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Schriftstellerin Shida Bazyar spricht bei auf der Frankfurter Buchmesse 2026. Frankfurt am Main, 07.10.2026 © picture alliance / Panama Pictures | Dwi Anoraganingrum
Pour ne rien manquer de l’actualité en ce vendredi 9 octobre 2026.
- Le Prix du livre allemand couronne Shida Bazyar pour Die Lücken
- 36 ans après le Réunification, le président allemand appelle à défendre la démocratie contre les extrêmes
- Berlin pourrait accueillir en décembre un nouveau sommet sur l’Ukraine
- Berlin relève très nettement sa prévision de croissance pour 2026
Le Prix du livre allemand couronne Shida Bazyar pour Die Lücken
« Un roman contre l’indifférence », « qui réinvente le roman du terroir (Heimatroman) » : Die Lücken (litt. : Les failles) de Shida Bazyar est le roman de l’année 2026. L’autrice allemande d’origine iranienne a reçu lundi le Prix du livre allemand à la veille de l’ouverture de la Foire du livre de Francfort. Elle y peint le portrait d’un village de Rhénanie-Palatinat, et fait apparaître dans les interstices de la petite histoire, racontée à hauteur d’homme, les grandes déchirures de l’histoire allemande.
« Bazyar explore, à travers les destins de quelques personnages, près d’un siècle de vie allemande, dans toute son ambivalence », a loué le jury. « Ce sont des voisins qui regardaient les habitants juifs disparaître des rues. Ce sont aussi des voisins qui, aujourd’hui, décident si les personnes issues de l’immigration peuvent se sentir chez elles. »
Le jury s’est enthousiasmé pour les qualités littéraires du récit. La narration par une personne décédée et la structure kaléidoscopique du récit permettent de circuler d’une époque à l’autre. Les éléments fictionnels et documentaires sont étroitement imbriqués, de même que les personnages inventés et les figures historiques.
Née en 1988 de parents iraniens dans le village de Rhénanie-Palatinat qu’elle a fictivement récréé, Shida Bazyar a profité de la remise du prix pour lancer « un appel pressant » à s’opposer au racisme et à l’antisémitisme. « Les infractions à caractère antisémite et raciste sont en nette recrudescence. Aucune minorité ne peut demeurer sans crainte », a-t-elle souligné. Et de citer la philosophe juive Hannah Arendt : « le problème à partir de 1933, ce n’est pas ce que nos ennemis ont fait, mais ce que nos amis ont fait. »
Largement favorite de la sélection 2026 de l’un des prix littéraires les plus convoités d’Allemagne, Shida Bazyar recevra la somme de 25 000 euros. 2 500 euros seront alloués à chacun des cinq autres finalistes : Franziska Gräsler (Orca), Valeria Gordeev (Die Zikade entschlüpft ihrer goldglänzenden Hülle), Elias Hirschl (Schleifen), Peggy Mädler (Selbstregulierung des Herzens) et Dana Vowinckel (Anton und Alma).
Le Foire du livre de Francfort s’achèvera dimanche comme elle a commencé : par la remise d’un prix prestigieux. Le Prix de la paix des libraires allemands récompensera le juriste franco-britannique Philippe Sands. Professeur à l’University College London, il compte selon le jury « parmi les figures intellectuelles les plus marquantes de notre époque » et « s’engage avec détermination en faveur de la justice, de la paix et de la défense inlassable du droit international. Descendant de survivants de l’Holocauste, il retrace, à travers l’histoire de sa propre famille, la genèse de ce droit et les expériences qui sous-tendent les notions de ‘génocide’ et de ‘crimes contre l’humanité’ ».
36 ans après le Réunification, le président allemand appelle à défendre la démocratie contre les extrêmes
Trente-six ans après la Réunification, le président allemand, Frank-Walter Steinmeier, a appelé ses concitoyens à défendre la démocratie, samedi 3 octobre, à Brême, à l’occasion de la Journée de l’unité allemande.
Dans un discours combatif et empreint d’émotion, celui qui s’apprête, à 70 ans, à passer la main en 2027, a mis en garde contre la menace que représente la montée des mouvements extrémistes. « L’insupportable démagogie politique des forces extrémistes, qui se complaisent dans la destruction et qui raillent et menacent autrui, ne met pas aujourd’hui seulement en péril la liberté et la démocratie. Elle menace notre unité », a-t-il affirmé.
Embrassant sa carrière, entamée au lendemain de la Révolution pacifique de 1989, le président a dressé un bilan lucide. « Je pensais que tout le monde avait tiré les leçons de l’Histoire, et je dois constater qu’aujourd’hui, des partisans de l’extrême droite cherchent à effacer la mémoire des victimes de la Shoah », a-t-il regretté. « Je croyais notre démocratie solidement établie, et je découvre qu’elle est à nouveau remise en cause ».
