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Une amitié vitale pour l’Europe : le président allemand en visite d’État en France
Le president allemand, Frank-Walter Steinmeier, est en visite d’Etat en France jeudi et vendredi. Il a été reçu avec les honneurs militaires à l’Arc de triomphe jeudi matin. © Gouvernement fédéral / Jesco Denzel
Ce n’était plus arrivé depuis 13 ans. Les 8 et 9 octobre, le président allemand effectue une visite d’État en France. Frank-Walter Steinmeier a remercié l’Européen Emmanuel Macron et l’a réaffirmé : l’amitié franco-allemande est d’une importance vitale pour l’Europe.
Les Champs-Élysées pavoisés aux couleurs de l’Allemagne et de la France, une escorte de la Garde républicaine à cheval, un banquet d’État : c’est avec les honneurs militaires et tout le faste du cérémonial républicain que la France a accueilli hier Frank-Walter Steinmeier. Le président fédéral effectue les 8 et 9 octobre une visite d’État en France, la première d’un chef d’État allemand depuis 13 ans. Il a accepté l’invitation de son homologue Emmanuel Macron, dont la dernière visite d’État en Allemagne remonte à 2024. Les deux hommes ont réaffirmé l’importance « vitale » de l’amitié franco-allemande pour l’avenir de l’Europe.
Deux fervents Européens en fin de mandat
Pour une part, cette visite d’Etat avait le caractère d’une visite d’adieu entre deux fervents Européens. Élus présidents en 2017 à quelques mois d’intervalle, Frank-Walter Steinmeier et Emmanuel Macron quitteront leurs fonctions presque simultanément en 2027. Le président allemand a rendu un vibrant hommage à son hôte pour avoir, « sans relâche, essayé de faire avancer l’Europe par (ses) idées, (ses) mots et (ses) actes ». C’est une coopération étroite de plus de dix ans qui s’achève, a-t-il souligné, car les deux hommes s’étaient connus avant d’accéder au pouvoir.
Forts de cette proximité, Frank-Walter Steinmeier et Emmanuel Macron ont réaffirmé la valeur de la coopération franco-allemande. « Nos deux pays ne se conçoivent qu’ensemble », a fait valoir le président allemand. « La profonde amitié qui lie l’Allemagne et la France est d’une importance existentielle pour l’Europe tout entière. »
Ils savent l’un et l’autre qu’ils passeront la main dans un contexte incertain. Frank-Walter Steinmeier a évoqué « des temps sacrément difficiles » marqués par le retour de la guerre en Europe, la montée des mouvements extrémistes qui complique la formation de gouvernements stables, la polarisation des sociétés et la domination des réseaux sociaux dans le domaine de la communication politique.
« Les Allemands resteront de bons Européens »
Il a tenu à rassurer les voisins de l’Allemagne : « Les Allemands resteront de bons Européens malgré tous les changements économiques, politiques et de politique en matière de sécurité ». Il a exprimé sa conviction : « l'Allemagne ne pourra réussir que comme une Allemagne européenne, étroitement intégrée dans l'Union européenne ». Quant à la France, « ce n’est pas seulement avec du respect » que les Allemands la regardent, mais « avec de l’affection », a-t-il assuré.
La veille, il avait souligné lors de la réception à la résidence de l’ambassadeur d’Allemagne à Paris pour la Journée de l’unité allemande : « Ce sont deux éléments, la raison et le cœur, qui ont rendu possible le rapprochement après la Seconde Guerre mondiale. (…) De raison et de cœur, l’Europe en de nouveau besoin, en cette période de guerres et de crises où nos démocraties n’ont jamais été aussi contestées depuis la Seconde Guerre mondiale, à l’extérieur comme à l’intérieur. »
À Paris, Frank-Walter Steinmeier a rencontré la présidente de l’Assemblée Nationale, Yaël Braun-Pivet et le Premier ministre, Sébastien Lecornu. Il s’est entretenu avec le maire de Paris, Emmanuel Grégoire lors d’une promenade le long de la Seine, et a rendu hommage à Marc Bloch au Panthéon. De l’historien et résistant juif tué par les nazis, il a loué l’esprit : celui d’un fervent avocat d’une meilleure compréhension mutuelle.
Fonds citoyens, innovation : planter des graines pour l’avenir
C’est dans cet esprit que Frank-Walter Steinmeier et Emmanuel Macron ont aussi tourné leurs regards vers l’avenir. À l’occasion de cette visite d’Etat, Paris et Berlin ont signé un nouvel accord-cadre qui acte l’intégration du Fonds citoyen franco-allemand au sein de l’Office franco-allemand pour la Jeunesse (OFAJ).
Ce Fonds, créé en 2020, gère un budget annuel de cinq millions d’euros. Il est l’une des réalisations les plus concrètes du Traité franco-allemand d’Aix-la-Chapelle. À travers cet accord, « nous envoyons un message fort : nous avons confiance dans les futures générations pour faire vivre cette relation essentielle pour l’Europe », a relevé le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot.
Planter de graines pour faire fructifier la coopération bilatérale, tracer des perspectives d’avenir : tel était aussi le thème de la seconde journée de la visite d’Etat du président allemand en France, ce vendredi.
Emmanuel Macron et Frank-Walter Steinmeier ont pris de la hauteur pour se rendre ensemble à Bordeaux. Au cœur de cette seconde étape : l’innovation et la sécurité, le spatial et la défense.
Les deux présidents ont visité la start-up spatiale franco-allemande The Exploration Company, qui travaille au développement d’une capsule spatiale réutilisable. Ils ont été reçus sur un site d’ArianeGroup qui produit des moteurs à propergol solide destinés à des lanceurs civils et militaires. Pour finir, ils devaient se rendre au Laser Mégajoule, une installation de recherche consacrée à la fusion nucléaire.
A.L.
Plus d’informations :
Présidence de la République française
Discours et allocutions :
Allocution du président fédéral, Frank-Walter Steinmeier, lors du banquet d'Etat (version française)