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C’est dans l’actualité…
Un avion de fret ukrainien de type Antonow AN-124 début août sur l'aéroport de Leipzig/Halle. Des spécialistes de la police fédérale ont désamorcé un drone chargé d'explosifs après une attaque hybride dans la nuit du 4 au 5 août. © picture alliance / onw-images | Daniel Kessler
Pour ne rien manquer de l’actualité en Allemagne en ce vendredi 4 septembre 2026.
La Russie responsable de l’attaque hybride contre l’aéroport de Leipzig
Le gouvernement allemand a identifié la Russie comme responsable de l’attaque hybride perpétrée début août contre l’aéroport de Leipzig. « Dans l'ensemble, les enquêtes policières, les modes opératoires et les informations des services de renseignement démontrent une responsabilité russe dans la tentative d'attentat à l'aéroport de Leipzig », a fait savoir mardi le ministre fédéral de l’Intérieur, Alexander Dobrindt. Dans la nuit du 4 au 5 août, un drone chargé d'explosifs avait été découvert dans la zone sécurisée des opérations de fret de l'aéroport, à proximité de plusieurs avions-cargos ukrainiens.
En réaction, le ministre des Affaires étrangères allemand, Johann Wadephul, a annoncé la fermeture du dernier consulat russe en Allemagne, à Bonn, et la résiliation du contrat de la Maison russe à Berlin, un centre culturel suspecté d’héberger des espions. L’Allemagne va également durcir les contrôles à l’entrée sur le territoire pour les ressortissants russes et renforcer la pression sur la « flotte fantôme », grâce à laquelle Moscou tente de contourner les sanctions.
L’Union européenne (UE) et l’OTAN ont exprimé leur solidarité avec Berlin. La haute représentante de l'Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Kaja Kallas, a évoqué « les caractéristiques d'un acte de terrorisme soutenu par un Etat » et annoncé la convocation du chargé d'affaires russe à Bruxelles. À Paris, le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a dénoncé « une tentative menée par le Kremlin pour déstabiliser l’Union européenne ». Il a fait savoir que la France avait convoqué le chargé d’affaires russe à Paris pour protester contre cette attaque.
Selon le gouvernement allemand, l’Allemagne est de manière croissante la cible de menaces hybrides, de sabotages et d’attaques de drones. Berlin y répond par la mise en place progressive d’un arsenal de mesures allant d’une loi-cadre sur les infrastructures critiques à une vaste réforme de la législation fédérale relative à la police. Le sujet était également à l’ordre du jour de la rencontre des ministres des Affaires étrangères de l’UE en Irlande cette semaine.
Ça s’est passé pendant l’été : la France et l’Allemagne annoncent de nouveaux projets en matière de défense
Été studieux pour la coopération franco-allemande : le 17 juillet, Paris et Berlin ont annoncé de nouveaux projets communs dans le domaine de la défense à l’occasion du 26e Conseil des ministres franco-allemand, à Brühl. Les deux pays veulent approfondir leur partenariat stratégique en empruntant notamment « une nouvelle voie commune en matière de dissuasion nucléaire ». Le chancelier Friedrich Merz et le président Emmanuel Macron ont annoncé la création d’un groupe de pilotage stratégique et la participation de militaires des forces conventionnelles allemandes à un exercice nucléaire des forces armées françaises avant la fin 2026. Ils ont aussi réaffirmé leur engagement en faveur de l’Europe, de la compétitivité et de la coopération bilatérale. Lire notre article
Chine : vers un durcissement de la politique commerciale allemande ?
Subventions publiques, soutien aux entreprises d'État, surcapacités industrielles : la politique industrielle de la Chine et les distorsions de concurrence qu’elle entraîne suscitent un débat croissant en Europe. L’inquiétude gagne désormais les milieux industriels allemands, traditionnellement hostiles à des barrières commerciales par crainte de mesures de rétorsion chinoises. Fin août, ils ont pressé le chancelier Friedrich Merz d’adopter une ligne plus déterminée à l’égard de ce qu’ils qualifient de concurrence déloyale. « J’ai demandé au gouvernement de recenser rapidement et de manière synthétique toutes les mesures que nous pourrions envisager en réponse à cette situation », a répondu le chancelier lors d’un séminaire gouvernemental. Berlin dévoilera la ligne adoptée en octobre.