Selon lui, « nous devons nous interroger sans complaisance sur ce que les gouvernements fédéraux et régionaux ont négligé de faire au cours des trois dernières décennies et demie, pour que tant de personnes se détournent d’eux et que les extrémistes trouvent un écho aussi important ».
Par ailleurs, « nous devons nous réapproprier la culture du débat – au nom de la démocratie ! », a-t-il plaidé. Il a dénoncé, à l’ère d’Internet, « l’omniprésence et l’intrusion permanentes de messages de toutes sortes, la mise en avant sophistiquée des pires inepties, le sensationnalisme émotionnel, la difficulté de savoir si un texte a été écrit par un être humain ou une machine ».
« Il nous incombe de préserver ce qui reste important », a-t-il souligné. « Ne nous laissons pas entraîner dans l’hystérie politique, dans la démesure de l’insulte envers des maires et des députés, dans la soif décomplexée de destruction ! Ne permettons pas qu’en Allemagne, des voix antisémites se propagent à nouveau, que des Juives et des Juifs craignent pour leur sécurité et envisagent de quitter le pays ! (…) Affirmons-nous face à ce flot de manipulations et de mensonges ! Nous en sommes capables. Notre démocratie n’est pas à vendre. (…) Nous sommes fiers de notre État de droit. (…) Notre Allemagne est un bon pays ! Faisons en sorte qu’elle le reste ! »
Aux responsables politiques, Frank-Walter Steinmeier a livré les fruits de son expérience. « Restez déterminés, même face aux vents contraires. Ayez le courage de vous renouveler ! »
« Les défis du monde moderne sont considérables, mais les relever est notre devoir », a-t-il conclu. « Nous voulons transmettre aux générations suivantes ce que ma génération a eu la chance de connaître : la liberté, la démocratie et la sécurité sociale ». Il a souhaité que le courage et l’espoir dont ont fait preuve les citoyens de la RDA soient « encore une source de force pour nous » aujourd’hui.
Berlin pourrait accueillir en décembre un nouveau sommet sur l’Ukraine
Le chancelier Friedrich Merz a proposé d’accueillir à Berlin un nouveau sommet de la Coalition des Volontaires pour le soutien à l’Ukraine. Il aurait lieu « probablement au mois de décembre », a-t-il annoncé au terme d’une rencontre avec le Premier ministre britannique, Andy Burnham. La dernière réunion en date de la Coalition des Volontaires s’est tenue en juillet dernier à Paris.
Le week-end dernier, le chancelier fédéral a réaffirmé le soutien allemand à l’Ukraine lors d’un déplacement à Kyiv, où il a rencontré le président ukrainien Volodymyr Zelensky. « La population allemande est aux côtés de l’Ukraine, et le gouvernement allemand soutient le gouvernement ukrainien. Nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour aider l’Ukraine jusqu’à ce que cette terrible guerre prenne enfin fin », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse commune, alors que les Ukrainiens se préparent à passer un cinquième hiver de guerre.
Cette visite se voulait un signal à un moment décisif pour l’avenir de l’Ukraine, et tout aussi décisif pour l’avenir de l’Europe. « Je me suis rendu aujourd’hui à Kyiv parce que l’Ukraine a besoin de tout notre soutien dans les semaines à venir », a expliqué le chancelier. « Si la Russie n’est pas arrêtée, sa machine de guerre finira tôt ou tard par se retourner contre nous. »
« L’Ukraine veut la paix, l’Allemagne veut la paix, toute l’Europe veut la paix », a-t-il réaffirmé. Une paix négociée, et non imposée, qui ne soit dictée ni à l’Ukraine ni à l’Europe. En savoir plus
Berlin relève très nettement sa prévision de croissance pour 2026
Confirmant les vents favorables qui soufflent sur l’économie allemande, le gouvernement fédéral a révisé sa prévision de croissance de 0,5 % à 1,3 % pour 2026, et de 0,9 % à 1,1% pour 2027. Les principaux ressorts de ce sursaut sont les exportations, les investissements publics et l’augmentation des dépenses de défense, a indiqué le ministère de l’Economie et de l’Energie. L’économie allemande s’est montrée plus résiliente que prévu face aux conséquences de la guerre en Iran, même si la hausse des prix de l’énergie pèse sur la conjoncture.
« Nous avons passé le creux de la vague », a commenté la ministre fédérale de l’Economie, Katarina Reiche. Le retour de la croissance est « un signal important. Mais ce n’est qu’un début ». Il s’agit maintenant d’amplifier cette dynamique pour que l’Allemagne retrouve sa place parmi les économies les plus performantes. Pour ce faire, le ministre juge de nouvelles réformes nécessaires. En savoir plus
Rédaction : A.L.