibre parfait et harmonieux dans la représentation humaine.
Figure majeure de la peinture européenne contemporaine, il influence également toute une génération d’artistes en tant que professeur, puis recteur de l’Académie des Beaux-Arts de Düsseldorf (1988-2009).
Clap de fin et tournée d’adieu pour le célèbre groupe pop Die Prinzen
Fondé à Leipzig au début des années 1990, le groupe pop Die Prinzen met fin à sa carrière. « Après mûre réflexion », ses membres ont annoncé leur décision de conclure dignement trois décennies de création musicale ponctuées de succès tels que « Alles nur geklaut », « Küssen verboten » ou « Millionär ». Ils projettent une tournée d’adieu en 2027. Elle comptera une vingtaine de dates en Allemagne, Autriche et Suisse du 22 octobre au 16 décembre. Son titre : « Tschüssi, macht's gut! » (litt. : Au revoir, prenez soin de vous). Issus pour plusieurs d’entre eux du prestigieux chœur de la Thomanerchor Leipzig, Sebastian Krumbiegel, Tobias Künzel, Wolfgang Lenk, Jens Sembner, Henri Schmidt et Mathias Dietrich ont développé un style musical qui privilégie la richesse des harmonies vocales, souvent interprétées a capella. Le ton léger et engagé de leurs chansons, leurs refrains simples et humoristiques cachent une satire sociale subtile.
Rédaction : A.L.