« Je suis fermement convaincu que nous devons protéger notre économie, notre industrie a commenté le ministre des Finances et vice-chancelier, Lars Klingbeil. »Si nous voyons que d’autres ne respectent pas les règles, nous ne devons pas être naïfs. Nous devons protéger la sidérurgie, l’automobile, la chimie, l’industrie pharmaceutique en Allemagne et en Europe.«
L’été 2026 a été l’un des plus chauds depuis le début des relevés
Mercure dépassant les 40°C en journée, nuits tropicales : l’été 2026 se profile comme l’un des plus chauds depuis le début des relevés, selon un bilan provisoire du Service météorologique allemand (DWD). »Ce qui frappe et sort de l’ordinaire, ce sont les situations extrêmes. La vague de chaleur de la fin juin a pris des dimensions encore jamais observées en Allemagne quant à son ampleur et à ses conséquences« , note le DWD. Elle s’est conjuguée à une forte sécheresse, notamment dans l’ouest et le sud-ouest du pays.
Selon une étude d’attribution du DWD, une canicule de cette ampleur »aurait été statistiquement impossible sans le changement climatique« . Ses conséquences ont été multiples : important feu de forêt dans l’Eifel et à la frontière germano-belge, restrictions de circulation sur le Rhin et quelque 15 800 décès dus à la chaleur recensés à la mi-août par l’Institut Robert Koch (RKI).
Outre l’optimisation des programmes de protection du climat, le chancelier Friedrich Merz a annoncé que le gouvernement allait »devoir tirer des leçons de cet été caniculaire et examiner des aides« . Cela concerne principalement »la prévention des incendies de forêt, ainsi que l’équipement des casernes de pompiers et des autres moyens de secours« , a-t-il ajouté.
L’église du Souvenir, l’un des emblèmes de Berlin, va être rénovée
Silhouette emblématique de Berlin avec sa tour en ruine, l’église du Souvenir de l’Empereur Guillaume va être rénovée. La partie historique sera rendue accessible au public, la mosaïque de 2 740 mètres carrés consolidée et l’exposition modernisée. Dans la partie moderne, un complexe hexagonal ajouté dans les années 1960 par l’architecte Egon Eiermann, le projet prévoit la restauration des alvéoles en béton, qui s’effritent, et celle des vitraux bleus. Le chantier comprend également la rénovation des installations techniques (chauffage, canalisations), la révision de l’orgue et la mise en place d’un système d’orientation et de signalétique. La réouverture est prévue pour 2028-2029.
Surnommée »la dent creuse« (der hohle Zahn) pour sa silhouette atypique, l’église du Souvenir date de la fin du 19e siècle. Sa nef, gravement endommagée par un bombardement en 1943, a été démolie après la guerre. La tour en ruine a été conservée comme monument commémoratif. Elle symbolise l’histoire mouvementée de la ville. Depuis 2016, le site commémore aussi l’attentat islamiste perpétré sur le marché de Noël.
L’empereur Otton Ier solennellement ré-inhumé dans la cathédrale de Magdebourg
Otton Ier (912-973), premier empereur germanique, a été solennellement ré-inhumé cette semaine dans la cathédrale de Magdebourg (Saxe-Anhalt), après la restauration de son tombeau.
En 2024, une inspection de routine a révélé des dommages sur son sarcophage. Son ouverture a montré qu’à l’intérieur, le cercueil historique en bois se décomposait. La restauration a duré vingt mois. Le monarque a été ré-inhumé dans nouveau cercueil en titane, argent fin, or fin et feuilles d’or dessiné par l’artiste-joaillère Silke Trekel.
L’ouverture du tombeau a mis au jour des ossements et des textiles dont un linceul en soie byzantine ou espagnole. Les archéologues ont entamé des recherches. Elles ont d’ores et déjà confirmé que ces restes étaient bien ceux de l’empereur Otton Ier.
Fils et successeur du roi de Germanie Henri Ier l’Oiseleur, couronné empereur à Rome par le pape Jean XII, en 962, Otton Ier a été l’un des souverains européens les plus importants de son temps. Il a joué un rôle fondateur de ce qui est ensuite devenu (jusqu’en 1806) le Saint-Empire romain germanique, un ensemble politique complexe regroupant principalement le royaume de Germanie, puis le royaume d'Italie et, plus tard, d'autres territoires.
Rédaction : A.L.