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À Berlin, la coalition présente ses réformes pour la croissance
La coalition s’est accordée cette semaine sur un nouveau paquet de réformes pour relancer la croissance et emploi © picture alliance/dpa | Michael Kappeler
Les partis de la coalition se sont accordés sur un paquet de réformes pour « remettre l’Allemagne sur pied ». De la fiscalité au travail et à la bureaucratie, il comprend 34 mesures pour moderniser le pays, relancer la croissance et préserver la cohésion sociale.
Chose promise, chose due. Après avoir annoncé de grandes réformes pour relancer l’Allemagne et préserver son État social, le gouvernement de Friedrich Merz ouvre aujourd’hui les chantiers les uns après les autres. Après la santé fin avril et des retraites il y a quelques jours, les partenaires de la coalition (Unions chrétiennes CDU/CSU et Parti social-démocrate, SPD) ont présenté jeudi un paquet de réformes pour la croissance et l’emploi. Il comprend 34 mesures allant de la fiscalité au marché du travail en passant par compétitivité, l’État social et la réduction de la bureaucratie.
L’objectif ? « Nous voulons remettre le pays sur pied », a martelé Friedrich Merz. « Nous le modernisons et nous le conduisons vers l’avenir ». Et le chancelier d’ajouter un peu plus tard à la télévision : « je veux sortir notre économie de sa faiblesse actuelle. Nous devons augmenter la croissance potentielle. J’aimerais que l’année prochaine, nous ayons un ‘un’ devant la virgule ». Pour l’heure, le gouvernement table sur une croissance de 0,5 % en 2026 et de 0,9 % en 2027, après les 0,2 % enregistrés en 2025.
Baisse de la fiscalité pour les bas et moyens revenus
Pour ce faire, la coalition noire-rouge active plusieurs leviers. Le premier est l’allègement de la fiscalité pour les bas et moyens revenus. Le projet prévoit 10 milliards d’euros d’allègements dès le 1er janvier 2027 pour ces catégories. Relèvement du seuil d’exonération de base, relèvement de l’abattement fiscal pour enfant, hausse des allocations familiales, relèvement de l’abattement forfaitaire pour frais professionnels, atténuation de la progressivité de l’impôt sur le revenu : les allègements prévus représenteront un gain de 600 euros par an pour un couple avec deux enfants et un revenu de 60 000 euros.
La réforme répond à un souci d’équité. Ceux qui en profiteront sont « ceux qui souffrent le plus de la vie chère, de l’inflation et de la stagnation des salaires », a souligné M. Merz. La situation des finances publiques ne permet pas d’aller plus loin, a-t-il ajouté. Ces allègements seront financés par la hausse de la fiscalité sur les plus hauts revenus. La tranche d’imposition marginale à 45 % sera abaissée aux revenus annuels égaux ou supérieurs à 250 000 euros et elle passera à 47 % au-delà de 280 000 euros.
Réforme des retraites d’ici à la fin de l’année
Un deuxième levier est celui des retraites. Les partis de la coalition ont réaffirmé qu’ils voyaient dans le rapport de la commission d’experts « des recommandations décisives pour l’État social, pour le site économique allemand et surtout pour la société dans son ensemble ». Ils entendent les mettre en œuvre de la cadre de la réforme, dont ils ont précisé le calendrier : elle doit être adopté d’ici à la fin de 2026.
Lutte contre les arrêts de travail abusifs
Le marché du travail constitue un troisième levier important, avec plusieurs mesures annoncées. La première, et la plus controversée dans l’opinion, est l’obligation faite aux salariés de présenter un certificat médical dès le premier jour de maladie en cas d’absence.
L’objectif est de limiter les arrêts de travail, qui sont en forte augmentation ces dernières années et plus nombreux qu’à l’étranger. Le nombre de jours d’arrêt de travail est deux fois plus important en Allemagne qu’en France, a relevé le ministre de la chancellerie, Thorsten Frei. L’annonce a soulevé de nombreuses critiques, notamment de la part des syndicats de médecins. La mesure est le fruit d’un compromis, ont répondu les partis de la coalition. L’autre proposition sur la table était l’institution d’un jour de carence que le SPD n’était pas prêt à accepter.
Assouplissement du marché de l’emploi
Par ailleurs, la coalition entend assouplir le marché du travail. La durée maximale des contrats à durée déterminée sans motif passera de 24 à 48 mois, et ces contrats seront reconductibles six fois au lieu de trois. Cette règle doit s’appliquer aux contrats de travail signés jusqu’au 31 décembre 2030.
En cas de rupture du contrat de travail, la réforme prévoit également de favoriser l’option de l’indemnité de départ pour les salaires élevés et de rendre attractive l’entrée rapide dans un nouvel emploi. Par ailleurs, elle relève le plafond des primes pour le travail dominical et les jours fériés bénéficiant d’un avantage fiscal.
Réduction de la bureaucratie et soutien à la croissance
Un quatrième levier est la réduction de la bureaucratie pour les entreprises. La coalition entend supprimer les obligations de déclaration auprès des autorités publiques (à l’exception de celles dont les ministères compétents démontrent explicitement la nécessité ou qu’ils maintiennent par décret dûment motivé). Elle entend aussi réexaminer les obligations de documentation pour les entreprises dans le but d’en supprimer une sur quatre d’ici un an. Elle prévoit aussi de simplifier la déclaration fiscale pour les particuliers grâce à la déclaration numérique préremplie.
Enfin, plusieurs mesures sont annoncées pour doper la croissance et réduire les inégalités : soutien aux secteurs d’avenir (de l’automobile à l’intelligence artificielle), plan d’action pour lutter contre la fraude aux allocations sociales, réforme de la protection des données.
A.L.
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